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Escalade militaire aux portes de l’Europe : les impérialistes parlent de paix en vendant des canons

La rencontre Trump-Poutine de la mi-août n’a pas plus ralenti la guerre que les marchandages qui l’avaient précédée, sur le dos des Ukrainiens, depuis que Trump s’était fait fort de terminer le conflit en quelques jours… Cet été, les bombardements de la Russie sur l’Ukraine se sont considérablement intensifiés.

Le 10 septembre, un nouveau cap a été franchi dans le petit bras de fer entre la Russie et les soutiens occidentaux de l’Ukraine, avec l’intrusion dans le ciel polonais de près de 25 drones, dont plusieurs ont été abattus par les défenses anti-aériennes. Les États européens accusent la Russie d’avoir volontairement violé l’espace aérien polonais. La Russie dément… mais elle a lancé quelques jours plus tard un très grand exercice militaire aux portes de la Pologne, avec force démonstrations de missiles, chars et autres avions bombardiers… Et le 13 septembre, un drone russe a cette fois survolé l’espace aérien roumain.

Ni une, ni deux, Macron, qui se rêve toujours en chef de guerre, a décidé d’envoyer trois chasseurs Rafale en Pologne. Que cela soit vraiment utile pour défendre le ciel européen, les spécialistes militaires s’interrogent. Mais la volonté de l’impérialisme français est de tenter de se repositionner dans le jeu international et de se poser comme leader au cas où l’impérialisme américain déciderait l’abandon définitif de la zone. Le Danemark, l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui ne voudraient surtout pas rester sur la touche, ont eux aussi envoyé des avions et une frégate.

Trump, de son côté, a condamné cette violation de l’espace européen polonais, et s’est même déclaré prêt à prendre de nouvelles sanctions contre la Russie… à condition que les Européens arrêtent d’acheter du gaz russe. La Slovaquie et la Hongrie, en effet, continuent d’importer du pétrole russe via l’oléoduc de Droujba. Quant aux autres pays européens, ils continuent d’acheter du pétrole venant de la « flotte fantôme » russe, qui fait livrer son pétrole dans des pays tiers pour le réexporter ensuite dans les pays prétendant avoir coupé leurs liens commerciaux avec la Russie. Mais ce qui importe surtout à Trump, c’est que les pays européens achètent des ressources fossiles et des armes… aux Américains. Après avoir doublé depuis 2022 leur exportation de gaz naturel liquéfié, les États-Unis ont également renforcé leur exportation de pétrole, qui s’élève pour 2024 à 4,1 millions de barils par jour, devant l’Arabie saoudite et la Russie. Quant à l’aide militaire, Trump a proposé aux Européens d’acheter aux États-Unis 100 milliards de dollars d’armement, pour les livrer ensuite à l’Ukraine…

Tout cela montre que, derrière les discours sur la « souveraineté » et « l’inviolabilité des frontières », c’est bien toujours de gros sous qu’il est question. D’ailleurs, on a appris que le patron du géant pétrolier américain Exxon, avait profité du sommet d’Anchorage pour entamer des négociations… avec le pétrolier russe Rosneft.

Pendant ce temps, les bombes continuent à tomber sur l’Ukraine, avec leurs lots de morts et de blessés.

Aurélien Pérenna