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Champions d’Europe des violences policières

Mépris social, racisme décomplexé et propagande sécuritaire : l’arc qui va du gouvernement à l’extrême droite a profité de la soirée qui a suivi la deuxième victoire européenne d’affilée du PSG pour déployer un schéma tactique des plus prévisibles. Des « racailles décérébrées » pour Pécresse qui fait du Sarkozy, des « scènes de chaos » pour Le Pen. « Ils casseront les portes des immeubles et rentreront dans vos appartements » ose Bardella en pleine parano.

Pourtant, les célébrations du triomphe du PSG n’ont pas été plus violentes que l’an dernier où il y avait déjà eu autour de 200 blessés. Ce qui a été plus violent en revanche, c’est le dispositif policier. Nuñez, le ministre de l’Intérieur, avait déployé moitié plus de flics dans les rues de Paris et ils ont interpellé moitié plus de personnes. À l’arbitrage vidéo, on voit que le jeu des forces de l’ordre a été des plus musclé : pluie de lacrymogènes lâchés sans raison, LBD tirés depuis des véhicules de police, coups de pied dans la tête d’un supporter qui a eu le malheur de filmer ces exactions…

Les tribunaux s’étaient préparés à prendre le relais. Il y a eu plus d’une centaine de déferrements, dont une trentaine en comparution immédiate : de la justice expéditive pour mettre en scène la fermeté gouvernementale. « Avez-vous conscience que l’État nous demande d’être intraitables ? » rétorque un juge à un jeune qui a eu le malheur de se plaindre des violences de la police. C’est une preuve de plus que la tactique à l’œuvre ce soir-là était de tendre au maximum la situation.

Ce n’est donc pas la « guerre civile » comme le vocifère Bardella, mais bien une déclaration de guerre du gouvernement aux jeunes supporters. Ce n’est pas étonnant, dans ce contexte, que cette soirée de fête ait parfois pris des allures de bataille de rue. La vérité des prix, c’est que le gouvernement en porte seul la responsabilité.

Bastien Thomas