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Brèves

L’actualité en bref

Pratiquement chaque semaine apparaît le nom d’un établissement catholique théâtre de violences, souvent sexuelles, et d’actes de pédophilie. Dernier en date : le collège-lycée Saint-Joseph de Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques. Une enquête pour violences aggravées a été ouverte en juin pour des faits remontant à plusieurs décennies. Un collectif des victimes, créé en mars après les révélations sur des violences physiques et sexuelles dans l’établissement voisin de Notre-Dame de Bétharram, a annoncé qu’au moins quatre anciens élèves avaient déposé plainte pour « tortures, traitements inhumains et dégradants, violences physiques et psychologiques s’étalant sur une période allant de 1965 à 1996 ». Ces révélations en cascade prouvent surtout que l’enseignement catholique sous contrat avec l’État s’est gavé au cours des années de subventions publiques tout en n’étant contrôlé que très épisodiquement par les rectorats. Un hasard ? Non une politique mise en place par une partie de la classe politique cul et chemise avec l’Église (Bayrou en est un bon exemple) et qui a systématiquement privilégié l’enseignement privé catholique aux dépens de l’enseignement public en fermant sciemment les yeux sur ses dérives.

L’association antiraciste SOS Racisme a déposé plainte auprès de la procureure de la République de Paris, contre Matthieu Valet, député européen et porte-parole du Rassemblement national, à la suite d’une enquête de Mediapart. Valet, qui avant de devenir député d’extrême droite était le porte-voix du Syndicat indépendant des commissaires de police, a laissé proliférer sur sa page Facebook de violents commentaires racistes, antisémites et homophobes. Les auteurs de ces textes sont également visés par cette plainte. L’image de respectabilité que veut se donner le Rassemblement national en prend un nouveau coup.

Caroline Grandjean-Paccoud, une institutrice de 42 ans qui dirigeait également l’école primaire de la petite commune cantalienne de Moussages, s’est donné la mort en se jetant dans un ravin le jour de la rentrée scolaire, après plusieurs années de harcèlement homophobe. Vivant en couple avec une autre femme avec laquelle elle était mariée, son calvaire avait commencé en 2023 lorsqu’elle avait découvert juste avant Noël un tag « Sale gouine » inscrit sur le préau de son établissement scolaire. Choquée l’enseignante s’était mise en arrêt maladie jusqu’en mars 2024. Lorsqu’elle a repris le travail, un nouveau message lui a été adressé à l’école : « gouine = pédophile », sans oublier des petits mots comme « va crever sale gouine », glissés dans la boîte aux lettres de l’établissement. L’auteur de bandes dessinées Remedieux, qui était un de ses proches, lui avait dédié l’un de ses 14 portraits dans sa BD, Cas d’école, sur ces instituteurs et institutrices ordinaires racontant la crise de la profession. Il a tenu à témoigner par ces mots : « Le corbeau qui l’a abreuvée d’insultes homophobes et de menaces de mort, les villageois et le maire qui ne l’ont pas soutenue, les collègues de son académie aux abonnés absents… Tout cela a contribué à creuser sa tombe. Mais l’Éducation nationale a planté les clous de son cercueil en n’assumant rien, allant jusqu’à porter plainte contre la bande dessinée, imposant à Caroline une audition au commissariat. Comme une coupable. » Une atmosphère homophobe contre laquelle les pouvoirs publics, et en premier lieu l’Éducation nationale, ne luttent que mollement, voire pas du tout.

Trois associations, la Cimade, le Secours catholique-Caritas France et la Fédération des centres sociaux et socioculturels ont déposé un recours en référé devant le tribunal administratif contre l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Ils souhaitent obtenir la suspension du dispositif de formation linguistique en ligne qui conditionne le droit au séjour. En effet, dans sa campagne contre les étrangers en général, et les migrants en particulier, Retailleau a durci par décret le niveau de langue requis pour obtenir une carte de séjour pluriannuelle. Mais dans le même temps il a supprimé les cours de français langue étrangère dispensés par des enseignants et des accompagnants. Désormais les cours, obligatoires pour atteindre le niveau requis, se déroulent derrière un écran, via une plateforme numérique, et les exercices sont dispensés et corrigés par une intelligence artificielle. De là à multiplier les risques d’échec, il n’y a qu’un pas que Retailleau a allègrement franchi. Il n’est plus à une saloperie près.

Jeudi dernier, une équipe de 44 pompiers était déployée à proximité d’un incendie qui avait ravagé plus de 2 000 hectares dans le nord-ouest des États-Unis. Deux d’entre eux, migrants jugés illégaux selon les nouvelles directives édictées par Trump, ont été arrêtés. Les 42 autres pompiers ont été expulsés de la zone d’opération, leur entreprise ayant perdu le contrat de sous-traitance qui l’amenait à intervenir.
Pour que cette politique de pyromane ne réduise pas des forêts ou des villes en cendres, il faudra qu’elle embrase de colère tous les travailleurs.

Douze millions d’écoliers, de collégiens et de lycéens viennent de faire leur rentrée. À cette occasion, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, a reconnu qu’il manquait l’équivalent de 2 500 professeurs dans les différents établissements. Ce chiffre est probablement sous-estimé (comme chaque année) mais elle s’est réjouie du fait que ce nombre était sensiblement équivalent à celui de l’an dernier alors que l’on compte près de 100 000 élèves en moins. Pour boucher les trous, on a fait appel, comme toujours, à des remplaçants formés à la va-vite et payés au lance-pierres. Alors que nombre de classes sont surchargées, la baisse globale des effectifs aurait pu être l’occasion de réduire le nombre d’élèves par classe en assurant ainsi un enseignement dans de meilleures conditions. Mais de cela, il n’en est toujours pas question.

Bayrou n’est pas encore parti qu’Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, annonce déjà qu’il était prêt à prendre sa place en nommant des ministres socialistes, écologistes et socialistes mais pas d’Insoumis. Ce qui a fait dire à Mélenchon : « Nous ne soutiendrons aucun autre parti que le nôtre, est-ce que c’est clair ? » Si cela ne l’était pas suffisamment, la cheffe des députés insoumis à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a enfoncé le clou sur France 2 en assurant que ses troupes « n’accorderaient pas de confiance à un gouvernement qui ne porte pas le programme de rupture sur lequel les socialistes ont été élus ». Ces petits jeux politiciens occupent la gauche parlementaire mais n’ont pas grand-chose à voir avec la défense des classes populaires. Car celle-ci ne peut être assurée que par la lutte dans les entreprises et dans la rue, pas par des pitreries au Parlement.

À l’initiative de Reporters sans frontières (RSF) 250 médias dans 72 pays, dont une quarantaine en France, participent à une campagne internationale pour dénoncer le sort des journalistes palestiniens systématiquement ciblés et assassinés par l’occupant israélien. « Ensemble, nous dénonçons avec la plus grande fermeté ces meurtres et ces assassinats par l’armée israélienne dans la bande de Gaza », peut-on lire dans le communiqué de plusieurs médias français. RSF a décompté plus de 210 journalistes tués depuis le début des opérations militaires israéliennes. Le but de cette campagne, a expliqué Thibaut Bruttin, directeur général de l’ONG, est aussi de mettre fin « à la campagne de dénigrement opéré par les forces armées israéliennes contre les journalistes palestiniens, accusés de terrorisme avec des preuves invérifiables ». Enfin les médias français signataires du texte demandent au gouvernement « de faire pression sur le gouvernement israélien afin de faire cesser les crimes de l’armée israélienne contre les journalistes palestiniens ». On peut toujours rêver. Car depuis le début du conflit, Paris s’est toujours refusé à prendre une quelconque mesure concrète contre le génocidaire Netanyahou, se contentant de protestations platoniques. Et il n’y a pas de raison que cela change.

Après une semaine de grève contre des projets de réorganisation interne, les syndicats de Radio France (CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et Unsa) ont annoncé la fin du mouvement après avoir obtenu satisfaction sur plusieurs points, notamment l’engagement de la direction de ne pas réduire les moyens des chaînes en cours de saison, plus de temps attribué aux enquêtes, le reclassement en CDI des salariés de la radio Mouv’ qui passe en tout numérique, l’ouverture de discussions sur la réorganisation du réseau d’Ici (ex-France Bleu). Ce mouvement a contraint la PDG de Radio France, Sibyle Veil, à ouvrir des négociations, ce qu’elle se refusait à faire jusqu’à présent. Un premier pas, mais les questions essentielles (salaires, conditions de travail, avenir des stations, statut du personnel, etc.) demeurent.