Plus d’un mois après la répression sanglante, le régime iranien et les États-Unis sont en négociation, sous la menace d’une intervention militaire de ces derniers. Une épreuve de plus pour les masses populaires d’Iran, meurtries par le régime et la dernière intervention américaine en juin.
Les classes dirigeantes veulent un « deal » sur le dos des travailleurs d’Iran
Après avoir fait mine d’encourager les manifestants en leur promettant de l’aide, Trump a attendu la fin de la répression. Ses pressions militaires ont pour but d’affaiblir le régime pour en obtenir des concessions, notamment en l’empêchant d’acquérir l’arme nucléaire. Les dirigeants iraniens ouvrent la porte à l’abandon de leurs 400 tonnes d’uranium enrichis à 60 %, en échange de la levée des sanctions économiques et de promesses d’investissements américains. Car la situation économique du pays continue de s’aggraver, avec son lot de colères sociales.
Trump ne souhaite pas forcément à l’heure actuelle faire tomber le régime théocratique. Et surtout pas que ce soit le peuple iranien qui s’en charge. Une guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran pourrait mener au « chaos » dans la région, que les partisans de « l’ordre » impérialiste préfèreraient éviter, autant par crainte du désordre économique que des risques de révolte des peuples qui pourrait en surgir.
Les massacres du régime n’ont pas anéanti l’opposition sociale
La levée progressive des restrictions sur Internet permet non seulement de voir l’horreur de la répression, mais renseigne sur la persistance de la résistance populaire. Dans les universités, les étudiants refusent de tenir leurs examens pour protester contre le faux retour à la routine quotidienne organisée par un régime ayant assassiné ou blessé plusieurs dizaines de milliers de jeunes et travailleurs. Une « grève générale » étudiante est appelée pour les 16 et 17 février. La mobilisation est la plus forte dans les campus de médecine, car les médecins ayant soigné les blessés de la répression de janvier sont victimes d’une répression ciblée. Parallèlement, les ouvriers de la raffinerie Asaluyeh au sud du pays se sont également mis en grève début janvier pour demander le paiement de leurs heures supplémentaires, ainsi qu’une amélioration de leurs dortoirs.
Stefan Ino