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Brèves

L’actualité en bref

Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’Alliance climatique et sociale, qui regroupe les ONG Greenpeace, Oxfam, les syndicats CGT Éducation et Snes-FSU, réclame un plan de rénovation des établissements scolaires de cinq milliards d’euros par an pendant dix ans. Froid glacial en hiver, fournaise en été, pluie qui goutte du plafond… 20 à 30 % des bâtiments scolaires sont « vétustes » et « inadaptés » aux événements climatiques extrêmes comme les orages violents qui ont perturbé la rentrée, ou les canicules de cet été qui ont vu fermer 2 000 établissements début juillet, note le texte. Il demande aussi la création d’un observatoire du bâti scolaire pour dresser un constat « établissement par établissement », et un protocole « clair et à la hauteur » à appliquer lors de canicules ou autres événements climatiques. Le gouvernement avait lancé en 2023 un plan de rénovation énergétique du bâti scolaire, « EduRenov », qui devait permettre de financer deux milliards d’euros de travaux d’ici 2027 dans 10 000 établissements. En fait seuls 3 000 établissements ont été rénovés en deux ans – sur plus de 58 000 au total – et pour des travaux qui sont parfois très partiels. Ce qui est notoirement insuffisant. Comme disait le vieux slogan toujours d’actualité : « De l’argent pour l’école, pas pour les monopoles ».

Un homme de 31 ans a été interpellé et mis en examen pour « meurtre sur conjoint » après que sa campagne a été retrouvée inconsciente au domicile conjugal à Billère, dans la banlieue de Pau. Admise à l’hôpital pour blessures à la tête, elle est décédée deux jours plus tard. Le suspect présente des antécédents judiciaires pour violences conjugales et violences aggravées. Depuis le début de l’année 2025 une soixantaine de féminicides par conjoint ou ex-conjoint ont été dénombrés, soit un tous les quatre jours en moyenne.

Sur plusieurs étapes de la Vuelta, des drapeaux palestiniens ont flotté et des banderoles ont exigé l’arrêt du massacre à Gaza. Les manifestants ont pointé du doigt l’équipe cycliste Israel-Premier Tech, véritable outil de propagande du régime israélien, financée par un milliardaire sioniste et intégrée dans la machine de « sportwashing » qui tente de repeindre en rose les crimes d’occupation et d’apartheid de l’État d’Israël. Une hypocrisie d’autant plus flagrante que l’Union cycliste internationale (UCI) a exclu toutes les équipes russes après l’invasion de l’Ukraine, mais continue d’ouvrir grand la porte à une équipe qui sert directement d’ambassadrice au colonialisme israélien. Loin de l’image aseptisée que cherchent à vendre les organisateurs, le peloton a traversé une contestation populaire qui rappelle que la Palestine est une lutte internationale. Dans les rues comme sur les routes, un message clair : tant qu’Israël bombarde, nous ne fermerons pas les yeux.

C’est une rengaine que nous ressassent ad nauseum Macron, Bayrou, le ministre de l’Économie, Éric Lombard et les grands patrons. Il ne serait pas possible de taxer les plus riches car cela les ferait fuir et cet exil fiscal appauvrirait durablement le pays. Eh bien tout cela est du pipeau. Ce ne sont pas seulement d’affreux gauchistes qui l’affirment mais le Conseil d’analyse économique, un organisme officiel rattaché… à Matignon. Il vient de publier une étude qui affirme qu’une hausse d’imposition sur les revenus du capital des 1 % les plus riches n’entrainerait qu’une augmentation comprise entre 0,02 et 0,23 % des exils fiscaux des hauts patrimoines, soit entre 90 et 900 foyers sur trois à quatre cent mille concernés. On est loin d’une hémorragie mortelle. Mais pour nos gouvernants, tout est bon pour épargner les plus riches et faire payer les pauvres.

La Commission européenne s’est engagée à examiner une pétition exigeant que toutes les femmes du Vieux Continent aiment accès à des avortements « sûrs ». Cette pétition est une « initiative citoyenne », un dispositif qui contraint l’exécutif européen à se saisir d’un dossier s’il a recueilli en soutien plus d’un million de signatures provenant de citoyennes et de citoyens d’au moins sept États membres de l’Union. Dans des pays comme la Hongrie ou la Pologne, faire reconnaitre le droit à l’IVG est un combat semé d’embûches. En Pologne par exemple, qui applique une législation des plus restrictives en la matière, seules 896 IVG ont été pratiquées l’an dernier alors que le pays compte plus de 38 millions d’habitants contre 245 000 pour 68 millions d’habitants en France.

Le tribunal judiciaire de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, examine l’affaire qui oppose Timothée Esprit à son patron Toray-CFE, premier producteur mondial de la fibre carbone. Ce dernier tente, depuis des mois, de licencier Esprit, un dirigeant local de la CGT qui travaillait sur un des sites de l’entreprise situé à Abidos près de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques. En mars dernier la cour d’appel avait annulé un premier licenciement du syndicaliste coupable, aux yeux de son patron, d’avoir posté sur son compte personnel Facebook, une photo du Front populaire de libération de la Palestine. Cette fois la direction lui reproche d’avoir rendu visite à plusieurs reprises au militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah alors qu’il était incarcéré à la prison de Lannemezan. L’inspection du travail a refusé ce nouveau licenciement. Toray-CFE a donc saisi le ministère du Travail pour obtenir gain de cause en accusant Esprit de s’acoquiner avec des « terroristes ». Plusieurs manifestations et débrayages de solidarité ont été organisés ces dernières semaines, notamment par la CGT et des collectifs de soutien à la Palestine.

C’est Le Canard enchaîné qui a levé le lièvre. L’université d’été du Medef, rebaptisée
« Rencontre des entrepreneurs de France 2025 », qui s’est tenue fin août au stade Roland-Garros à Paris, a été financée pour plus de 250 000 euros par de l’argent public. Une quinzaine de ministères, d’établissements publics et de régions ont sorti leurs carnets de chèques pour sponsoriser l’évènement. Ils sont désignés sur les plaquettes publicitaires du Medef comme « partenaires ». Parmi ces derniers le ministère du Travail, la Caisse des dépôts, l’Association pour l’emploi des cadres, la Banque publique d’investissement, France Travail, l’Urssaf, etc. Entre le grand patronat et la haute fonction publique tout baigne…

Selon une enquête du syndicat d’enseignants Snes-FSU, près de trois quarts des collèges et des lycées (73 %) ont une équipe incomplète. Les manques touchent surtout les enseignants, mais aussi d’autres postes indispensables. Concrètement, il y a un déficit d’au moins un enseignant dans 55 % des établissements, ce qui « représente en moyenne un professeur manquant dans chaque collège et lycée publics », indique l’étude. Mais les absences sont aussi ailleurs : il manque au moins un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) dans 12 % des établissements, un psychologue de l’Éducation nationale dans 13,2 %, un conseiller principal d’éducation dans 8,8 % et un assistant d’éducation dans 11,1 %. « Ce chiffre est révélateur de la pénurie de personnels, quel que soit leur métier. À l’heure où la jeunesse va mal, qu’elle grandit dans un monde où la complexité croissante, où elle a besoin de plus d’adultes, le manque de personnels d’enseignement, AESH, d’éducation ou d’orientation est désastreux », conclut le syndicat. Ces chiffres balaient les affirmations optimistes de la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, qui affirmait que des professeurs étaient présents dans pratiquement toutes les classes du premier et second degrés. Un gros mensonge de plus…

Jeudi 4 septembre, une intersyndicale et les travailleurs réunis en assemblée générale appelaient à une marche citoyenne rassemblant ouvriers de l’usine placée en redressement judiciaire le 11 août dernier, leurs familles, des soutiens d’organisations politiques et syndicales jusqu’à des syndicats luxembourgeois, ainsi qu’une poignée d’élus dépêchés sur place. Les pancartes dessinées par les ouvriers parlaient d’elles-mêmes : critique de l’État qui abandonne cette usine et ses 450 employés, de Greybull, le repreneur vite carapaté, la dénonciation des licenciements, des fonds vautours… Tous étaient rassemblés autour d’une même revendication : la reprise de l’usine et la garantie de l’emploi. Nous leur adressons tout notre soutien en luttant pour l’interdiction des licenciements, à NovAsco comme dans toutes les boîtes menacées de PSE !