Nos vies valent plus que leurs profits

Construire la riposte face à une extrême droite, qu’elle se nomme Bolloré ou Bardella, avide de détruire des libertés déjà bien bafouées

La pétition « Zapper Bolloré » contre la concentration de plus en plus grande de tous les médias dans les mains du milliardaire d’extrême droite a recueilli plusieurs milliers de signatures de professionnels du spectacle. Depuis, le président de Canal+, Maxime Saada, aux ordres de son patron Bolloré, a annoncé sa volonté de censurer tous les signataires, s’attirant une nouvelle salve de protestations.

Les milliardaires fachos à l’assaut des médias

Depuis plusieurs années, les milliardaires fachos rachètent maisons d’édition, chaînes de télé, titres de presse, sociétés de cinéma, auxquels ils imposent peu à peu leur ligne éditoriale haineuse. On comprend donc que les journalistes, écrivains, producteurs et artistes s’inquiètent de voir bridée la liberté d’expression et ils ont raison d’utiliser leur notoriété pour que leur protestation soit entendue.

Mais ce n’est pas d’hier que la liberté d’expression est bafouée ! La première censure, c’est le fric ! Sur quelle chaîne dénonce-t-on les sanctions contre tous ceux qui osent protester dans leur entreprise contre les liens de leur boîte et les exportations illégales d’armes vers Israël ? Ou contre ceux qui ont tout simplement donné publiquement leur opinion sur la politique de leur patron, les conditions de travail dans les ateliers ou les bureaux ? Où a-t-on vu relayées aux heures de grande diffusion les « protestations » que sont les débrayages, les grèves que nous faisons pour nous faire entendre ? Où sont les chaînes de télé d’information continue sur la situation des classes populaires ? La liberté d’expression appartient à ceux qui ont le fric et qui s’en servent pour défendre leurs intérêts !

La politique de l’extrême droite une fois au pouvoir

La façon dont un Bolloré contrôle les médias, imposant sa ligne éditoriale et ses hommes aux commandes, montre ce dont est capable l’extrême droite une fois qu’elle est aux commandes. Les maires du Rassemblement national ne se sont pas contentés de couper les budgets des associations qui ne leur plaisent pas, ils s’en sont très vite pris aux représentants des travailleurs, ici pour licencier deux militants syndicalistes, là pour tenter d’expulser les bourses du travail !

À la tête d’un pays, ils font bien pire. La politique de Trump n’est que cadeaux assumés aux plus riches, mais chasse à l’homme contre les travailleurs les plus précaires que sont les migrants. La politique barbare de l’État d’Israël de génocide et d’apartheid contre les Palestiniens s’accompagne d’une répression menée par le gouvernement d’extrême droite y compris contre les Israéliens qui protestent ou contre les courageux membres des flottilles pour Gaza, arrêtés en haute mer, humiliés, frappés, blessés, victimes de menaces de mort et de sévices sexuels. L’extrême droite est bien une menace mortelle pour les travailleurs !

Les gouvernants n’ont pas attendu l’extrême droite pour réprimer

Tout cela est donc inquiétant, mais n’est qu’une aggravation brutale d’une politique menée depuis longtemps par des dirigeants des partis de gouvernement, de la droite, du centre ou de cette gauche qui aspire au pouvoir au sein du capitalisme ! La loi Travail, c’était Hollande-Valls. La répression brutale des Gilets jaunes, les matraquages de lycéens en colère, c’était Macron. Les expulsions de travailleurs immigrés, les licenciements abusifs n’ont pas attendu Bolloré. En ce moment même, de nombreux militants sont menacés non seulement de licenciement, mais de sanctions judiciaires.

Le 20 juin prochain, il y aura une manifestation nationale à Paris à l’appel de nombreuses structures syndicales et politiques contre la répression patronale et d’État. Une première occasion de faire face, front ensemble contre tous ceux qui veulent nous ramener « à l’âge de pierre » des libertés fondamentales.

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 25 mai 2026

 

 

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