Nos vies valent plus que leurs profits

La protection de l’enfant largement négligée par les pouvoirs publics

La disparition et le meurtre de Lyhanna, une enfant de 11 ans martyrisée par un pédocriminel qui avait pourtant déjà fait l’objet de nombreux signalements, a jeté une lumière crue sur les failles de la protection de l’enfance dans ce pays. Car ce fait divers horrible survient après les affaires de violences sexuelles et autres au lycée-collège de Bétharram, et dans d’autres établissements de l’enseignement privé catholique, la scandale du périscolaire à Paris et au sein des différentes branches de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et plusieurs affaires du même ordre. Pour les spécialistes du sujet, cet enchaînement dramatique démontre une chose : « Tout le système est défaillant en France », selon les mots d’Adeline Hazan, la présidente de l’Unicef, l’agence de l’ONU pour l’enfance. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le nombre de victimes mineures enregistrées par les forces de l’ordre a bondi de 77 % en dix ans, passant d’environ 150 000 en 2015, à 290 000 en 2025. Sur cette période, la hausse des infractions à caractère sexuel a atteint même 156 %.

Aujourd’hui les responsables politiques – de Macron à Darmanin en passant par Attal, Philippe et Retailleau – affirment que la situation n’est pas acceptable et qu’il faut agir. Sauf que lorsqu’ils étaient aux affaires – et pour certains le sont encore – ils ont laissé les choses se dégrader, notamment en termes de budget consacré à la protection de l’enfance, à l’éducation ou à la justice. Et leurs promesses d’aujourd’hui n’engagent que ceux qui y croient.