Depuis le week-end du 31 janvier, les soignants du service de pédiatrie de l’hôpital de Vienne ont lancé un mouvement de grève pour dénoncer le projet de réorganisation des urgences, projet qui aboutira à des suppressions de postes en unifiant les urgences pédiatriques et adultes.
Cette politique permanente d’organisation de la pénurie de la direction a contribué au déclenchement de la colère : chaque matin, elle joue à la loterie en décidant quelle infirmière des urgences pédiatriques sera envoyée travailler aux urgences adultes pour tenter d’y combler les trous. Comme si les urgences pédiatriques étaient en sureffectif !
Pour cacher le sous-effectif chronique ordinaire à l’hôpital, la direction déplace les soignants comme des pions pour garnir temporairement un service… Quitte à en dégarnir systématiquement un autre ! Non seulement être déplacé d’un service à l’autre au bon vouloir de la direction rend le travail difficile, mais c’est d’autant plus le cas lorsqu’il s’agit de domaines bien différents, comme le pédiatrique et l’adulte.
La direction cherche également à diviser les hospitaliers dans leur lutte, en montant les services les uns contre les autres. Elle a par exemple argumenté auprès de collègues des urgences adultes qu’ils n’avaient pas d’intérêt « à se joindre au mouvement », car ils seraient « gagnants » dans la réorganisation. En réalité, les seuls gagnants sont les directions hospitalières qui, au lieu d’embaucher, usent de tous les stratagèmes, jouent avec la vie des patients et des soignants et prévoient des réorganisations de service qui les dépouillent.
Les grévistes ont bien raison de se battre contre le sous-effectif ! Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls puisqu’à Lyon les urgences des hôpitaux Édouard-Herriot et Lyon Sud sont également en grève, sans oublier l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu également mobilisé.
Correspondante
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