La multinationale TotalEnergies était jugée cette semaine devant le tribunal judiciaire de Paris pour manquement à son devoir de vigilance en matière de risques climatiques. L’ affaire avait été portée en justice par quatre associations écologistes (Notre affaire à tous, Sherpa, ZEA, et France Nature environnement) ainsi que par la ville de Paris. Les plaignants accusaient le groupe gazier et pétrolier de ne pas avoir suffisamment pris en compte l’impact climatique de ses activités, notamment les émissions de gaz à effet de serre (GES), liées à l’utilisation de ses produits par ses clients. Ils soulignaient que TotalEnergies avait connaissance depuis les années 1970 des conséquences néfastes de ses activités sur le climat, mais que son modèle économique restait tourné vers les énergies fossiles, responsables de 70 % des émissions de GES. Le géant de l’énergie s’est contenté de plaider la bonne foi. Mais, chose inhabituelle, on a vu le ministère public, représentant l’État, le dédouaner en estimant que le réchauffement climatique est avant tout une responsabilité des États, et non des compagnies privées, et que la loi sur le devoir de vigilance ne s’applique pas directement au changement climatique. Une position plus radicale même que celle que défendait TotalEnergies. Le délibéré a été fixé au 25 juin prochain, mais il y a de fortes chances que la compagnie pétrolière puisse continuer de polluer avec le feu vert et le soutien de l’Élysée et de Matignon.