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Brèves

L’actualité en bref

Le Collège de France a annoncé l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines » qui devait avoir lieu les 13 et 14 novembre et était organisé conjointement par la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris. Des chercheurs venus des universités de Londres, Turin, Rome, Madrid, Bruxelles et du CNRS devaient y participer. Cette décision fait suite à un article publié dans Le Point le 7 novembre qui attaquait le colloque comme « un entre-soi palestinien », relayé aussitôt par la très sioniste Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme qui parlait d’une « foire antisioniste » et évoquait le « dévoiement d’une institution prestigieuse ». Ils avaient reçu le soutien du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste. Finalement la direction du Collège de France a capitulé sous la pression. Un bel exemple de liberté académique.

Si, malheureusement, les noyades de migrants sont devenues monnaie courante dans la Manche ou la Méditerranée, on ignore souvent que des drames semblables se produisent aussi à l’autre bout du monde. Sept corps – ceux de six femmes et d’une fillette – ont été récupérés au large des cotes malaisiennes près de la frontière thaïlandaise, après le naufrage, d’un bateau transportant des migrants. Les personnes décédées faisaient partie d’un groupe d’au moins 300 personnes fuyant la Birmanie qui s’étaient réparties entre plusieurs embarcations. Ces migrants appartenaient pour la plupart à la minorité musulmane rohingya opprimée par le régime du fait de ses convictions religieuses. Des pauvres parmi les pauvres à la recherche d’une vie meilleure loin des persécutions.

Emprisonné à la Santé, Nicolas Sarkozy ne mangerait, d’après la presse, que des yaourts et des boites de thon à l’huile, de peur que quelqu’un ait craché dans son plat. Pourrait-il cuisiner lui-même ? Selon un proche, « par principe, il s’y refuse ». On a enfin trouvé le seul principe de ce politicien corrompu ! Le même que celui de la classe qu’il sert, le patronat : vivre du travail des autres.

Trois cents patrons, chefs d’entreprise et représentants de syndicats patronaux ont signé une tribune dans l’hebdomadaire L’Express pour dénoncer la prétendue « folie fiscale » qui pèserait sur leurs épaules. Ils critiquent notamment l’alourdissement de la fiscalité des multinationales et la surtaxe de l’impôt sur les sociétés et estiment que ces mesures les pénalisent face à leurs concurrents américains et chinois. Ils évoquent en outre une « épée de Damoclès » qui les empêcherait d’investir et de recruter. Ce que la CGT a dénoncé comme un « chantage à l’emploi ». Mais pas un mot sur les 210 milliards de subventions publiques (aides directes, allègement de cotisations sociales, primes de toutes sortes) qu’ils reçoivent chaque année. Ils pleurent la bouche pleine dans l’espoir de recevoir toujours plus d’un gouvernement à leur solde.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a signalé un nombre record d’attaques perpétrées par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie. En octobre 2025, 264 attaques ont été recensées, ce qui constitue le bilan mensuel le plus élevé depuis deux décennies. L’an dernier, 1 860 incidents de violence avaient été dénombrés, soit une moyenne de quatre par jour. Ces attaques ont causé plus d’un millier de morts, près de 10 000 blessés et d’importants dégâts matériels, notamment des destructions de maisons, de bâtiments agricoles, de puits, de saccages de récoltes, etc. Les auteurs de ces méfaits ne sont généralement pas inquiétés et souvent l’armée leur prête main-forte. Ces violences se veulent le prélude à l’annexion pure et simple de ce territoire palestinien par l’État sioniste que Netanyahou défend ouvertement dans le silence complice des États du reste du monde.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est dit ouvert à une « suspension » de la suppression de la prime de Noël pour les foyers éligibles sans enfants (bénéficiaires du RSA et chômeurs en fin de droits) qu’il avait annoncée auparavant en ayant le culot d’affirmer qu’à l’égard de ces personnes l’État ne peut plus poursuivre « ses politiques de générosité maximale. » À l’évidence, il confond les précaires et les grandes patrons. Mais il met une condition à cette suspension : trouver ailleurs 210 millions d’euros. Et il a dans le collimateur les classes populaires. Une façon de reprendre d’une main ce qu’il a donné de l’autre.

Emmanuel Macron a conclu sa tournée en Amérique latine par une visite à Mexico. Là il a été question de la restitution par la France de deux « codex », œuvres illustrant l’histoire et la vie dans la civilisation aztèque, dont l’un est conservé à l’Assemblée nationale et l’autre dans les collections de la Bibliothèque nationale de France. Ces manuscrits ont été dérobés alors que le Mexique était une colonie espagnole et se sont retrouvés aux mains de collectionneurs privés qui les ont ensuite monnayés. Mais ces codex ne sont que deux des milliers d’objets d’art pillés par les puissances coloniales (France, Grande-Bretagne, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Portugal…) en Amérique latine, en Afrique et en Asie au cours de leur domination et dont les ex-peuples colonisés demandent la restitution. Un juste retour des choses…

À l’incitation du président Recep Tayyip Erdoğan, le parquet général d’Istanbul a lancé des mandats d’arrêt contre 37 dirigeants israéliens dont Benyamin Netanyahou, les ministres Israël Katz et Itamar Ben-Gvir, le chef d’état-major, Eyal Zamir, etc. Ils sont accusés de « génocide et de crimes contre l’humanité perpétrés de manière systématique par l’État israélien à Gaza ». Mais l’action et l’indignation de la justice turque paraîtraient plus crédibles et dignes de considération si, depuis des années, les magistrats turcs n’avaient pas laissé les mains libres à Erdoğan pour commettre des exactions sans nombre contre le peuple kurde (40 000 morts), qui représente 20 % de la population de son pays. En outre le système judiciaire est depuis longtemps utilisé par Erdoğan pour réduire au silence ses rivaux politiques, poursuivre et emprisonner des journalistes, des juges et des maires, comme celui d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, en prison depuis mars. En outre il a destitué nombre de maires kurdes pour les remplacer par des administrateurs à sa solde. Dans un communiqué, le Hamas a salué la décision du parquet général stambouliote. C’est bien le seul…

Au Congrès de Washington, représentants démocrates et républicains ne parviennent toujours pas à se mettre d’accord sur un budget, ce qui a conduit à l’arrêt des financements publics de nombre d’activités, ce qu’on appelle la paralysie budgétaire ou « shutdown ». Des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont déjà été mis au chômage technique et des contrôleurs aériens ont cessé le travail faute d’être payés. Mais l’une des conséquences les plus dramatiques de cette situation est que les aides alimentaires publiques dont bénéficient plus de 42 millions de personnes sont désormais menacées. Selon le ministère de l’Agriculture, qui administre ces aides, un résident américain sur huit bénéficiait en 2023 – date du dernier recensement – d’une moyenne de 187 dollars (162 euros) de chèques alimentation par mois et par personne. Parmi les récipiendaires, 39 % étaient des enfants et des adolescents de moins de 18 ans. Mais de cela les politiciens s’en moquent.