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Brèves

L’actualité en bref

À Madagascar, les délestages d’eau et d’électricité de plusieurs heures sont courants et l’eau potable est loin d’être accessible partout. L’électricité est aussi chère qu’en France, alors que le salaire moyen est de 41 euros par mois. 75 % de la population vit dans la pauvreté tandis qu’une minorité de capitalistes proches du gouvernement ne cesse de s’enrichir. Le 25 septembre, à l’appel du collectif « Gen Z Madagascar », la colère a éclaté. Ni la répression violente (au moins 22 morts), ni les promesses de changement de gouvernement ne l’ont calmée. C’est tout le système d’exploitation et de corruption hérité de la colonisation française qu’il faut renverser.

La Confédération des nationalités indigènes d’Équateur a appelé à la grève fin septembre pour protester contre la fin d’une subvention d’État sur le pétrole. Le mouvement est violemment réprimé. Les organisations de défense des droits de l’homme recensent des arrestations arbitraires dans les communautés indigènes et des violences policières multiples. Un leader indigène a été abattu par des militaires lors d’une opération de blocage d’autoroute. La répression n’a pas éteint le mouvement, qui se dirige désormais contre le président Noboa.

Le journaliste du Monde Luc Bronner a pu entrer dans Gaza-ville, lors d’un déplacement organisé et encadré par l’armée israélienne. Trois heures dans l’horreur d’une « ville anéantie et vidée de sa population ». Il témoigne : « Les destructions paraissent irréelles tant elles sont absolues et systématiques. » Ce qu’il a vu corrobore les estimations de l’ONU : plus des trois-quart des immeubles et des routes sont détruits ou endommagés, 88 % des commerces et des entreprises. 97 % des cultures arboricoles ont été perdues depuis 2023. Les troupeaux d’animaux sont décimés. « Ce qui ne se voit pas dit la disparition de la population palestinienne déplacée de force, sous le feu de l’armée. » Depuis le début de la guerre, plus de 66 000 Palestiniens ont été tués, 170 000 blessés dont beaucoup d’enfants. 800 000 personnes ont dû quitter Gaza-ville pour se réfugier dans des zones insalubres et surpeuplées au sud de l’enclave. Le gouvernement israélien empêche l’aide humanitaire et provoque une famine généralisée. Gaza est désormais invivable. Ce que commet le gouvernement israélien, c’est l’anéantissement d’une ville et la destruction d’un peuple. Mobilisons-nous pour stopper ce génocide !

Le baromètre YouGov, réalisé pour Le HuffPost du 20 septembre au 2 octobre, montre que tant le président de la République que son Premier ministre ont au plus bas dans les sondages. Macron recueille 16 % d’opinions favorables et Lecornu fait à peine mieux avec 17 %. Pour le dire autrement, l’immense majorité de la population ne leur fait pas confiance. Ce ne sont évidemment pas de mauvais sondages qui les feront partir. Ils sont cependant une indication du ras-le-bol généralisé dans le pays à l’égard des gouvernants. Mais pour les dégager, eux et les capitalistes dont ils sont les serviteurs, il faudra que la classe ouvrière prenne les choses en main et entre en lutte.

L’arraisonnement par la marine israélienne de la seconde flottille humanitaire et l’emprisonnement des 400 militants pro-palestiniens qui se trouvaient à bord ne découragent par le Comité international pour la rupture du blocus de Gaza. Il vient d’annoncer que deux navires supplémentaires, le Ghassan Kanafani et l’Al-Awda, ont rejoint neuf autres bateaux de la nouvelle flottille. Ce qui porte à onze le nombre de navires, avec à leurs bords 170 personnes. Après avoir dépassé la Crête les bateaux se trouvent au large des côtes égyptiennes. Et les humanitaires ont bien l’intention d’aller jusqu’au bout malgré les menaces des autorités israéliennes.

Ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation dans le gouvernement Bayrou, François Rebsamen a fait savoir qu’il refuserait de participer à un gouvernement Lecornu. Et d’expliquer : « Mes convictions d’homme de gauche, progressiste, mon attachement à la justice fiscale et sociale, à la réduction des inégalités et ma conception de la décentralisation m’ont conduit à faire ce choix. » Ses idées d’homme de gauche ne l’avaient pas empêché d’accepter la réforme des retraites, les coupes claires dans le budget social, la suppression de deux jours fériés, le durcissement des législations contre les migrants et de cohabiter sans état d’âme avec les Retailleau et autres Darmanin. Avec une telle gauche qui a besoin de la droite ?

Le groupe Hachette Livre, propriétaire depuis 2023 du milliardaire breton d’extrême droite et chrétien traditionaliste Vincent Bolloré, vient d’annoncer son acquisition de la marque Le Routard qui, outre le célèbre guide touristique, propose aussi des livres et des hors séries autour du voyage. Depuis sa création, plus de 55 millions d’exemplaires du Guide ont été vendus, avec une moyenne de 2,5 millions d’exemplaires par an. Il figure dans le top 20 des livres les plus vendus dans le monde. Ne doutons pas que Bolloré imposera sa marque sur les prochaines éditions de l’ouvrage qui risque de devenir « Le Guide du pélerin ».

Le FSU-Snuipp, premier syndicat d’enseignants en maternelle et élémentaire, a proposé de changer le nom des vacances de la Toussaint et de Noël lors du dernier Conseil supérieur de l’éducation. Il estime que les noms de ces vacances « n’ont pas leur place sur le calendrier de l’école républicaine ». À la place il proposait de rebaptiser ces deux périodes de congés scolaires en parlant de vacances « d’automne » et « de fin d’année ». À l’exemple de ce qui s’est fait en 1974 quand les vacances de Pâques sont devenues « de printemps ». Cette proposition a été votée à 44 voix contre 7 contre à la réunion, où étaient réunis syndicats d’enseignants et étudiants, représentants du personnel, d’élèves et de parents, pour plancher sur le calendrier de l’année scolaire 2026-2027. Ce qui a provoqué des réactions indignées à droite. La très réac Union nationale inter-universitaire (UNI), n’a pas tardé à lancer une pétition « pour la défense des racines chrétiennes dans les vacances scolaires » qui n’a pas fait un tabac. De son côté, la présidente de l’Association de parents de l’enseignement privé sous-contrat a estimé que « la Toussaint et Noël font partie de notre patrimoine national et laïc ». Mais pas l’Aïd musulman ou le Yom Kippour juif ? Finalement le ministère de l’Éducation nationale, qui ne veut pas se braquer la droite, a mis son veto. L’honneur est sauf. La France reste la fille aînée de l’Église. Amen…

L’arraisonnement de la flottille humanitaire Global Sumud, de ses 45 bateaux et de plus de 400 militants pro-palestiniens par la marine de guerre israélienne a provoqué une réaction faux cul d’Emmanuel Macron. Ce dernier a demandé aux autorités israéliennes de « respecter » le droit international concernant la flottille, alors même que son interception était un acte de piraterie caractérisé, une violation flagrante du droit de la mer. Mais de cela, Macron ne souffle mot pour ménager Netanyahou. De leur côté les avocats de 35 Français qui avaient embarqué à bord de la flottille ont annoncé vouloir porter plainte pour « détention arbitraire ». Dans le même temps ils ont dénoncé l’inaction des autorités françaises. Une inaction qui ressemble fort à une complicité.