Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

« L’antisémitisme est le socialisme des imbéciles », affirmait le socialiste allemand August Bebel dénonçant en son temps ceux qui masquaient leur racisme anti-juif par un pseudo anti-capitalisme assimilant la population juive aux Rothschild et autres gros capitalistes. Aujourd’hui, alors que plus 800 actes antisémites auraient été enregistrés en trois semaines en France depuis le début du conflit israélo-palestinien (recensés par un gouvernement d’autant plus vigilant qu’il est tout dévoué à la politique colonialiste de Netanyahou), on pourrait dire que « l’antisémitisme, c’est l’anti-impérialisme des imbéciles ». Affirmer sa solidarité pleine et entière avec le peuple palestinien n’a rien à voir avec le fait d’assimiler tous les Juifs, en Israël et ailleurs, au gouvernement raciste et ségrégationniste israélien, et de les rendre responsables des massacres perpétrés à Gaza. C’est le sionisme que nous combattons, dont les bombardements d’aujourd’hui montrent le visage monstrueux. Comme toutes les formes de racisme, l’antisémitisme doit être combattu ici et maintenant et rien de ce qui se passe au Moyen-Orient ne peut le justifier.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le quartier général de l’armée à Tel-Aviv pour exiger la fin de l’offensive israélienne dans l’enclave palestinienne aux cris de « Cessez-le-feu ! Cessez-le-feu ! ». « Nous souffrons tous et nous portons le deuil des morts et des otages du 7 octobre, a témoigné Noa Levy, une manifestante, mais nous portons aussi le deuil des innombrables morts à Gaza. Et les gens continuent à mourir encore et encore là-bas, tous les jours. » Les manifestants craignent que les otages aux mains du Hamas deviennent aussi des victimes collatérales du conflit. Des voix certes minoritaires mais qui montrent que des Israéliens ne se laissent pas tous entraîner dans la folie meurtrière et belliciste de leur gouvernement.

L’ONG Save the Children (Sauvez les enfants) alerte sur le nombre d’enfants morts à Gaza. Selon elle, depuis le 7 octobre, 3 195 enfants ont été tués par les bombardements de l’armée israélienne. Et de constater : « Le nombre d’enfants tués à Gaza en seulement trois semaines a dépassé le nombre annuel d’enfants tués dans les zones de conflit du monde depuis 2019. » À ce chiffre il faut ajouter 33 enfants tués en Cisjordanie et 29 en Israël même. Un bilan édifiant, qui s’alourdit chaque jour, à mettre au crédit du gouvernement israélien et des grandes puissances qui le soutiennent, dont la France.

Alors que Gaza se meurt sous les bombes, en Cisjordanie occupée les colons continuent d’expulser la population arabe de ses terres. Selon les Nations unies, plus de 500 Bédouins palestiniens ont été chassés de chez eux ces dernières semaines. Ils ont trouvé refuge dans la ville chrétienne de Taybeh. Plusieurs de leurs maisons ont été incendiées par les colons qui ont agi en toute impunité sous l’œil de soldats israéliens qui ont laissé faire. Ces nomades sédentarisés ont dû fuir en quelques heures. Ils ont emporté avec eux leur seule richesse, leur bétail. Certains d’entre eux ont filmé les colons en action et ont transmis ces images à des journalistes, en les postant en outre sur les réseaux sociaux. À Wadi Al-Sik, un Bédouin a montré aux équipes du 20 Heures de France 2 les emplacements des communautés arabes récemment expulsées. Et contre ces violations flagrantes du droit international, on attend toujours les protestations indignées du Quai d’Orsay. Et elles ne sont pas pour demain.