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Palestine

Il y a deux semaines le Dr Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan, à Gaza, était kidnappé par l’occupant, battu et torturé, selon les témoignages de rescapés palestiniens. Depuis, on est sans nouvelle de lui pas plus que d’un autre médecin, le Dr Ahmed Muhanna, directeur de l’hôpital gazoui Al-Awda, enlevé par Israël il y a 354 jours ! Ces derniers mois, de New York au Cap, en passant par Tokyo, Stockholm, Londres et Séoul, les manifestations se sont multipliées pour réclamer la fin du génocide et des assassinats de soignants par Israël. En solidarité avec les médecins et le personnel médical de Gaza, mais aussi avec l’ensemble de la population palestinienne, une manifestation aura lieu à Paris samedi 11 janvier. Départ à 14 h 30 de la place de la Bastille.

Quelques jours après avoir attaqué l’hôpital Kamal Adwan, le plus important du territoire, fait prisonnier son directeur et plusieurs dizaines de membres du personnel médical et technique, l’armée israélienne s’en est prise à deux autres établissements hospitaliers, l’hôpital indonésien Beit Lahiya et celui d’Al-Awda, à Tal Al-Zaatar, sous le prétexte qu’ils abritaient « des terroristes ». Au cours des dernières 24 heures, plus de 75 personnes ont été tuées, au cours notamment de ces opérations. Rappelons que selon l’Organisation mondiale de la santé, seuls 16 des 36 hôpitaux de Gaza sont partiellement fonctionnels, avec des pénuries graves de fournitures médicales et de personnel. Les autres ont été détruits par l’occupant. Enfin plus de 12 000 patients ont besoin d’évacuation sanitaire mais ne sont pas autorisés à quitter le territoire. Le génocide continue…

L’Autorité palestinienne (AP) a décidé d’interdire la diffusion et de geler toutes les activités de la chaîne qatarie Al Jazeera et de son bureau en Palestine, ainsi que de suspendre le travail de tous les journalistes, employés, équipes et chaînes affiliées. Al Jazzera est un des derniers médias à couvrir quotidiennement ce qui se passe à Gaza mais aussi en Cisjordanie. Elle a été interdite en mai dernier par le gouvernement israélien sur son territoire, l’armée sioniste accusant à plusieurs reprises ses journalistes d’être des « agents terroristes » affiliés au Hamas. Ces dernières semaines, la chaine a donné une couverture exhaustive de la situation en Cisjordanie, et notamment des attaques menés par les forces armées de l’AP contre les groupes armés anti-israéliens, notamment dans la région de Jénine. Encore une fois le président palestinien Mahmoud Abbas s’aligne sur son parrain, Benyamin Netanyahou.

Shatha Al-Sabbagh, une journaliste palestinienne de 21 ans, a été abattue d’une balle dans la tête près de son domicile, situé dans le camp de réfugiés de Jénine. Sa famille a pointé du doigt la responsabilité dans ce décès des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne qui se trouvaient sur place. Cette dernière nie toute implication en imputant sa mort à « des hors-la-loi ». Depuis le début décembre l’Autorité, qui collabore de longue date avec l’occupant sioniste, réprime brutalement les groupes armés anti-israéliens à Jénine et dans d’autres régions de Cisjordanie occupée. Elle cherche ainsi à renforcer son emprise sur la région et à prouver à Israël et à ses alliés occidentaux sa capacité à gouverner et à assurer la sécurité intérieure dans la bande de Gaza après la guerre. Une offre de service payée avec le sang de son propre peuple.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hôpital Kamal Adwan, qui était le dernier établissement opérationnel dans le nord du territoire palestinien, est désormais « hors service » après un raid mené par l’armée israélienne. Le directeur de l’hôpital, le Dr Hossam Abou Safiya, et plusieurs dizaines de membres du personnel médical et technique ont été arrêtés et conduits dans un camp de détention. L’OMS indique par ailleurs que les « premières informations font état de services clés incendiés et détruits pendant le raid. Soixante membres du personnel soignant et 25 patients sont dans un état critique ». De son côté, avec sa morgue, son mépris et son cynisme habituels, Israël a déclaré que l’établissement hospitalier abritait « des terroristes ». L’excuse toujours avancée pour massacrer hommes, femmes et enfants et poursuivre ce véritable génocide.

Cinq journalistes sont morts après une frappe israélienne sur leur voiture qui portait pourtant bien visible l’inscription « Press » sur son toit. Fadi Hassouna, Ibrahim Al-Sheikh Ali, Muhammad Al-Lad’ah, Faisal Abu Al-Qumsan et Ayman Al-Jadi travaillaient pour la chaîne de télévision palestinienne, Al-Quds Today. Lors de l’attaque, ils se trouvaient dans leur véhicule devant l’hôpital Al-Awda, à Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Sitôt leurs décès connus, des journalistes palestiniens ont organisé une veillée à leur mémoire à l’hôpital Al-Ahli. Et, comme d’habitude, l’armée israélienne a affirmé qu’il s’agissait de « terroristes ». Le massacre continue.