
C’est bien à l’image de ce monde de brigands impérialistes qu’au terme de trois ans de guerre provoquée par l’agression militaire russe contre l’Ukraine du 24 février 2022, et après les énormes sacrifices qu’ont consentis les classes populaires, Trump téléphone à Poutine pour entamer des négociations, dites de paix, qui laisseraient à la Russie le cinquième du territoire ukrainien qu’elle occupe. Sans aucune considération pour les sentiments du peuple ukrainien. Même Zelensky, représentant des riches et capitalistes du pays, se retrouve sur la touche : les échanges entre États-Unis et Russie ont eu lieu sans lui !
Fauteurs et profiteurs de guerre
On en est pourtant à trois ans de bombardements, guerre de tranchées et massacres. Trois ans de destructions, de déplacement de populations dans le pays et d’exil pour plus de huit millions de personnes. Au total, il s’agit probablement de centaines de milliers de morts et blessés. Dont des dizaines de milliers de victimes civiles ukrainiennes. Les plus pauvres du pays vivent sans eau ni électricité, sans chauffage, sous une loi martiale qui interdit toute grève ou manifestation d’opposition à Zelensky, qui, tout en répandant des illusions sur l’efficacité des armes occidentales pour résister à Poutine, a continué une politique d’attaques contre les travailleurs. Côté fédération de Russie, un million et plus de citoyens se sont opposés à la guerre et ont subi la répression ou l’exil. Les dirigeants américains et leurs alliés de l’Otan n’ont aidé militairement et financièrement l’Ukraine que dans la stricte limite du retour sur investissements qu’ils en attendaient.
Alliés dans l’Otan mais concurrents
Par la voix de Trump, l’impérialisme américain siffle une fin de partie déjà annoncée par Biden. Ses sanctions économiques ont affaibli Poutine, tout en lui conservant le rôle de pilier de l’ordre impérialiste dans une partie du monde. L’Europe a été coupée du gaz russe et d’autres liens commerciaux et financiers qu’elle avait avec la Russie, condamnée, entre autres, à l’achat d’un gaz américain plus cher. Les États de l’Union européenne ont été encouragés à saigner leur population par l’augmentation de budgets militaires… en grande partie pour les profits des marchands d’armes américains qui sont les premiers producteurs et exportateurs mondiaux. Trump réclame même à Zelensky la possibilité d’exploiter des richesses minières du pays. Les chantiers et profits d’une reconstruction s’ouvrent !
Macron va-t-en-guerre… direction Washington !
Comme d’autres dirigeants européens qui n’ont pas été conviés aux rendez-vous entre États-Unis et Russie, Macron est vexé et a trouvé la parade : se faire le champion d’une prétendue « Europe de la défense ». Une Europe qui à ce jour achète 63 % de ses armes outre-Atlantique ! Aux chefs des partis français qu’il a réunis, Macron a proposé de passer de 2,1 à 5 % du PIB les dépenses militaires de la France. Et, peu regardant sur la peau des autres, il envisage d’envoyer des troupes en Ukraine pour « garantir la paix », c’est-à-dire le partage qu’auront marchandé Trump et Poutine. C’est du grand théâtre, mais sur fond de nationalisme et militarisme professés par les réactionnaires de droite et d’extrême droite mais aussi de gauche : le Parti socialiste applaudit ! Une politique évidemment à combattre.
Prolétaires de tous les pays, unissons-nous !
Les classes populaires ukrainiennes n’ont malheureusement pas pu organiser leur propre défense contre Poutine, en comptant sur leur capacité à aller chercher des alliés du côté des travailleurs russes. Du côté de ces derniers, la voie d’une politique internationaliste pour empêcher la guerre n’a pas été trouvée non plus. Ni ailleurs contre les politiques de Biden, Trump et Macron et leurs semblables. Ce serait et sera pourtant la seule parade à ces dépeçages de terres, de peuples et de droits démocratiques auxquels se livrent les voyous impérialistes de la planète, en Ukraine, au Moyen-Orient, en Afrique et partout.
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 24 février 2025
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Voir également notre dossier à l’occasion des trois années de guerre d’Ukraine