Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Un enfant de huit ans, Adam al-Ghoul, et un adolescent de quinze ans, Bassem Abou el-Wafa ont été tués par des soldats israéliens à Jénine, ville du nord de la Cisjordanie occupée, régulièrement théâtre d’incursions militaires israéliennes. Des images de vidéo-surveillance mises en ligne montrent un enfant fauché par une balle dans une rue alors que le tir fait fuir en courant d’autres enfants alentour. Sur d’autres images, on voit un adolescent également touché par une balle. Alors que d’autres balles s’écrasent au sol autour de lui, il s’écroule et semble appeler à l’aide alors que cinq autres adolescents courent se réfugier derrière des voitures ou dans un magasin. Le garçon se débat au sol, agonisant, durant au moins une demi-minute. Dans le même temps, l’armée israélienne a arrêté un enfant de 12 ans, Karim Ghawanmeh, dans le camp de réfugiés de Jalazone, à Ramallah, a rapporté le Club des prisonniers, une ONG palestinienne. Depuis le 7 octobre, en Cisjordanie, près de 240 Palestiniens ont été tués par des soldats ou des colons israéliens.

« Le peuple veut la chute du Hamas ! » Le 23 novembre, les comptes officiels sur X (ex-Twitter) de l’État d’Israël et du ministère israélien des Affaires étrangères ont affirmé que des manifestations anti-Hamas avaient eu lieu dans le sud de Gaza, vidéo à l’appui. Cette dernière a été reprise sur les réseaux sociaux par de nombreux comptes pro-sionistes. Mais « Les Observateurs de France 24 », un groupe de journalistes spécialisés dans la dénonciation de l’intox et des fake news, ont dévoilé que la vidéo en question datait en fait de juillet 2023, soit quatre mois avant le début de la guerre, et avait été tournée dans le nord de la bande Gaza alors que de nombreux civils manifestaient dans plusieurs villes contre leurs conditions de vie. Et cette histoire prouve deux choses : d’abord que les autorités israéliennes mentent comme de cochons, ce que l’on savait déjà, ensuite que tous les Gazaouis ne s’identifient pas au Hamas. Ce qui va sans dire mais vaut, malgré tout, la peine d’être rappelé.

La direction de l’information de la chaîne publique francophone TV5 Monde a publié un communiqué à propos de l’interview d’un des porte-parole de l’armée israélienne, Olivier Rafowicz, par le journaliste Mohamed Kaci. L’entretien s’était déroulé en direct, le 15 novembre, lors du journal quotidien 64’, Le Monde en français. Le porte-parole militaire était questionné sur l’opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, notamment celle menée dans l’hôpital Al-Shifa. Le journaliste avait poussé son interlocuteur dans ses derniers retranchements. Ce qui ne lui a pas plu, pas plus qu’à la direction de l’information de TV5Monde, qui, dans un communiqué, a estimé que les propos de M. Kaci donnaient « l’impression […] que les modalités d’intervention de l’armée israélienne étaient équivalentes à la stratégie du Hamas, organisation considérée comme terroriste par de nombreux États ». La section du Syndicat national des journalistes de la chaîne a déploré le communiqué de la direction, estimant que celui-ci « ressemble à un désaveu » de Mohamed Kaci. Même soutien exprimé par la section SNME-CFDT qui affiche sa « totale solidarité » envers M. Kaci et poursuit : « Il n’est pas admissible de considérer qu’un journaliste est partisan quand il pose une question qui dérange son interlocuteur », plaide le syndicat, qui juge que « leur confrère a respecté la charte de déontologie de la profession ». Plus d’une centaine de collaborateurs de la chaîne ont signé une lettre de soutien à leur confrère qui est convoqué par la direction des ressources humaines de la chaîne pour un rendez-vous en vue d’une possible sanction, mardi 28 novembre.