
Ma frère, film de Lise Akoka et Romane Gueret, avec Shirel Nataf, Fanta Kebe et Amel Bent
Shaï (Shirel Nataf) et Djeneba (Fanta Kebe), toutes les deux 20 ans, sont copines depuis leur plus jeune âge. Elles ont grandi dans les tours HLM de la Place des Fêtes, à Paris. Elles partent ensemble dans un camping de la Drôme comme monitrices d’une colonie de vacances avec Sabrina, la directrice (Amel Bent), et une tripotée de gamins du quartier.
Dans le bus, ça bouge, ça crie, ça chante. Des idylles se nouent, chacun tente de trouver sa place comme il peut dans ce qui n’est pas encore un groupe. Dans le coffre, les valises de vêtements sont bien rangées, mais celles qui renferment tout le bric-à-brac de la vie pèsent, que l’on soit un gamin volubile et extraverti ou, au contraire, une petite renfrognée, enfermée dans un silence protecteur.
Ces fardeaux n’épargnent pas les « grands », moniteurs et monitrices, en particulier les deux amies pour qui le départ n’est qu’une parenthèse qui permet à peine d’estomper la pesanteur de relations familiales toxiques.
La langue et les réflexions des personnages ne sont certes pas académiques ! Mais, derrière la crudité du vocabulaire, la caméra de Lise Akika et Romane Gueret révèle l’extrême délicatesse des sentiments de tous ces bouts d’choux. De ceux qui les encadrent aussi, à peine sortis eux-mêmes de l’enfance et pour qui rien n’est lisse. Mais les répliques sont drôles et le rire, à l’écran comme dans la salle, dénoue les gorges serrées !
Un petit bijou d’émotions à ne surtout pas manquer !
J.-J. F.