Nos vies valent plus que leurs profits

Le harcèlement scolaire, symptôme d’une société malade

Santé publique France vient de rendre publique la première enquête épidémiologique sur le bien-être et la santé mentale d’enfants scolarisés du CP au CM2 dans l’Hexagone. Et elle pointe du doigt que le harcèlement est « l’un des principaux facteurs susceptibles d’impacter la santé mentale des enfants, avec des conséquences sur leur vie à court et moyen termes ». 16 % des enfants de 6 à 11 ans présentent un trouble de santé mental. Sans surprise, parmi les enfants harcelés, la majorité sont des filles alors que les garçons sont plus nombreux parmi les harceleurs. En moyenne, dans une classe de trente élèves, près de cinq sont harcelés et près de cinq agresseurs, en sachant qu’un enfant peut passer d’un statut à l’autre, voire cumuler les deux, être à la fois harcelé et harceleur. Toujours selon Santé publique France, les enfants concernés « sont le plus souvent issus de familles monoparentales, avec un parent ayant un niveau de diplôme inférieur ou équivalent au baccalauréat, et déclarant une situation financière perçue comme difficile ». Bref de milieu pauvre. Et si l’enquête ne se penche pas sur les causes profondes du phénomène il est évident que des enfants élevés dans une société traversée par toutes sortes de violences, d’inégalités, d’injustices, de discriminations de toutes sortes (d’orignes, de genres, de cultures, de richesses…) ont de fortes chances de se sentir mal dans leur peau et de reproduire des comportements agressifs.