La banque Ayandeh (« avenir » en persan), l’un des plus importants établissements bancaires privés du pays, a été déclarée en faillite. Cette banque a pignon sur rue grâce à son réseau de 270 agences à travers le pays, dont 150 à Téhéran, la capitale, et est à l’origine de projets fastueux, à l’image de l’immense complexe commercial Iran Mall à Téhéran, qui se présente comme le plus grand au monde et dispose notamment d’une patinoire et de cinémas. Aussitôt l’État est venu à son secours en en faisant prendre le contrôle par la banque publique Melli (« nationale » en persan) qui a promis de sécuriser les avoirs des déposants en reprenant à son compte les dettes et les découverts d’Ayandeh. Tant que cette dernière faisait des bénéfices, ils aboutissaient dans la poche des actionnaires. Ce ne sont pourtant pas ces derniers qui épongent les dettes, mais la puissance publique. « Privatiser les bénéfices, socialiser les pertes » est une pratique presque aussi vieille que le capitalisme lui-même. Y compris chez les ayatollahs.