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Palestine

Le Premier ministre du gouvernement de l’Autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, en poste depuis 2019, a remis sa démission au président Mahmoud Abbas. Il s’agit pour Abbas, qui a pris cette mesure sans aucune conséquence pratique dans l’immédiat, de montrer à Washington qu’il est prêt à réformer l’Autorité palestinienne pour qu’elle puisse éventuellement jouer un rôle dans « l’après-Gaza » et la gestion du territoire au lendemain de la guerre. Mais c’est mal barré. D’abord parce que Netanyahou veut imposer à l’avenir un contrôle militaire sur Gaza où l’Autorité n’aura pas son mot à dire. Ensuite parce qu’Abbas, aujourd’hui âgé de 88 ans et élu pour la dernière fois en 2005, est complètement déconsidéré auprès de la population palestinienne qui l’accuse d’incompétence, de corruption et de collaboration avec l’occupant israélien. Bref, vu le nombre de casseroles qu’il se trimballe, il aura un peu de mal à se présenter comme l’homme de la situation.

Dans une lettre au président de l’Assemblée générale de l’ONU, le responsable de l’Agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), Philippe Lazzarini, indique : « C’est avec un profond regret que je dois aujourd’hui vous informer que l’Agence a atteint un point de rupture, avec les appels répétés d’Israël à son démantèlement et le gel des financements de donateurs face à des besoins humanitaires à Gaza sans précédent ». L’UNRWA, créée en 1949, emploie quelque 30 000 personnes dans les territoires occupés, au Liban, en Jordanie et en Syrie, où elle gère notamment écoles et hôpitaux au profit de la population palestinienne, notamment des réfugiés de 1948 et leurs descendants. Depuis le début de la guerre de Gaza, Israël a accusé, sans avancer aucune preuve concrète, 12 salariés de l’Agence d’avoir participé à l’attaque du Hamas du 7 octobre. Seize pays occidentaux, menés par les États-Unis, ont aussitôt utilisé ce prétexte pour suspendre leur financement à l’Agence pour un total de 450 millions de dollars (415 millions d’euros). Une façon de manifester leur soutien à l’État sioniste sur le dos de la population civile palestinienne.

Les pratiques d’Israël dans les territoires palestiniens sont une forme « encore plus extrême » de l’apartheid qu’a connu l’Afrique du Sud avant 1994, a affirmé le représentant de Pretoria devant la plus haute juridiction de ONU. « En tant que Sud-Africains, nous sentons, voyons, entendons et ressentons au plus profond de nous-mêmes les politiques et pratiques discriminatoires inhumaines du régime israélien comme une forme encore plus extrême de l’apartheid institutionnalisé contre les Noirs dans mon pays », a déclaré Vusimuzi Madonsela, ambassadeur d’Afrique du Sud aux Pays-Bas, où siège la Cour internationale de justice. Avant de poursuivre : « Il est clair que l’occupation illégale d’Israël est également administrée en violation du crime de l’apartheid […] elle ne se distingue pas du colonialisme. » Parole d’un spécialiste qui l’a déjà vécu dans sa chair…

Dans une « Lettre ouverte » adressée au président de la République, le président d’Amnesty International France, Jean-Claude Samouiller, exhorte Emmanuel Macron à mettre un terme aux exportations d’armes françaises à destination d’Israël alors que les opérations militaires israéliennes se poursuivent à Gaza au prix de dizaines de milliers de morts civils. Pour l’ONG, la récente décision de la Cour internationale de justice enjoignant à l’État hébreu de ne pas « commettre des actes » susceptibles de mener à un « génocide » en Palestine impose à la France de suspendre ses coopérations militaires, conformément à ses engagements pris dans le cadre de la « Convention sur le génocide » et du « Traité sur le commerce des armes ». Des engagements sur lesquels Macron et son gouvernement s’assoient allègrement. De son côté le ministre des Affaires étrangères a minimisé ces exportations d’armes, selon lui « très résiduelles », sans autre précision. L’honneur est donc sauf : la France participe certes au massacre des Gazaouis, mais seulement à la marge. Les victimes seront bien contentes de l’apprendre.

L’Algérie, qui occupe le siège réservé aux pays arabes au Conseil de sécurité, a présenté un projet de résolution exigeant un cessez-le-feu humanitaire immédiat entre Israël et le Hamas, rejetant le déplacement forcé des Palestiniens et exigeant l’acheminement complet, rapide et sans entrave de l’aide humanitaire dans toute la bande de Gaza. Les États-Unis ont déclaré aussitôt qu’ils opposeraient leur veto à une telle résolution « car cela pourrait compromettre les efforts diplomatiques de Washington visant à obtenir la fin des hostilités ». C’est le troisième veto américain à une résolution proposant un cessez-le-feu. Une façon de laisser les mains libres à l’État sioniste pour continuer les massacres.

Alors que plus de 1,4 million de Gazaouis se sont réfugiés dans la ville de Rafah, à la frontière sud de la bande de Gaza, l’armée israélienne la pilonne depuis des jours. La guerre menée par Israël a fait déjà près de 30 0000 morts. L’hôpital Khan Younes, l’un des deux seuls grands hôpitaux, pris d’assaut par l’armée, est totalement hors service. Et Netanyahou d’affirmer que ce n’est même pas le sort des otages qui va l’arrêter de mener jusqu’au bout son offensive sur la ville. Ce sont ces massacres que Macron et Biden soutiennent, même quand ils font mine de demander plus de modération, parce qu’Israël avec sa politique coloniale et guerrière leur sert de gendarme contre les peuples pauvres du Moyen-Orient.

Participons nombreux aux manifestations pour exiger le retrait immédiat des troupes israéliennes de Gaza, l’arrêt des colonisations en Cisjordanie et la liberté pour le peuple palestinien.

À l’appel de la Campagne de solidarité avec la Palestine une manifestation monstre, regroupant au moins 200 000 personnes, s’est déroulée samedi dans le centre de la capitale britannique entre Marble Arch et les abords de l’ambassade d’Israël. Outre la dénonciation des actions en cours de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, les manifestants ont hué le gouvernement conservateur, soutien indéfectible de l’État sioniste dans cette sale guerre. Une dizaine de personnes ont été arrêtées, notamment lors d’incidents avec la police. Au même moment d’autres manifestations se déroulaient dans 45 autres villes du pays dont Glasgow, en Écosse, où 10 000 personnes ont marché à travers les rues de la ville.

L’Égypte construit un camp fermé et sécurisé dans le Sinaï pour accueillir les Palestiniens de Gaza fuyant la guerre, en cas d’offensive israélienne sur Rafah, soutient une ONG égyptienne, la Fondation du Sinaï pour les droits humains. Selon elle, et le quotidien américain le Wall Street Journal, ce camp se présenterait sous la forme d’un enclos fermé de 13 km2. Il pourrait contenir jusqu’à 100 000 personnes en cas d’exode massif. Le gouverneur du Nord-Sinaï, Mohamed Abdel Fadil Choucha, a démenti toute construction de ce type, mais l’ONG égyptienne a souligné que deux chefs d’entreprise locaux lui avaient confirmé avoir obtenu des contrats pour bâtir une zone fermée « entourée de murs de sept mètres de hauteur ». En outre, des images satellites montrent des engins de chantier construisant un mur après que le terrain ait été nivelé. Une façon comme une autre de rappeler que les Gazaouis qui échapperont au massacre ne seront pas les bienvenus en Égypte.

Alors que l’armée israélienne continue de massacrer les journalistes palestiniens (selon les sources entre 80 et 120 auraient perdu la vie à Gaza er en Cisjordanie), Reporters solidaires et l’ARIJ (Reporters arabes pour un journalisme d’investigation) organisent dimanche 18 février une manifestation de soutien en leur faveur. L’ARIJ utilise les fonds récoltés pour le remplacement des équipements (caméras, ordinateurs portables, téléphones…) de ses confrères, ainsi que pour leur procurer des produits de base : nourriture, vêtements, couvertures, etc. Cet évènement, qui se voudra tout à la fois solidaire, informatif et festif, se déroulera à l’espace « Le Hasard Ludique » dans le 18e arrondissement de 17 à 20 heures 30. Au programme : projections, discussions, poésie, musique, dabked (danse), expositions, etc. Entrée : 5 euros (en espèce uniquement).
Le Hasard Ludique, 128 avenue de Saint-Ouen. Métros : porte de Saint-Ouen et Guy Môquet.