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Palestine

Jacqueline Rivault, la grand-mère maternelle de Janna et Abderrahim Abudaher, deux enfants tués à Gaza à l’âge de 6 et 9 ans, vient de déposer plainte auprès du pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal judiciaire de Paris visant nommément Benyamin Netanyahou, le gouvernement israélien et son armée pour meurtre et génocide. Elle a reçu le soutien de la Ligue des droits de l’homme. Janna et Abderrahim se trouvaient dans leur maison lorsqu’elle a été frappée par deux missiles tirés par l’armée israélienne le 24 octobre 2023. Abderrahim était mort sur le coup, et Janna peu après son transfert à l’hôpital. Leur petit frère âgé de 5 ans et leur mère Yasmine, avaient tous les deux été grièvement blessés. La plainte, avec constitution de partie civile, s’appuie sur le fait que toutes les victimes avaient la nationalité française. Pour l’avocat de la famille, Arié Alimi, « le dossier devrait être instruit, peut-être qu’il y aura des mandats d’arrêt internationaux qui seront émis, mais au moins, nous aurons essayé d’impulser une enquête. » Une initiative bienvenue.

Une professeure de physique chimie, qui enseigne au lycée Janot-Curie, vient d’être sanctionnée d’un blâme pour avoir fait observer dans sa classe, à la demande d’élèves, une minute de silence pour les victimes de la guerre de Gaza. Elle avait été suspendue à titre conservatoire le 31 mars dernier et peut désormais reprendre le travail. L’intersyndicale FO-FSU-CGT-SUD des enseignants affirme sa solidarité avec l’enseignante et continue à se mobiliser pour réclamer l’annulation immédiate de cette sanction scandaleuse. Encore une fois, tout ce qui apparait, de près ou de loin, comme un soutien à la cause palestinienne est sanctionné par le pouvoir.

Le parquet national antiterroriste a ouvert deux informations judiciaires pour complicité de génocide, incitation au génocide et complicité de crimes contre l’humanité contre deux Franco-Israéliennes soupçonnées d’avoir participé à des actions de blocage de l’aide humanitaire à Gaza entre janvier et mai 2024. L’ouverture de cette enquête fait suite à deux plaintes déposées parallèlement, l’une par l’Union juive française pour la paix, l’autre par EuroPalestine et l’association Avocats pour la justice au Proche-Orient. Les faits se seraient déroulés aux postes frontières de Nitzana et Kerem Shalom. Les femmes poursuivies, membres de deux associations d’extrême droite, Israël is Forever et Tzav-9, s’étaient vantées de leurs actes ignobles dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est prononcé sur un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu et l’accès humanitaire à Gaza. Le texte présenté par les dix membres non permanents du Conseil a recueilli 14 voix pour et une contre… celle des États-Unis. Ces derniers ayant un droit de veto, la résolution a été rejetée. Les États-Unis avaient accusé le texte de « saper » les efforts diplomatiques pour une trêve. On ne voit pas trop de quels efforts il s’agit. En novembre dernier, sous l’administration Biden, Washington avait déjà mis son veto à une résolution semblable. Démocrates et républicains se succèdent à la Maison-Blanche mais le soutien inconditionnel de l’impérialisme américain à l’État sioniste demeure.

Selon un sondage publié par le quotidien israélien Haaretz, 82 % des Israéliens juifs souhaiteraient expulser par la force les Palestiniens de Gaza. Le pourcentage en faveur de l’expulsion monte même à 93 % chez les Juifs qui se déclarent religieux. Et 47 % d’entre eux trouvent acceptable le fait, pour l’armée israélienne, de procéder à des exécutions de masse des civils dans les villes conquises. Si l’on en croit cette enquête d’opinion, réalisée par l’universitaire israélien Tamir Sorek, professeur à l’université d’État de Pennsylvanie, on assiste à une radicalisation forte des sionistes religieux vers des positions racistes et xénophobes et, plus globalement, à un glissement à droite et une forme d’autisme de la société israélienne qui, à quelques exceptions notables près, apporte son soutien au génocide, aux massacres et à l’épuration ethnique en cours. En agissant ainsi elle se prépare un avenir de sang et de larmes.

Le conseil municipal de Barcelone a approuvé une résolution visant à rompre tout lien institutionnel avec le gouvernement israélien et à suspendre l’accord de jumelage, d’amitié et de coopération qui, depuis 1998, liait la ville à Tel Aviv-Jaffa. Pour expliquer leur décision, les conseillers ont déclaré que cette suspension durerait « jusqu’au rétablissement du respect du droit international et des droits fondamentaux du peuple palestinien ». La province autonome de Catalogne, dont Barcelone est la capitale, a déjà rompu toutes ses relations commerciales avec Israël plus tôt dans le mois dernier.