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Palestine

Daniel Lévyne, le directeur de publication du site de l’Union juive française pour la paix (UJFP), a été convoqué par la police pour « apologie du terrorisme ». Comme l’écrit l’association : « Daniel a été convoqué du jour au lendemain une première fois le 7 juin sous menace de garde à vue s’il refusait de s’y présenter ; il a été à nouveau convoqué précipitamment du jour au lendemain il y a quelques jours. » Et de poursuivre : « C’est la première fois qu’une association juive, qui combat le racisme sous toutes ses formes et qui œuvre pour une paix juste et pour l’égalité des droits en Israël-Palestine, est visée. » Depuis trente ans, l’UJPF a toujours soutenu les droits nationaux des Palestiniens, ce qui met en rage certaines associations sionistes, proches de Netanyahou, voire de Zemmour, qui à défaut de pouvoir l’accuser d’« antisémitisme » la taxe d’« apologie du terrorisme », dans le cadre de la campagne menée par la droite, l’extrême droite, le gouvernement, voire une partie de la gauche dite « modérée », pour criminaliser celles et ceux qui se tiennent au côté des Palestiniens.

La pause quotidienne de 8 à 19 heures, annoncée par l’armée israélienne dans ses opérations dans le sud de la bande Gaza, n’a eu « aucun impact » sur l’arrivée de l’aide humanitaire qui est restée « minime », a affirmé un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les territoires palestiniens occupés. La pause en question ne concerne qu’un tronçon d’une dizaine de kilomètres allant du point de passage israélien de Kerem Shalom, à l’extrémité sud du territoire palestinien, jusqu’à l’Hôpital européen de Rafah, situé plus au nord. Le docteur Thanos Gargavanis, chirurgien traumatologue et responsable des urgences à l’OMS, a expliqué que « les travailleurs humanitaires ne peuvent pas se rendre à Kerem Shalom et récupérer l’aide humanitaire en toute sécurité ». Pour les Gazaouis la situation reste tout aussi dramatique, la dernière frappe israélienne sur un camp de tentes à Rafah a fait vendredi 25 morts et 50 blessés.

Benyamin Netanyahou vient d’annoncer la dissolution du cabinet de guerre qui avait été formé au début de l’offensive israélienne contre Gaza. Cette cellule comprenait un petit groupe de ministres, dont celui de la Défense, Yoav Gallant, celui des Affaires stratégiques, Ron Dermer, l’ancien chef d’état-major des forces israéliennes, Gadi Eisenkot, le chef du parti religieux séfarade Shas, Aryeh Deri, mais aussi les centristes Benny Gantz et Gadi Eisenkot. Ces deux derniers ont quitté le cabinet de guerre pour protester contre l’incapacité, selon eux, de Netanyahou à élaborer une stratégie pour l’après-guerre dans la bande de Gaza. Si ces départs affaiblissent politiquement le Premier ministre, ce dernier n’en continue pas moins les opérations militaires de plus belle, conscient que l’arrêt des combats se traduirait sans doute par le risque de voir chuter son gouvernement de moins en moins populaire dans l’opinion. Et cela vaut bien quelques milliers de morts palestiniens supplémentaires…

Le ministère de la Santé à Gaza a annoncé samedi un nouveau bilan de 37 296 morts depuis le début de la guerre. Au moins 30 personnes ont été tuées ces dernières 24 heures. Quant au nombre de blessés, il s’établit à 85 197. Et, pendant ce temps, Israël poursuit son offensive, en ignorant superbement les décisions de l’ONU sur un cessez-le-feu alors que les États-Unis continuent de livrer quotidiennement des armes à l’État sioniste. Tout baigne pour les massacreurs…

Une fois n’est pas coutume. Les États-Unis ont qualifié de « terroriste » une attaque de colons israéliens contre le village de Burqua, situé à l’est de Ramallah. Au cours de cette attaque un homme de 19 ans, Qusai Jamal Maatan, a été tué par balle. Pour faire bonne mesure, Washington a aussitôt salué les autorités israéliennes qui ont arrêté deux suspects. Mais tout cela est une sinistre farce. D’abord parce que cette attaque a eu lieu sous la protection… de l’armée israélienne. Ensuite parce qu’un des suspects arrêtés, qui vit dans l’avant-poste « illégal » de Migron, ne risque pas de rester détenu très longtemps. En effet, il s’agit d’un proche du raciste Itamar Ben Gvir, suprémaciste juif et actuel ministre de la Sécurité publique au sein de la coalition gouvernementale. Washington appelle en outre à ce que justice soit rendue « avec la même rigueur » dans tous les cas de violence extrémiste, « quels qu’en soient les auteurs »… sauf si ces derniers appartiennent bien sûr au gouvernement israélien.

Sur demande du Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général publie chaque année un rapport qui répertorie les violations des droits des enfants dans une vingtaine de zones de conflits dans le monde et liste en annexe les responsables de ces violations, qui incluent enfants tués et mutilés, recrutements, enlèvements ou violences sexuelles. L’ambassadeur israélien aux Nations unies a protesté après avoir été notifié de l’ajout de l’armée israélienne à cette « liste de la honte » qui doit être publiée le 18 juin. L’an dernier, les forces armées russes et groupes armés « affiliés » opérant en Ukraine avaient fait leur apparition sur cette liste mais pas Israël. L’inscription d’Israël cette année est « une décision complètement justifiée du secrétaire général, même si elle aurait dû être prise depuis longtemps », a déclaré Louis Charbonneau, de l’ONG Human Rights Watch, qui a réclamé également l’inscription du Hamas et d’autres groupes djihadistes palestiniens. Alors bien sûr cela ne ramènera pas à la vie les dizaines de milliers d’enfants palestiniens tués par l’État sioniste depuis des décennies mais c’est une mesure symbolique qui met à mal la culture d’impunité dont a bénéficié pendant trop longtemps Israël auprès de l’opinion occidentale.

Le chef de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini, a accusé Israël d’avoir frappé « sans avertissement préalable » une école de son organisation abritant 6 000 personnes déplacées. La frappe a eu lieu à Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Selon lui les forces israéliennes n’ont donné aucun « avertissement préalable, ni aux personnes déplacées ni à l’Unrwa », rappelant que son agence « partage les coordonnées de toutes (ses) infrastructures (y compris de cette école) avec l’armée israélienne et les autres parties au conflit ». Pour l’ONG israélienne de défense des droits humains B’Tselem, cette frappe « constitue potentiellement un crime de guerre ». Depuis le début de la guerre plus de 180 structures de l’Unrwa ont été touchées, ce qui a entraîné la mort de plus de 450 personnes déplacées.

Des photos d’un prisonnier, yeux bandés et mains sur la tête, et de détenus derrière des grilles sont parus dans la presse israélienne et ont révélé l’existence d’un centre de détention jusqu’alors inconnu dans la base militaire de Sede Teman, dans le sud du pays. La Croix-Rouge n’y est jamais entrée et un médecin israélien qui a visité des prisonniers blessés sous couvert d’anonymat, témoigne : « Dans la tente-hôpital, il y avait deux rangées de dix lits. Je n’ai pas su qui ils étaient. Ces patients n’avaient pas de nom. Ces blessés avaient les mains et les pieds menottés au lit. Ils avaient les yeux bandés, ils étaient nus et portaient juste une couche-culotte. » Le port de menottes jour et nuit aurait provoqué de graves blessures qui ont conduit à au moins deux cas d’amputations et, selon le quotidien Haaretz, 27 détenus seraient décédés de blessures ou faute de soins durant leur incarcération. Pour l’instant l’armée sioniste a refusé de confirmer l’existence de ce Guantanamo israélien en promettant « d’enquêter ». Une façon de se moquer du monde.