Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le système de combat aérien du futur (Scaf) est un projet visant à développer un ensemble de systèmes d’armes aériens interconnectés. Il comprend un avion de chasse de nouvelle génération, des drones de combat de différentes tailles et un cloud pour interconnecter tous les éléments du système. Il est censé remplacer le Rafale en France et l’Eurofighter en Allemagne et en Espagne. Il devait entrer l’an prochain dans une phase concrète de réalisation. Mais rien ne va plus entre les industriels censés collaborer à sa réalisation. C’est Dassault qui a ouvert le feu en exigeant de l’avionneur européen Airbus, au sein duquel sont représentés les industriels allemand et espagnol, à être le seul aux manettes pour continuer le projet. Ce que ses partenaires refusent. Cerise sur le gâteau, un projet rival sur le même créneau, le programme global de combat aérien, est mis en avant par le britannique BAE Systems, l’italien Leonardo et le japonais Mitsubishi Heavy Industries. Bref Paris, Berlin, Madrid, Londres et Rome sont tous d’accord pour défendre et renforcer « l’autonomie stratégique du continent européen » mais leurs industriels respectifs exigent que ce soient eux, et eux seuls, qui en profitent aux dépens des autres. Chacun pour soi et la perspective de la guerre pour tous.

Tour à tour, l’Organisation mondiale de la santé, l’Agence européenne du médicament et le régulateur britannique du médicament, la MHRA, sont montés au créneau pour affirmer que le paracétamol pouvait être utilisé sans danger par les femmes enceintes et n’était nullement associé à un risque élevé d’autisme pour les bébés. Ils répondaient ainsi aux affirmations fantaisistes lancées par Trump lors d’une conférence de presse qui, de plus, déconseillait de faire vacciner les bébés contre l’hépatite B. Ce qui a fait hurler les chercheurs et le corps médical. Il y a peu, le président américain et son ministre antivax de la Santé, Robert Kennedy Jr, recommandaient de prendre de l’huile de foie de morue contre la Covid-19. Que de tels charlatans soient à la tête de la première puissance mondiale en dit long sur la décadence d’un capitalisme en crise.

Sur décision de Donald Trump le ministère de l’Agriculture va cesser la publication du rapport annuel sur la sécurité alimentaire des ménages américains, qui pointait une progression inquiétante de la faim dans le pays, année après année. Basé sur un vaste sondage, le rapport évaluait la précarité alimentaire, c’est-à-dire le nombre de foyers qui n’ont pas un accès garanti à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes pour tous leurs membres. D’après la publication la plus récente, cela concernait 13,5 % des foyers en 2023 aux États-Unis, la proportion la plus élevée depuis 2014. Et la situation ne s’est pas améliorée l’an dernier. Mais Trump affirme, sans aucune preuve comme son habitude, que ces chiffres sont faux et biaisés. Comme la réalité ne lui convient pas, il la nie. Pour lui tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes capitalistes. De quoi laisser sur sa faim…

Les journalistes de France 24 ont publié le témoignage à la fois accablant et émouvant de Melika Mohammadi Olya, Iranienne de 20 ans, enfermée depuis près de trois dans un centre de détention à El Paso, aux États-Unis. Elle avait fui l’Iran après avoir participé aux manifestations « Femme, Vie, Liberté » qui ont suivi la mort de Mahsa Amini en septembre 2022. Elle était passée en Turquie et de là avait gagné le Nicaragua avant de remonter jusqu’aux États-Unis. Emprisonnée dès son arrivée, elle a failli, par deux fois, être réexpédiée vers son pays d’origine où elle risque la mort. Dans un récent rapport, Amnesty International a qualifié les conditions du camp d’El Paso d’inhumaines, s’alarmant tout particulièrement de l’hygiène inexistante et de la qualité de la nourriture souvent avariée. Comme Melika, des milliers d’autres demandeurs d’asile (dont son propre père) sont systématiquement emprisonnés et traités comme des criminels.

L’association France Palestine Solidarité vient de porter plainte contre des Franco-Israéliens accusés de se rendre complices de crimes de guerre et contre l’humanité en participant et soutenant la colonisation dans les territoires occupés par Israël. La plainte, déposée lundi contre X au parquet national antiterroriste, compétent en matière de crimes contre l’humanité, identifie au total six personnes qui pourraient être poursuivies. Elle vise plus particulièrement deux colons franco-israéliens et leurs organisations, proches de l’extrême droite israélienne. La plainte s’appuie sur des dispositions du Code pénal français qui répriment en tant que « crimes contre l’humanité » des actes comme « la déportation ou le transfert forcé de population », les « persécutions » ou la « ségrégation », lorsqu’ils sont commis « en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique ». On ne sait pas si cette plainte aboutira, mais elle a au moins le mérite de mettre une fois de plus en lumière la politique d’apartheid menée par l’occupant sioniste à l’encontre de la population palestinienne.

Oxfam France a présenté un plan fiscal composé de 16 mesures visant à générer plus de 100 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour l’État, sans alourdir la fiscalité des 70 % de Français les plus modestes. Ces propositions comprennent notamment la réintroduction de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), avec une surtaxe carbone pour les multimillionnaires et milliardaires détenant des actifs polluants, la suppression des niches fiscales jugées « climaticides » comme celle sur le kérosène, la taxation des bénéfices exceptionnels réalisés par certaines grandes entreprises (énergie, grande distribution, etc.), l’augmentation des taxes sur les gros patrimoines et les revenus financiers, etc. Mais ces propositions, tout comme la taxe Zucman (impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, visant les 0,01 % des contribuables les plus aisés) feraient sans doute un peu plus payer les riches mais ne mettront pas fin à la gabegie capitaliste, à la sur-exploitation, à la misère et à la polarisation de la richesse. Car les capitalistes resteront aux commandes.

Dans une étude devant paraître en octobre dans la revue Environmental Science & Technology, on apprend que, selon la météo du moment, entre 6 et 140 tonnes de pesticides circulent dans le ciel français, contenus dans les nuages. Des substances interdites en Europe sont transportées sur des milliers de kilomètres. Les territoires éloignés des activités humaines y sont aussi exposés, par le biais des précipitations. Un problème mondial donc, car le capitalisme ravage la planète dans sa course aux profits, au prix de notre santé.

Selon Le Monde et le média d’investigation Lighthouse Reports, la police aux frontières (PAF) de Mayotte est responsable de nombreux naufrages de bateaux transportant des migrants venus des autres îles des Comores, provoquant blessures et noyades. Des rescapés témoignent du fait que les vedettes de la PAF entrent volontairement en collision avec les embarcations pour les faire chavirer. En 2019, un jeune homme tombé à l’eau a eu les jambes déchiquetées par les hélices du navire de la police. Il a dû être amputé. À ce jour, l’enquête est au point mort, comme toutes celles ouvertes suite à ces collisions volontaires. À 8 000 kilomètres de l’Hexagone, la police tue et mutile en toute impunité.

Samedi 20 septembre, une marche blanche a rassemblé plus d’un millier de personnes à Poitiers en mémoire d’Inès Mecellem, 25 ans, assassinée par son ex-compagnon le 8 septembre. Elle avait déposé plainte cinq fois en six semaines au commissariat de Poitiers, disant qu’elle avait peur de mourir. Le meurtrier avait été interpellé deux jours avant le meurtre pour avoir proféré des menaces… et aussitôt relâché. Il est toujours en fuite. Sa photo n’a même pas été diffusée pour activer les recherches. La maltraitance que subissent nombre de femmes et le machisme continuent de tuer. Quant à la police, elle protège les riches et le pouvoir, mais pas la vie des femmes. Qu’elle ne s’étonne pas qu’on lui en veuille.