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Corée du Sud : la grève chez Samsung ébranle le pays

À l’appel des syndicats, les salariés de Samsung sont appelés à cesser le travail à compter d’aujourd’hui pour une grève de 18 jours pour des augmentations de salaire. On attend qu’au moins 50 000 des 125 000 employés du groupe suivent le mouvement. Avant même d’être effectif, le mouvement a déjà ébranlé le pays. La présidence coréenne a exprimé « ses profonds regrets » après l’échec des négociations entre les syndicats et la direction. Le Premier ministre, Kim Min-seok, a estimé qu’ « un seul jour de débrayage à l’usine de semi-conducteur de Samsung Electronics coûterait jusqu’à 1 000 milliards de wons [environ 574 millions d’euros) de pertes directes ». Quant au ministre du Travail, il a proposé ses bons offices. Il faut dire que, premier employeur du pays, Samsung est un rouage essentiel de sa croissance : l’entreprise génère 12,5 % du PIB et les puces-mémoires, au cœur du développement de l’intelligence artificielle, représentent 35 % des exportations de Séoul. Mais la grève n’aurait pas qu’un impact sur l’économie locale : toute la chaîne d’approvisionnement des géants de la tech s’en trouverait pénalisée, car Samsung est le plus grand fournisseur mondial de puces essentielles aux serveurs de centres de données pour smartphones et véhicules électriques.

Autant dire que les travailleurs sont en position de force pour faire plier le géant électronique qui roule sur l’or. Au premier trimestre 2026, il a multiplié par six son bénéfice net, à 27 milliards d’euros, sa valeur boursière a franchi la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars (861 milliards d’euros) et l’action du groupe a flambé de 400 % en un an.