
Le 14 juin, l’ex-général Roberto Vannacci, quatre mois après avoir quitté la Lega, le parti du vice-Premier ministre Matteo Salvini, a officialisé la création d’un nouveau parti d’extrême droite, Futuro Nazionale. Il accuse le gouvernement de Meloni de ne pas respecter les promesses faites aux électeurs, qui n’auraient pas été traduites en actes. Puisque, realpolitik oblige, Melloni a dû mettre de l’eau dans son chianti, en particulier en matière d’immigration, sous la pression d’une partie du patronat.
Souverainiste, Vannacci dit vouloir ouvrir un débat sur l’appartenance de l’Italie à la zone euro et abandonner le Green Deal (pourtant non contraignant) de l’Union européenne sur la réduction des émissions de carbone. Mais le point principal de son « programme » consiste, bien sûr, dans la démagogie anti-migrants la plus crasse. Il s’affirme partisan de la « re-migration », par l’expulsion massive des étrangers résidents dans le pays.
Vannacci a réussi à débaucher huit députés issus de la Lega ou de Forza Italia, et les sondages créditent Futuro Nazionale de 5 % des voix, ce qui pourrait contraindre Meloni à conclure un pacte gouvernemental avec lui pour conserver la majorité.
Mais la véritable menace est le renforcement d’une extrême droite, raciste, nostalgique du fascisme. Même si le chiffre de 100 000 adhérents revendiqué par Futuro Nazionale est certainement très exagéré, samedi 13 juin à Rome, il a organisé une manifestation pour « la re-migration maintenant » qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes.
Fort heureusement, le même jour, une contremanifestation a été encore plus nombreuse, réunissant près de 20 000 manifestants, d’après les organisateurs. Mais, si l’extrême droite néo-fasciste devenait une véritable menace, la classe ouvrière italienne qui l’a déjà payé très cher, doit savoir que c’est seulement en montrant sa force qu’elle pourra la renvoyer « dans les poubelles de l’Histoire ».
Thierry Flamand