Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

L’Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine a publié une interview de Sofia Orr, objectrice de conscience de 18 ans, qui explique pourquoi elle s’en est toujours tenue à sa décision, malgré la répression exercée en Israël contre ceux qui s’opposent à la guerre. Elle s’était présentée fin février au centre de recrutement de Tel Hashomer, près de Tel Aviv, entourée de supporters venus lui manifester son soutien. Elle y a déclaré son refus d’effectuer son service militaire, afin de protester contre la guerre menée par Israël à Gaza et l’occupation permanente de la Cisjordanie. « Les gens disent que je suis naïve et antisémite – que je suis une traître », déclare-t-elle, bien décidé malgré tout à continuer son combat. « L’atmosphère actuelle est beaucoup plus violente contre mes convictions, donc évidemment j’ai encore plus peur, mais je pense qu’exprimer une voix de résistance est en ce moment ce qu’il y a de plus important » avait-elle confié. Elle a été condamnée à une peine initiale de 20 jours de détention dans la prison militaire de Neve Tzedek, qui sera prolongée si elle persiste dans son refus de s’enrôler. Sofia Orr est la seconde jeune israélienne à refuser publiquement la conscription pour des raisons politiques, après Tal Mitnick en décembre dernier.

L’élection partielle de Rochdale, une ville du nord-ouest de l’Angleterre non loin de Manchester, s’est transformée en un référendum pour ou contre les Palestiniens. En effet, le vainqueur de cette compétition électorale, George Galloway, du Parti des travailleurs de Grande-Bretagne, l’a emporté avec plus de 12 000 voix laissant loin derrière les autres candidats. Galloway avait entièrement centré sa campagne sur la solidarité avec les Gazouis et la dénonciation de l’agression israélienne. Quelques jours avant le scrutin, le candidat officiel travailliste, Azhar Ali, avait été suspendu par le dirigeant du parti, Keir Starmer, qui lui reprochait ses critiques à l’égard d’Israël, qualifiées en la circonstance de « complotistes ». Il faut dire que Starmer rivalise d’ardeur avec le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, dans son soutien à l’État sioniste. Cependant Galloway est loin de représenter une véritable alternative de gauche au Labour. En effet il a fait du maintien de l’ordre et de la défense de la famille traditionnelle ses chevaux de bataille. Comme Starmer.

Dans le nord du territoire menacé de famine, au moins 110 personnes ont été tuées et 760 autres blessées près d’un hôpital après des tirs israéliens en direction de Palestiniens se ruant sur des camions d’aide humanitaire. L’armée israélienne a refusé, dans un premier temps, de commenter ces informations avant d’affirmer que les victimes étaient surtout dues à des mouvements de foule… tout en reconnaissant que certains de ses soldats avaient ouvert le feu, car ils s’étaient sentis « menacés ». Bien piètre excuse pour justifier un nouveau massacre de civils désarmés. Le dernier bilan de cette sale guerre fait état de plus de 30 000 personnes tuées.

Si Biden a remporté, comme prévu, la primaire démocrate dans l’État du Michigan, 50 000 électeurs de son parti ont fait l’effort de se rendre dans les bureaux de vote pour mettre un bulletin « vote uncommited » (c’est-à-dire blanc) dans les urnes. Cela était le résultat d’une campagne de communication intitulée « Listen to Michigan » (« Écoutez le Michigan ») lancée par des militants opposés au soutien apporté à Washington à Israël dans la guerre de Gaza. Ils espéraient influencer 10 000 électeurs, ils ont réussi à en mobiliser cinq fois plus. Un avertissement pour Biden dans un État où vit une importante population musulmane et arabe. Et ce résultat, s’il ne sera bien sûr pas suffisant pour le contraindre à changer de cap, ne peut qu’encourager tous ceux et toutes celles qui aux États-Unis combattent la politique pro-sioniste de Biden et soutiennent le peuple palestinien.

C’est Mediapart qui le révèle. Après une campagne du Rassemblement national, le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le macroniste Renaud Muselier (Renaissance), a brutalement retiré ses promesses de subvention à deux films traitant de la question palestinienne. L’un, Vacances en Palestine, est produit par le cinéaste israélien Eyal Sivan et l’autre traite de la question des Bédouins chassés de chez eux en Cisjordanie. Pour la droite et l’extrême droite tous les moyens sont bons pour affirmer son soutien à la politique criminelle de l’État sioniste.

Les forces israéliennes bloquent « systématiquement » l’accès aux personnes ayant besoin d’aide humanitaire à Gaza, compliquant encore la tâche déjà délicate d’acheminer cette aide dans ce qui est devenu une zone de guerre anarchique, a déclaré Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Et d’ajouter qu’il est devenu pratiquement impossible d’effectuer des évacuations médicales et des livraisons d’aide dans le nord de la bande de Gaza et de plus en plus difficile dans le sud. De plus, selon l’Organisation mondiale de la santé, tous les convois d’aide prévus dans le nord se sont vu opposer un refus par les autorités israéliennes ces dernières semaines, le dernier autorisé remontant au 23 janvier. Pire encore, même les convois qui avaient reçu une autorisation des autorités israéliennes ont été bloqués à plusieurs reprises ou ont essuyé des tirs alors que le personnel médical du Croissant-Rouge était systématiquement arrêté. La barbarie au quotidien.

Chaudement félicité par tout ce que les médias et la classe politique comptent de va-t-en-guerre, Macron vient d’annoncer qu’il envisageait la possibilité d’envoyer des troupes françaises combattre en Ukraine, pour remédier à la pénurie de chair à canon locale. Rodomontades ou préparation de l’opinion à l’élargissement de la guerre ? L’avenir le dira.

Les grandes puissances occidentales, tout comme les petits États qui les suivent dans l’appui au régime de Zelensky, se moquent bien du sort du peuple ukrainien et de son droit à l’autodétermination. Leurs objectifs sont à la fois de contenir les ambitions de l’impérialisme russe, de mettre la main sur les richesses de l’Ukraine, notamment agricoles et minières, de booster le militarisme et de subventionner les marchands de canons. Cette politique guerrière ne peut se faire que sur le dos des classes populaires, avec le financement des engins de mort au détriment des services publics et peut-être demain par le sang.

Non à l’escalade, non à la guerre, non au militarisme !

La dernière Berlinale, le festival international du film de Berlin, a donné lieu à plusieurs manifestations de solidarité avec les Palestiniens. Ainsi, le cinéaste américain Ben Russell, primé pour le film Direct Action, coréalisé avec le Français Guillaume Cailleau, est monté sur scène en portant un keffieh palestinien et en accusant Israël de génocide. L’auteur de documentaires palestinien Basel Adra, qui s’est vu décerner, aux côtés d’un collectif de réalisateurs palestiniens et israéliens, un prix pour No Other Land, un film sur les expulsions de Palestiniens en Cisjordanie, a aussi accusé Israël de massacrer la population palestinienne et a critiqué les ventes d’armes allemandes au régime de l’apartheid. Leurs prises de position ont été très applaudies. Ce qui a provoqué, pêle-mêle, la colère du maire de Berlin, le conservateur CDU Kai Wegner, du député social-démocrate Helge Lindh et d’un autre parlementaire appartenant lui au parti Vert, Konstantion von Notz. Une union sacrée pour hurler à « l’antisémitisme », le tout venant de la part de politiciens qui, depuis le début, sont des soutiens inconditionnels à l’opération militaire israélienne contre les Gazaouis.