
Après dix ans de lutte pour faire reconnaitre la responsabilité des gendarmes dans la mort d’Adama Traoré, Malien de 24 ans décédé le 19 juillet 2016 dans la caserne de gendarmerie de Persan, dans le Val-d’Oise, la Cour de cassation a une fois de plus confirmé le non-lieu en faveur des gendarmes, alors que tout prouve au contraire leur responsabilité. Les rapports médicaux font état d’une mort par « asphyxie contrainte » alors qu’il était plaqué au sol. Mais le tribunal ose prétendre que les gendarmes ont pu croire à « une simulation ». Sa mort avait suscité un vaste mouvement de protestation et de solidarité. Contre toutes les évidences, un premier non-lieu avait été prononcé en août 2023, confirmé en appel en mai 2024 et à nouveau cette année. La famille a aussitôt décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme.
L’impunité d’une police gangrénée par le racisme, encouragée en cela par la politique et la démagogie anti-migrants des gouvernements, explique pourquoi de tels faits se succèdent. Comme l’assassinat de Nahel Merzouk en 2023, tué par un tir à bout portant lors d’un contrôle routier à Nanterre. Sa mort avait suscité des émeutes dans plusieurs villes : des milliers de policiers avaient été déployés pour les faire taire. Le préfet de police de Paris s’appelait Laurent Nuñez, aujourd’hui ministre de l’Intérieur. Les policiers ont bénéficié de l’impunité.
En ce début d’année 2026, c’est un travailleur mauritanien de 25 ans, El Hacen Diarra, qui est mort dans le commissariat du 20e arrondissement de Paris où il avait été emmené après avoir été arrêté et tabassé au pied du foyer de travailleurs immigrés où il habitait. Les policiers responsables de sa mort sont toujours en fonction malgré les rassemblements et manifestations qui ont regroupé plusieurs milliers de personnes.
Une nouvelle manifestation est prévue samedi 21 février à Paris (14 heures métro Barbès) à laquelle le NPA-Révolutionnaires appelle à participer le plus largement possible pour exiger que cessent enfin les exactions de la police contre les travailleurs et les politiques des gouvernants qui les encouragent.
Olivier Belin