Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Le dernier bilan de la guerre fait état de 18 787 Palestiniens tués depuis le début des combats alors que 50 897 personnes ont été blessées. Mais les troupes israéliennes ne se contentent pas de massacrer la population. Environ 50 000 habitations ont été détruites ou endommagées, soit 40 % du total. Un véritable « domicide ». De plus 22 % des terres arables ont été ravagées. Ces terres, dédiées à l’agriculture et au maraîchage, représentent 25 % du territoire gazaoui où s’est développée une agriculture semi-urbaine. Leur destruction est une perte vitale pour les habitants. À partir d’images satellite, la rédaction des Observateurs de France 24 et l’ONG Human Rights Watch ont pu identifier nombre de terrains agricoles qui ont été détruits par le passage de blindés et de bulldozers. Parmi eux des serres, des oliveraies et des champs. Tout est fait sciemment par Israël pour que la vie devienne impossible après la fin du conflit. Car comme l’a déclaré le ministre de la Défense israélien, le général Yoav Gallant : « Nous combattons des animaux et nous agissons en conséquence. » Un racisme débridé qui est devenu depuis longtemps la marque de fabrique du gouvernement Netanyahou.

L’Assemblée générale des Nations unies a voté une résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza par 153 voix pour, 10 contre (dont Israël et les États-Unis) et 23 abstentions. Une résolution indicative et non contraignante dont bien entendu l’État hébreu ne tiendra aucun compte. Cependant les dirigeants américains ont profité de l’occasion pour faire semblant de s’offusquer de la violence de l’intervention israélienne. Joe Biden « s’est inquiété des bombardements indiscriminés » qui, selon lui, « minent la cause israélienne sur la scène internationale ». Quant au secrétaire d’État américain, Antony Blinken, il avait jugé « impératif » qu’Israël fasse de la protection des civils une priorité en croyant voir un « écart » entre l’intention proclamée de l’état-major israélien de protéger les civils et la réalité sur le terrain. Un « écart » qui n’existe bien sûr que dans son imagination. Une hypocrisie qui ne trompe pas grand monde, mais qui est destinée à relativiser la responsabilité de la Maison-Blanche dans le massacre en cours perpétré avec des armes made in USA.

Selon le réseau EuroMed Droits, plus de 25 000 enfants sont orphelins après avoir perdu au moins l’un de leurs parents dans l’offensive israélienne. De plus, des 18 000 personnes tuées, 11 000 seraient des femmes et 7 000 des enfants. Enfin 49 000 autres personnes auraient été blessées. Et le carnage continue…

À Marseille, la préfecture des Bouches-du-Rhône a voulu interdire la manifestation de soutien avec le peuple palestinien du samedi 9 décembre sous prétexte d’une incitation à la haine et à la violence. Cette interdiction a été levée après un référé-liberté déposé par les organisateurs. À Nice, c’est même la huitième fois que la préfecture se fait reprendre par la justice. Si Macron et Darmanin cherchaient à éteindre notre mobilisation, dont ils ne voulaient pas, c’est près d’un millier de manifestants qui ont réaffirmé leur soutien à Gaza. Et qui continueront quoi qu’en dise le gouvernement.

À Gaza, la guerre ne fait que s’amplifier, avec plus de 17 700 morts déjà. Si les grandes puissances ont pris le parti de l’État d’Israël et de sa guerre contre un peuple, un peu partout sur la planète, la solidarité avec les Palestiniens continue à s’exprimer, notamment dans la rue. À Paris, la manifestation de samedi a compté avec la présence du collectif « Soignantes pour Gaza », qui manifeste depuis plusieurs semaines son indignation face à cette guerre où les hôpitaux sont aussi pris pour cibles.

La guerre ne s’arrête pas, notre mobilisation doit continuer, soyons nombreuses et nombreux aux prochaines manifestations.

Nasser Abou Baker, le président du syndicat des journalistes palestiniens, a participé à la Bourse du travail de Paris, à un meeting intitulé : Guerre de Gaza : journalistes tués, l’information continue. Il était organisé par une large intersyndicale de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, FO, CFDT) et par la Fédération internationale des journalistes. On a appris que depuis le 7 octobre au moins 75 journalistes avaient été tués au cours de plus de 200 attaques, dont certaines menées spécifiquement contre eux. Certains avaient même reçus des menaces de mort sur leur portable avant même d’être abattus du fait de leur métier. En plus des Gazaouis, c’est aussi l’information qu’on assassine chaque jour.