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Brèves

L’actualité en bref

Le baromètre YouGov, réalisé pour Le HuffPost du 20 septembre au 2 octobre, montre que tant le président de la République que son Premier ministre ont au plus bas dans les sondages. Macron recueille 16 % d’opinions favorables et Lecornu fait à peine mieux avec 17 %. Pour le dire autrement, l’immense majorité de la population ne leur fait pas confiance. Ce ne sont évidemment pas de mauvais sondages qui les feront partir. Ils sont cependant une indication du ras-le-bol généralisé dans le pays à l’égard des gouvernants. Mais pour les dégager, eux et les capitalistes dont ils sont les serviteurs, il faudra que la classe ouvrière prenne les choses en main et entre en lutte.

L’arraisonnement par la marine israélienne de la seconde flottille humanitaire et l’emprisonnement des 400 militants pro-palestiniens qui se trouvaient à bord ne découragent par le Comité international pour la rupture du blocus de Gaza. Il vient d’annoncer que deux navires supplémentaires, le Ghassan Kanafani et l’Al-Awda, ont rejoint neuf autres bateaux de la nouvelle flottille. Ce qui porte à onze le nombre de navires, avec à leurs bords 170 personnes. Après avoir dépassé la Crête les bateaux se trouvent au large des côtes égyptiennes. Et les humanitaires ont bien l’intention d’aller jusqu’au bout malgré les menaces des autorités israéliennes.

Ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation dans le gouvernement Bayrou, François Rebsamen a fait savoir qu’il refuserait de participer à un gouvernement Lecornu. Et d’expliquer : « Mes convictions d’homme de gauche, progressiste, mon attachement à la justice fiscale et sociale, à la réduction des inégalités et ma conception de la décentralisation m’ont conduit à faire ce choix. » Ses idées d’homme de gauche ne l’avaient pas empêché d’accepter la réforme des retraites, les coupes claires dans le budget social, la suppression de deux jours fériés, le durcissement des législations contre les migrants et de cohabiter sans état d’âme avec les Retailleau et autres Darmanin. Avec une telle gauche qui a besoin de la droite ?

Le groupe Hachette Livre, propriétaire depuis 2023 du milliardaire breton d’extrême droite et chrétien traditionaliste Vincent Bolloré, vient d’annoncer son acquisition de la marque Le Routard qui, outre le célèbre guide touristique, propose aussi des livres et des hors séries autour du voyage. Depuis sa création, plus de 55 millions d’exemplaires du Guide ont été vendus, avec une moyenne de 2,5 millions d’exemplaires par an. Il figure dans le top 20 des livres les plus vendus dans le monde. Ne doutons pas que Bolloré imposera sa marque sur les prochaines éditions de l’ouvrage qui risque de devenir « Le Guide du pélerin ».

Le FSU-Snuipp, premier syndicat d’enseignants en maternelle et élémentaire, a proposé de changer le nom des vacances de la Toussaint et de Noël lors du dernier Conseil supérieur de l’éducation. Il estime que les noms de ces vacances « n’ont pas leur place sur le calendrier de l’école républicaine ». À la place il proposait de rebaptiser ces deux périodes de congés scolaires en parlant de vacances « d’automne » et « de fin d’année ». À l’exemple de ce qui s’est fait en 1974 quand les vacances de Pâques sont devenues « de printemps ». Cette proposition a été votée à 44 voix contre 7 contre à la réunion, où étaient réunis syndicats d’enseignants et étudiants, représentants du personnel, d’élèves et de parents, pour plancher sur le calendrier de l’année scolaire 2026-2027. Ce qui a provoqué des réactions indignées à droite. La très réac Union nationale inter-universitaire (UNI), n’a pas tardé à lancer une pétition « pour la défense des racines chrétiennes dans les vacances scolaires » qui n’a pas fait un tabac. De son côté, la présidente de l’Association de parents de l’enseignement privé sous-contrat a estimé que « la Toussaint et Noël font partie de notre patrimoine national et laïc ». Mais pas l’Aïd musulman ou le Yom Kippour juif ? Finalement le ministère de l’Éducation nationale, qui ne veut pas se braquer la droite, a mis son veto. L’honneur est sauf. La France reste la fille aînée de l’Église. Amen…

L’arraisonnement de la flottille humanitaire Global Sumud, de ses 45 bateaux et de plus de 400 militants pro-palestiniens par la marine de guerre israélienne a provoqué une réaction faux cul d’Emmanuel Macron. Ce dernier a demandé aux autorités israéliennes de « respecter » le droit international concernant la flottille, alors même que son interception était un acte de piraterie caractérisé, une violation flagrante du droit de la mer. Mais de cela, Macron ne souffle mot pour ménager Netanyahou. De leur côté les avocats de 35 Français qui avaient embarqué à bord de la flottille ont annoncé vouloir porter plainte pour « détention arbitraire ». Dans le même temps ils ont dénoncé l’inaction des autorités françaises. Une inaction qui ressemble fort à une complicité.

Plusieurs agents ont été entendus par la police, dont quatre placés en garde à vue, pour l’agression d’une jeune femme de 19 ans en marge d’une manifestation des Gilets jaunes le 8 décembre 2018. Touchée par un tir de LBD, elle était tombée à terre et avait été violemment frappée par une quinzaine de policiers à coup de matraques et à coup de pieds. Les policiers, masqués et vêtus de noir, ne portaient ni matricule ni casque réglementaire. Elle avait eu le crâne fracturé et avait porté plainte. Et il aura fallu sept ans, et deux non-lieux, avant que certains de ses agresseurs soient mis en examen. Pour les couvrir, leur hiérarchie avait fait disparaître les enregistrements audio et vidéo de l’agression. Une pratique courante dans la bien mal nommée « police républicaine ».

Épinglée récemment dans la presse pour ses importantes dépenses en notes de frais (voyages, vêtements de luxe, restaurants, etc.) la maire de Paris, Anne Hidalgo, vient de riposter en rendant publiques les notes de frais des 20 maires de d’arrondissements, et notamment ceux de l’opposition. Et ce n’est pas triste. Ainsi, Libération, qui a eu accès à ces documents, cite parmi les justificatifs apportés par les élus : « Repas dans les grandes tables parisiennes, apéritifs au champagne, dépenses en chocolats, mais aussi caisses de champagne, menus enfant, bougies anti odeurs de tabac et livres. » Sans oublier des « sommes folles » dans l’achat de vêtements durant ces quatre années. En résumé, les maires, de droite comme de gauche, utilisent leurs indemnités d’élu pour des choses qui n’ont pas grand-chose à voir avec leurs mandats. Un vrai panier de crabes…

C’est le quotidien américain The New York Times qui a levé le lièvre. Depuis plusieurs mois, un nouveau concept de travail chamboule le secteur de la haute technologique de la Silicon Valley, en Californie. Il est désigné par trois chiffres « 996 » qui signifie travailler de 9 heures du matin à 9 heures sur soir six jours par semaine, soit 72 heures hebdomadaires. Ce rythme de travail a été popularisé dans les années 2010 par des entreprises chinoises comme Alibaba, Huawei et ByteDance. Ce qui a entraîné plusieurs décès de salariés et l’interdiction par la Cour populaire suprême chinoise de cette pratique… qui pourtant se poursuit et gagne les États-Unis. Comme l’explique Adrian Kinnersley, un entrepreneur, à Wired, un média spécialisé dans les nouvelles technologies : « Nous avons plusieurs clients pour qui l’une des conditions pour sélectionner des candidats avant un entretien est de savoir s’ils sont prêts à travailler en 996. » Les patrons de plusieurs start-ups interviewés par ce même média ont également confirmé qu’une partie de leurs employés travaillaient désormais à ce rythme, qui est d’ailleurs mentionné dans certaines offres d’emploi. Certains rêvent maintenant d’exporter ce concept de surexploitation en Europe. Mais là, ce n’est pas gagné. Comme l’explique Harry Stebbings, un investisseur en capital-risque travaillant au Royaume-Uni : « Les gens en Europe ont l’air choqués quand on leur demande de travailler le week-end. » Tout comme ils sont révoltés quand on veut leur sucrer des jours fériés. Tous des fainéants on vous dit !