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Brèves

L’actualité en bref

Le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que la suppression de deux jours fériés ne figurera pas dans le budget qu’il prépare pour 2026. La mobilisation du 10 septembre a pesé, le gouvernement craignant une extension de la colère sociale, surtout lors de la journée de grève du 18 septembre. C’est un encouragement à poursuivre la lutte contre Macron et les patrons, car restent à combattre de nombreuses autres attaques, comme le doublement des franchises médicales, la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires et le gel des retraites !

Après avoir refusé un premier puis un second accord d’entreprise, ce sont quelque 3200 ouvriers de la branche armement de Boeing, dans Le Missouri et l’Illinois, qui ont déclenché une grève le 4 août pour imposer de réelles améliorations de salaire et de conditions de vie. Si l’entreprise a d’abord minimisé le poids de la grève, puis commencé à embaucher des travailleurs pour remplacer les grévistes, elle est revenue vers l’IAM, le syndicat à la tête du mouvement, avec une troisième proposition. Elle qui prétendait que sa seconde offre serait la dernière, la voilà qui cède un peu aux grévistes. Mais ces derniers ne sont pas dupes : la nouvelle offre ne propose pas grand-chose de plus que la précédente, elle-même à peine meilleure que la première. Les travailleurs l’ont rejetée et la grève continue.

Quelque 110 000 manifestants (selon la police) ont participé samedi dans le centre de Londres à une marche organisée par le militant d’extrême droite Tommy Robinson, leader de la Ligue de défense anglaise, une organisation qui, depuis des années, multiplie les provocations contre les migrants en général et les musulmans en particulier. Ce sont notamment ses militants qui sont à l’origine, un peu partout dans le pays, de manifestations parfois violentes devant les hôtels abritant les migrants et leurs familles. Parmi les invités étrangers conviés à l’évènement se trouvaient Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, et aussi… Éric Zemmour. Facho un jour, facho toujours. Une contre-manifestation appelée à l’initiative de l’organisation anti-raciste « Debout contre le racisme UK » a ressemblé 5 000 personnes. Quant à la politique sociale et économique menée par le gouvernement travailliste, elle pousse une part croissante de la population modeste dans les bras de l’extrême droite.

Le premier ministre désigné, Sébastien Lecornu, n’a pas encore formé son gouvernement qu’il se lance déjà dans les promesses. La dernière en date : régler la question des déserts médicaux d’ici 2027 en créant 5 000 maisons « Santé France » accessibles à tous et toutes en moins de 30 minutes sur l’ensemble du pays. Elles fonctionneront uniquement avec des médecins volontaires. Et quid de leur financement ? De cela pas un mot. On verra ça dans le prochain budget de la Sécu. D’ici là on est supposé le croire sur parole. Mais pour cela il faudrait être naïf ou idiot.

C’est devenu viral au point que l’Agence nationale du médicament a dû intervenir et sonner l’alarme. En effet, se multiplient sur les réseaux sociaux et les sites de vente en ligne les publicités pour des médicaments anti-obésité qui sont souvent des contrefaçons parfois toxiques et aux effets secondaires désastreux. C’est pourquoi l’agence a engagé des poursuites judiciaires pour mettre fin à la vente illégale de ces produits. Elle rappelle en outre que les médicaments indiqués dans le traitement du diabète ou de l’obésité, commercialisés sous les noms d’Ozempic ou Wegovy, Saxenda ou Victoza, Trulicity ou Mounjaro, sont obligatoirement prescrits sur ordonnance et ne peuvent être dispensés qu’en pharmacie. Ce qui n’empêche pas les charlatans de prospérer sur le net en mettant an danger la vie de celles et ceux qui s’y laissent prendre. Business is business et au diable la santé.

Il y a quelques jours, Bruno Retailleau pondait une note dans laquelle il affirmait que les journalistes couvrant des manifestations violentes ne pourraient se prévaloir de leur qualité professionnelle pour échapper aux interpellations, voire au matraquage des forces de l’ordre. Cela avait provoqué la colère et l’indignation des syndicats de journalistes et de la Ligue des droits de l’homme qui avaient saisi le Conseil d’État. Sans attendre la décision de ce dernier, le ministre sortant de l’Intérieur a décidé de retirer la référence aux journalistes de sa note. Une petite victoire, mais qui ne garantira pas automatiquement la sécurité des journalistes couvrant les violences urbaines.

L’agence de notation financière Fitch vient d’abaisser la note de la France de AA– à A+, ce qui risque d’entrainer une hausse des taux auxquels le pays peut emprunter sur les marchés internationaux. Aussitôt, l’ensemble de la classe politique de se lamenter depuis Bayrou qui dénonce « un pays que ses “élites” conduisent à refuser la vérité est condamné à en payer le prix » jusqu’à Éric Coquerel, président LFI de la commission des finances de l’Assemblée nationale qui voit dans cette dégradation le résultat de « deux mois [d’]un discours catastrophiste sur la situation financière du pays ». Mais personne ne dénonce le rôle de ces agences, étroitement liées à la finance internationale, et dont les jugements sont généralement utilisés par les dirigeants politiques pour justifier les sacrifices qu’ils imposent à leur population au nom d’une pseudo-orthodoxie financière. On l’a vu dans le passé en Grèce et on le voit ici aujourd’hui. Mais jamais, au grand jamais, des agences comme Fitch, Moody’s ou Standard & Poor’s n’ont suggéré de taxer les ultra-riches pour améliorer la situation. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’elles sont à leur service.

Le Secours populaire alerte sur la précarité croissante que connaît le pays. Selon son dernier baromètre, 31 % des personnes interrogées rencontrent des difficultés à se nourrir correctement, avec trois repas par jour. Cette situation touche tous les aspects de la vie, selon Henriette Steinberg, la secrétaire générale de l’association. 39 % ont du mal à payer leurs factures d’électricité, 49 % ne peuvent pas partir en vacances au moins une fois par an et 20 % se considèrent en situation de précarité. La situation s’est détériorée depuis 15 ans, avec une stabilisation récente mais elle reste très préoccupante. Ce qui suscite une colère légitime dans les classes populaires mais une grande indifférence chez ceux qui nous gouvernent. Un mouvement social d’envergure pourrait les réveiller et remettre les pendules à l’heure.

L’homme d’affaires franco-libanais Rodolphe Saadé, qui a fait fortune dans le trafic de porte-containers dont son groupe CGA-CGM est le troisième armateur mondial, vient de mettre la main sur le média en ligne Brut. Avec cette acquisition par sa filiale CMA Media, il renforce sa position dans le secteur de la presse. Le groupe possédait déjà la chaîne BFMTV, la radio RMC et les journaux La Tribune, La Tribune dimanche, La Provence et Corse Matin. Le multimilliardaire dirige désormais un groupe médiatique tentaculaire, au même titre que ses concurrents et collègues Bernard Arnault et Vincent Bolloré, tous au service des idées réactionnaires. La liberté de la presse est mal barrée.