
Ce mardi 19 mai, les députés devraient voter la Loi de programmation militaire et sa rallonge de 36 milliards d’euros pour le budget de l’armée. Celui-ci est porté à 436 milliards pour la période 2024-2030. Des sommes qui, loin de nous garantir quelque protection que ce soit, alimentent une course mondiale aux armements et participent à la menace qu’éclate dans un horizon pas si lointain une guerre d’envergure.
Dormez tranquilles, l’armée française pille
Ces milliards n’attendront pas la troisième guerre mondiale pour servir, comme l’illustrent en ce moment les ronds dans l’eau du porte-avions Charles de Gaulle en appui de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Ces engagements protègent le pillage des pays pauvres par les pays riches. Ils défendent les intérêts des grandes entreprises françaises, leurs actionnaires, leurs profits, mais pas nos salaires ni nos emplois ! Et servent de prétexte aux coupes budgétaires redoublées pour les écoles ou les hôpitaux !
Vivre dans un pays allié de Trump, ça coûte cher
Trump fait payer au monde entier ses sales guerres au Moyen-Orient. Par sa faute, de plus en plus de pays sont confrontés aux pénuries d’électricité, le pétrole et le gaz nécessaires à leurs centrales étant bloqués dans le détroit d’Ormuz. Le blocage de 35 % des engrais de la planète promet des pénuries alimentaires à l’issue des récoltes forcément amoindries de la saison.
Les patrons licencient déjà à tour de bras, et il est bien certain qu’ils vont prétexter du blocage du détroit d’Ormuz pour continuer, même si ce n’est pas encore comme au Bengladesh où les usines ferment et jettent les ouvriers à la rue faute de courant pour alimenter les machines. Mais, depuis un mois, ce n’est plus seulement le carburant qui grimpe. C’est aussi le panier de course hebdomadaire.
Une vraie augmentation, c’est 400 euros mensuels et pas un Smic en dessous de 2000 euros net !
Le ministre du Travail, Farandou, a annoncé une hausse du Smic au 1er juillet : 2,4 %, 44 euros brut de plus par mois. Sans gêne, cet ancien PDG désormais payé « seulement » 7,5 Smic juge la hausse « substantielle » ! Une vraie augmentation, c’est ce qui nous permettrait d’en finir avec les découverts, le rationnement dans les rayons du supermarché ou l’auto-interdiction de sortir le week-end.
Il manque au moins 400 euros par mois à tous les salaires, pas juste au Smic. Mais les réactions hostiles à la hausse du Smic sont significatives. Elles émanent des ennemis du monde du travail. Le Rassemblement national explique par exemple que si le Smic augmente, il va finir par rattraper les autres salaires. Sauf que si aucun salaire n’augmente, c’est tout le monde qui va être rattrapé… par la misère !
Pas d’autre choix que lutter
Tout comme d’autres à droite, le RN plaide pour augmenter la part du salaire net dans le brut. Manière de dire qu’on pourrait régler le problème sans faire payer les patrons. C’est oublier un peu vite que la différence entre le salaire net et le salaire brut, c’est nos retraites, l’assurance-maladie, etc. : tout l’argent grâce auquel on ne crève pas de faim quand on est trop âgé ou trop malade pour travailler… ou tout simplement jeté au chômage.
Il n’y a pas d’« argent magique » ? C’est sûr ! Tout l’argent des capitalistes, c’est nous qui le créons ! Les prestidigitateurs, ce sont les PDG, les gouvernements à leur service, tous ligués pour nous faire croire que cet argent revient de droit aux actionnaires.
Voilà pourquoi il n’y a pas à leur quémander un « coup de pouce », mais à revendiquer notre dû. Voilà pourquoi il ne sert à rien d’attendre 2027 et qu’une nouvelle équipe, prenant le relais des macronistes, nous prêche à son tour patience et frugalité. Et si les directions syndicales confédérales refusent d’engager le bras de fer dès maintenant, rien ne nous empêche d’organiser, à la base, une lutte qui s’étende partout où les bas salaires sévissent… c’est-à-dire partout !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 18 mai 2026