Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Ligue des droits de l’homme a déposé une plainte devant le tribunal de Paris contre les plateformes de location Airbnb et Booking pour « complicité de recel aggravé de crimes de guerre ». La Ligue accuse les plateformes d’entretenir un « tourisme » d’occupation avec des annonces de logements dans les colonies israéliennes implantées dans les territoires palestiniens, au mépris du droit international qui considère ces colonies comme illégales. « Ces multinationales, en offrant leurs services et leurs prestations, permettent et facilitent, tant directement qu’indirectement, la création […] et l’extension des colonies israéliennes » et « en tirent des profits colossaux », souligne la plainte. Déjà le 30 juin dernier, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, avait dénoncé le comportement des principales plateformes de voyage qui vendent un tourisme qui « légitime l’annexion ». De son coté le quotidien britannique The Guardian a identifié 402 annonces (appartements, maisons, hôtels) dans les colonies illégales en Cisjordanie et à Jérusalem-Est : 350 sur Airbnb et 52 sur Booking. Avec un total de 760 chambres permettant d’héberger plus de 2 000 personnes et suscitant un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros par an. Là encore l’argent n’a pas d’odeur.

L’Assemblée nationale a adopté le CDI senior, un contrat dérogatoire au Code du travail qui permet d’employer pour moins cher un travailleur de plus de 60 ans (voire dès 57 ans en cas d’accord de branche) puis de le mettre unilatéralement à la retraite avec des exonérations patronales sur l’indemnité de mise à la retraite. Sous prétexte de « faciliter l’embauche des plus de 60 ans », ce contrat de travail au rabais avait été négocié en amont, en novembre dernier, par les organisations patronales d’un côté, la CFDT, FO, la CFE-CGC et la CFTC de l’autre. Il avait été présenté à l’époque comme « une avancée sociale ». Une bonne blague. Ce dont ont besoin les seniors c’est d’une retraite décente d’au moins 2 000 euros par mois dès 60 ans.

Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a accusé la France d’être responsable de violations « graves et systématiques » des droits des enfants migrants non accompagnés sur son territoire, où ils sont trop souvent laissés à l’abandon faute de pouvoir prouver leur âge. Il ajoute que beaucoup de jeunes migrants ne pouvant accéder au système de protection de l’enfance se retrouvent sans abri, privés de soins de base et vivant dans des conditions « dégradantes ». Il constate qu’un grand nombre de ceux qui se déclarent enfants sont traités comme des adultes, à la suite de procédures d’évaluation de l’âge jugées « défaillantes, souvent fondées sur l’apparence physique ou sur des examens médicaux peu fiables, réalisés sans l’assistance d’un adulte de confiance, d’un tuteur légal ou d’un avocat ». Et de poursuivre : « Ces enfants courent un risque élevé d’être exposés à la traite, aux abus, à la maltraitance et aux violences policières. » Paris a répondu qu’il poursuivait ces efforts pour améliorer la situation. Un engagement… qui n’engage en rien.

Sur un groupe de discussion sur les réseaux sociaux, des membres des Jeunes Républicains, le mouvement de jeunesse de Trump, ont tenu des propos racistes, antisémites, sexistes et homophobes. Le média Politico a révélé que des responsables de sections des jeunes trumpistes de New York, du Kansas, de l’Arizona et du Vermont avaient échangé entre eux des « centaines de messages racistes et haineux », comme comparer des Afro-Américains à des « singes », faire l’éloge d’Hitler, décrit comme un homme « incroyable », ou appeler à utiliser les chambres à gaz contre les élus d’opposition. Ces propos ont été largement condamnés au sein de la classe politique américaine, y compris par le conseil d’administration des Jeunes Républicains, qui a appelé les personnes concernées à démissionner. Mais ils ont reçu un soutien de poids : celui du vice-président J.D. Vance qui a qualifié ces propos de « blagues » pas bien méchantes. Un « humour » typique du trumpisme triomphant.

Cette phrase, c’est le pape Léon XIV qui l’a prononcée lors de la cérémonie organisée à Rome par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre. Et d’ajouter : « C’est le signe évident d’une insensibilité ambiante, d’une économie sans âme et d’un système de répartition des ressources injuste et insoutenable. » Et de qualifier cela d’échec collectif, d’aberration éthique et de péché historique. Conclusion : il faut que les dirigeants du monde prennent conscience de cette situation et confessent leurs péchés. On peut toujours rêver. Car pour supprimer les maux que dénonce le pape, il faudra renverser le capitalisme, qui porte en lui la misère comme la nuée porte l’orage. Mais là, pas question de compter sur le mitré en chef.

Dans le cadre d’un projet intitulé « Emergent’Sea » (Mer émergente), les scientifiques de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) ont analysé plus de 11 300 résultats issus de prélèvements, réalisés entre 2021 et 2023, sur toutes les côtes de l’Hexagone, de la baie de Somme à la Corse, dans des mollusques (huîtres, moules) ou dans l’eau de mer. « Tous les points échantillonnés présentent des contaminations », a souligné Isabelle Amouroux, responsable de l’unité Contamination chimique des écosystèmes marins à l’Ifremer. Parmi les produits polluants détectés, on trouve notamment des herbicides et des substances pharmaceutiques, mais aussi des produits « antifouling » utilisés dans la peinture des bateaux et censés empêcher les organismes aquatiques de se fixer sur la coque. De quoi vous décourager de déguster un plat de fruits de mer.

Tout le monde connait Netanyahou, responsable de crimes de guerre et contre l’humanité. Mais son bilan sanguinaire a un peu laissé dans l’ombre un autre aspect peu reluisant de sa personnalité : celle d’un politicien corrompu et corrupteur poursuivi par la justice de son pays depuis mai 2020 mais qui a toujours réussi à faire reculer son procès. Poursuivi pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes, le Premier ministre s’est présenté au tribunal le 15 octobre entouré de plusieurs ministres, hués par une poignée de manifestants à leur arrivée au tribunal. Lui et son épouse, Sara, sont accusés d’avoir accepté des produits de luxe d’une valeur de plus de 225 000 euros, tels que cigares, bijoux et champagne, de la part de milliardaires, en échange de faveurs politiques. Dans deux autres affaires, Netanyahou est accusé d’avoir tenté de soudoyer deux médias israéliens pour obtenir une couverture plus favorable de son action. Et si son procès dans ces affaires n’est sans doute pas pour demain, celui où il devrait répondre du génocide des Gazaouis n’aura sans doute jamais lieu. Mais là les peuples du monde et l’Histoire l’ont déjà jugé.

Plus de 100 000 personnes ont défilé dans la capitale belge pour protester contre les multiples attaques de la coalition au pouvoir contre les services sociaux. Le gouvernement fédéral, dirigé par le Premier ministre conservateur Bart De Wever, prépare des réformes drastiques notamment sur les retraites, les allocations de chômage et les frais de scolarité. La grève nationale, lancée par les syndicats socialistes et chrétiens, a provoqué des perturbations importantes, notamment dans les transports et les aéroports. Mais il en faudra plus pour faire reculer un gouvernement qui défend ouvertement le grand patronat et s’en prend toujours plus aux classes populaires.

Le patron d’Altice France, Arthur Dreyfuss, a indiqué que l’offre de rachat du groupe SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange pour un montant de 17 milliards d’euros a été « immédiatement rejetée ». SFR, un des principaux opérateurs de télécommunications du pays, est dans une situation financière délicate. Sa dette de 24 milliards d’euros a été réduite à 15,5 milliards le 1er octobre dernier après accord avec ses principaux créanciers qui se sont vu attribuer en échange 45 % des parts du groupe. Mais ses trois principaux concurrents espèrent toujours profiter de ces difficultés pour mettre la main sur l’essentiel de ses actifs. Ce qui inquiète les 8 000 salariés qui craignent que cette prise de contrôle entraîne de nombreux licenciements. Pour l’instant la CFDT, la CGT et le comité social et économique du groupe se sont contentés de contester devant le tribunal des activités économiques (ex-tribunal de commerce) le plan de sauvegarde accélérée d’Altice France, étape nécessaire pour mettre en œuvre un accord de restructuration financière. Pas sûr que cela changera grand-chose au sort des employés.