Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Pour se « venger » de la libération de prisonniers palestiniens, suite à l’accord de cessez-le-feu à Gaza, des colons ont pris pour cibles une demi-douzaine de villages à coup de pierres et de cocktails Molotov. Une vidéo, dans laquelle on les voit attaquer la localité de Turmusaya, a été largement reprise sur les réseaux sociaux. Et, comme d’habitude, l’armée israélienne a laissé faire. L’an dernier on a recensé 1 400 attaques par des colons israéliens sur des Palestiniens en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est. Un chiffre record. Et si l’accord de trêve prévoit, durant une première phase de 42 jours, la libération de 33 otages israéliens contre environ 1 900 Palestiniens détenus par Israël, il faut rappeler qu’actuellement ils sont plus de 10 000 à croupir dans les prisons sionistes.

Selon l’agence américaine Associated Press, 200 soldats israéliens ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils reconnaissent avoir été témoins de crimes de guerre et déclarent qu’ils refuseront désormais de servir à Gaza s’il n’y a pas un cessez-le-feu. Regroupés dans une structure appelée « Soldiers for the hostages » (Soldats pour les otages) ces militaires donnent des exemples de civils palestiniens abattus sans sommations, de maisons brûlées ou démolies alors qu’elles ne présentaient aucune menace, de résidences pillées et vandalisées. Ils appellent les autres soldats à les rejoindre. Un exemple symptomatique du malaise qui touche pour l’instant une partie certes minoritaire du contingent israélien mais qui pourrait s’étendre dans les semaines qui viennent. La voie à suivre…

Selon une enquête du journaliste David Cronin, parue sur le site anglophone Electronic Intifada, la Banque européenne d’investissements (BEI), une institution officielle de l’Union européenne, a accordé des prêts totalisant près de 800 millions d’euros à l’État sioniste depuis le début de la guerre de Gaza en octobre 2023. Basée au Luxembourg, la BEI collabore étroitement avec la banque israélienne Leumi qui soutient depuis longtemps la construction et l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. En violant une bonne douzaine de résolutions de l’ONU sur lesquelles l’Union européenne s’assied sans état d’âme.

Le gouvernement polonais a déclaré qu’il garantirait un accès « libre et sûr » aux responsables israéliens souhaitant assister aux commémorations le 27 janvier des 80 ans de la libération par l’Armée rouge du camp de la mort nazi d’Auschwitz-Birkenau. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou et plusieurs de ses ministres sont sous le coup d’un mandat d’arrêt émis en novembre par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre à Gaza. La Pologne devrait les arrêter en vertu de ce mandat s’ils se trouvaient sur son territoire. Elle n’en fera rien. Un autre exemple de l’instrumentalisation du génocide juif et de ses six millions de victimes pour excuser, voire justifier, la politique génocidaire de l’État sioniste à l’égard du peuple palestinien et de la vacuité du « droit international ».

Une étude publiée dans la revue scientifique britannique The Lancet, qui fait référence par son sérieux à l’échelle internationale, estime le nombre de décès dans l’enclave palestinienne entre octobre 2023 et le 30 juin 2024 à 64 260, soit nettement plus que les 37 877 morts rapportés par le ministère de la Santé du Hamas à cette date. Ce bilan ne concerne que les morts dues à des lésions traumatiques et n’inclut donc pas les décès indirects, tels que ceux dus au manque de soins ou de nourriture, ni les milliers de disparus que l’on pense enterrés sous les décombres. En appliquant la même méthode, on arrive à la fin de l’année 2024 à un total compris entre 70 000 morts et 80 000 morts. Le génocide continue…

Il y a deux semaines le Dr Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, à Gaza, était kidnappé par l’occupant, battu et torturé, selon les témoignages de rescapés palestiniens. Depuis, on est sans nouvelle de lui pas plus que d’un autre médecin, le Dr Ahmed Muhanna, directeur de l’hôpital gazoui Al-Awda, enlevé par Israël il y a 354 jours ! Ces derniers mois, de New York au Cap, en passant par Tokyo, Stockholm, Londres et Séoul, les manifestations se sont multipliées pour réclamer la fin du génocide et des assassinats de soignants par Israël. En solidarité avec les médecins et le personnel médical de Gaza, mais aussi avec l’ensemble de la population palestinienne, une manifestation aura lieu à Paris samedi 11 janvier. Départ à 14 h 30 de la place de la Bastille.