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Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid — d’Éric Vuillard

Les Orphelins : une histoire de Billy the Kid, d’Éric Vuillard
Actes Sud, 2026, 176 p., 20,90 €

Comme dans ses ouvrages précédents, Éric Vuillard dévoile les angles morts de l’histoire, à l’encontre des histoires officielles et de ses mythes. Cette fois, il s’agit du mythe de la conquête de l’Ouest et de l’essor du capitalisme américain, au travers de la figure de Billy the Kid. Une figure réinventée (mais plus véridique que son mythe) par l’auteur.

Comme le romancier historien l’explique : « Durant un bref quart d’heure à l’échelle des siècles, de jeunes truands eurent les coudées franches […] avant que l’État ne pose sa férule sur le monde, tandis que le Capital pendait sa crémaillère, la bande de scélérats la plus enragée de l’Histoire humaine put s’en donner à cœur joie. On avait impérieusement besoin d’eux. » Viendront ensuite « les élections (qui) blanchissent tout. ». Marx parlait de « l’accumulation primitive du capital ». Éric Vuillard l’illustre par le roman revisité de Billy the Kid, l’une des petites mains de la voyoucratie de l’époque ayant joué « leur petit rôle dans la marche du monde ».

En tant que militants, on envie le souffle pamphlétaire de l’auteur. Et les petits truands à la solde des grands propriétaires de l’époque évoquent immanquablement la réalité d’aujourd’hui.

Huguette Chevireau