Le meurtre horrible de Lyhanna jeté une lumière crue sur les failles de la protection de l’enfance dans ce pays. Aujourd’hui, Darmanin, ministre de la Justice et ancien ministre de l’Intérieur, fait mine de « sonner la mobilisation générale » et tente de se défausser de ses responsabilités. Mais les écoles et établissements scolaires sont en pénurie de psychologues et d’infirmières, qui pourraient recueillir la parole des enfants et donner l’alerte ; les services sociaux et les centres d’hébergement sont noyés sous les demandes et ne peuvent accueillir des victimes qu’il faudrait éloigner d’urgence de leur agresseur ; la psychiatrie est trop exsangue pour accompagner les victimes.
Politiciens et médias réclament le renforcement de l’appareil de répression. Pourtant il ne manque pas de juges pour condamner des jeunes à la prison ferme en comparution immédiate, il n’en manque pas non plus pour poursuivre des militants qui défendent les conditions de travail ou réprimer les soutiens du peuple palestinien. La police n’a jamais fait défaut pour matraquer et gazer les manifestants, ni pour tenter de faire régner la peur dans les quartiers populaires à coup d’insultes et de contrôles vexatoires au faciès.
Car la raison d’être de l’État, des gouvernements capitalistes, de la police et de la justice, c’est la défense de l’ordre social et de la propriété des plus riches. Malgré les coups de menton démagogiques à l’occasion de chaque crime atroce, jamais la protection des plus vulnérables ne sera leur priorité.