Nos vies valent plus que leurs profits

La culture se mobilise contre les coupes budgétaires : une lutte qui doit s’étendre !

Le jeudi 20 mars, les professionnels de la culture se sont mobilisés dans 21 villes à l’appel de l’intersyndicale « Cultures en lutte ». À Paris, 6000 personnes ont ainsi défilé jusqu’au Conseil d’État.

Cette mobilisation inédite pour une partie de ce secteur aux métiers variés et aux statuts inégaux répond à l’austérité du budget 2025 : 150 millions d’euros en moins pour le ministère, suppression du pass Culture qui finançait des projets scolaires, baisses des financements régionaux et réforme du RSA dont dépendent de nombreux artistes… La note est salée pour ceux qui dépendent des financements publics pour travailler. Ces attaques s’inscrivent dans la suite d’années de désinvestissement, condamnant même des écoles à fermer, comme à Valenciennes.

Des étudiants ont aussi rejoint le mouvement : trois écoles d’art (Ensad, Beaux Arts, Saint-Charles) étaient présentes avec des cortèges de plusieurs dizaines d’étudiants à Paris après des assemblées générales où participaient aussi les professeurs. Le ton de la manifestation était combatif, appelant à l’union entre secteurs, dénonçant les investissements militaires et appelant à combattre l’extrême droite. Mais pour cela, il ne suffira pas de réclamer des rendez-vous avec Rachida Dati comme le font certains militants syndicaux ! Aucun ministre ni gouvernement même « de gauche » ne réinvestira dans ces services, quand les capitalistes exigent une montagne d’argent public pour remilitariser et gonfler leurs profits.

Les étudiants et les professionnels de la culture ont raison de s’organiser et ils gagneront encore à se lier aux facs, elles aussi mobilisées contre les coupes. À leur instar, toutes les écoles d’art doivent s’organiser dans des assemblées générales pour étendre le mouvement et remettre en question tout ce système !

Nina Karr