Cela fait plus de cent jours que les travailleurs de PMC Automotive, filiale de Stellantis à Melfi (dans le sud de l’Italie), manifestent en permanence devant les portes de leur usine pour protester contre sa fermeture et les licenciements.
Un travailleur de PMC explique les raisons de leur lutte :
PMC-Automotive est une filiale de Stellantis-Melfi, qui produisait des tôles soudées composant la carrosserie des voitures Jeep Renegade, Jeep Compass et Fiat 500X. Jusqu’en 2014, l’usine était une unité de tôlerie de FCA (Fiat Chrysler Automobile), devenu Stellantis par la suite. En 2014, FCA a cédé cette activité à la société PMC. À l’époque, on nous avait muté dans cette entreprise en affirmant que nous n’avions pas à nous préoccuper et que cela ne changerait rien pour nous.
PMC a fourni les sous-ensembles de la carrosserie à Stellantis, travaillant en trois équipes avec un effectif d’environ 170 salariés qui, pendant les pics de production, a même atteint jusqu’à 300 personnes avec l’embauche de personnel temporaire. Mais Stellantis a restructuré l’usine de Melfi, qui a été redimensionnée pour produire des voitures électriques de nouvelle génération. L’une des deux lignes de production a été démontée. La production automobile qui était de 390 000 unités par an en 2015, est tombée à 33 000 en 2025. Le personnel « excédentaire » a été incité à quitter l’entreprise. Cette situation a immédiatement eu des répercussions sur les entreprises de la filière qui n’ont plus reçu de commandes. Depuis octobre 2025, PMC a arrêté la production et a placé la société en liquidation, les 90 ouvriers ont tous été mis en chômage technique extraordinaire et PMC n’a plus qu’à vider l’usine des machines qui servaient à l’usinage et à l’assemblage des pièces. Cette situation ne concerne pas seulement PMC Automotive, mais aussi d’autres entreprises de la zone industrielle de San Nicola de Melfi.
Nous n’acceptons pas d’être jetés à la rue, alors que là d’où nous venons, l’usine Stellantis de Melfi, le travail continue. La direction a même annoncé qu’il y aurait prochainement une augmentation de la production. De nombreuses sources nous indiquent que Stellantis ne veut pas nous réembaucher, mais qu’il serait à la recherche d’un hypothétique repreneur, qui pour l’instant ne s’est pas manifesté, et qu’il était « disposé à évaluer la concession à des conditions avantageuses » de l’usine dont il est propriétaire.
À l’annonce de la fermeture, nous avons donc décidé de ne pas rentrer chez nous et nous avons organisé un piquet de grève devant l’usine depuis maintenant plus de cent jours, demandant à Stellantis, qui a créé le problème, de le résoudre.
Pour l’instant, il n’y a toujours rien de concret. La seule chose certaine, c’est que nous, les ouvriers, sommes toujours devant les portes de l’usine en piquet de grève, jetés à la rue en plein hiver. Avec PMC qui ne semble même pas vouloir nous avancer le chômage partiel. Nous voulons des faits concrets qui nous permettent réellement de retourner au travail, et ramener à la maison notre salaire et du pain sur la table.