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Marseille (Bouches-du-Rhône) : la justice se hâte lentement pour les flics tabasseurs

Sept ans après les faits, un policier a été mis en examen pour « violences aggravées par trois circonstances (arme, réunion et par une personne dépositaire de l’autorité publique) » mais aussi pour « non-assistance à personne en danger » pour avoir grièvement blessé Angélina, une jeune femme de 19 ans, atteinte par un tir de LBD à la cuisse et qui avait eu le crâne fracturé alors qu’elle quittait son travail et rentrait chez elle. Ce jour-là, le 8 décembre 2018, trois manifestations différentes (Gilets jaunes, contre les logements insalubres, marche pour le climat) se déroulaient simultanément dans la cité phocéenne et la police avait imposé une véritable omerta dans ses rangs pour couvrir les responsables des violences. Vu la gravité des faits, le parquet avait requis un placement en détention provisoire – « compte tenu des risques de concertations avec ses collègues » – mais le juge des libertés a décidé de le placer sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer. Quant aux autres flics concernés, ils continuent de se taire. Car si, pour le commun des mortels, la « non-dénonciation de crime » est un délit, pour les policiers c’est une habitude tenace… surtout lorsque l’un des leurs est impliqué.