Lors de sa campagne, Trump avait ciblé sa haine les immigrés. Depuis, le locataire de la Maison-Blanche est passé des imprécations aux actes…
L’ICE : un bras lourdement armé…
La police de l’immigration et des douanes, l’ICE, a vu ses effectifs plus que doubler l’été dernier. Un « job dating de guerre » a permis de recruter 12 000 agents. Parmi eux, d’anciens militaires en mal d’action, des xénophobes revendiqués, mais aussi… des immigrés prêts à traquer leurs semblables, pour 50 000 dollars par an.
Durant le premier mandat de Trump, l’ICE pourchassait les migrants tentant d’entrer sans visa aux États-Unis, le long de la frontière avec le Mexique. Aujourd’hui, elle intervient partout dans le pays. Ses objectifs ont été relevés, passant de 1 000 à 3 000 arrestations par jour. Combinées à l’impunité promise à ses agents entraînés et équipés pour la « guérilla urbaine », ces directives ont produit un déferlement de violence. Pas moins de 32 personnes sont mortes de sa main en 2025. L’ICE sature un quartier de ses agents avant d’arrêter au faciès, en masse, et toujours très brutalement. Elle relâche d’ailleurs tous les jours des citoyens américains indûment coffrés.
… à l’activité très politique
La démagogie raciste de l’ICE n’est pas seulement calibrée pour rallier les votes d’une petite bourgeoisie aux préjugés xénophobes, qui serait rassurée de voir des flics agir « durement avec le crime ». Elle est au contraire là pour terroriser la population dans son ensemble. Voilà pourquoi Trump, au lieu de taire les aspects les plus ignobles de sa politique – comme les expulsions de migrants dans des pays dictatoriaux, ou l’« Alcatraz des alligators », ce camp de concentration en construction en Floride – mène grand tapage autour.
Dans les villes républicaines, l’ICE fait profil bas, prétendant que la coopération avec la police locale lui permet d’atteindre ses objectifs. Les électeurs de Trump ne doivent pas se sentir agressés, mais sont supposés se repaître du spectacle de la violence déchaînée contre les villes et les États démocrates.
Mais la chute de popularité de Trump, y compris parmi ceux qui avaient voté pour lui, et les réactions qui commencent à apparaître, montrent que cette « stratégie » ne fonctionne pas, et c’est tant mieux ! Mais, pour que la résistance au trumpisme l’emporte, elle devra faire comprendre à toutes les classes populaires du pays, y compris celles qui ne vivent pas les descentes de l’ICE, en quoi il est de leur intérêt de se solidariser avec cette résistance.
Mathieu Parant
Sommaire du dossier du numéro 49 de Révolutionnaires
- Un an de Trump au pouvoir — Le visage sans fard de la bourgeoisie !
- Une guerre idéologique tous azimuts
- Les migrants, boucs émissaires du trumpisme
- Les démocrates (enfin) prêts… mais à quoi ?
- Le 23 janvier, dans le Minnesota, journée « sans travail, sans école, sans achats » : ceux qui en ont assez de Trump commencent à le lui faire sentir