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Brèves

L’actualité en bref

Touchante unanimité. Des pays arabes à l’Union européenne en passant par l’ONU… et Netanyahou, tout le monde a tenu à saluer « le plan de paix pour Gaza » présenté par Donald Trump. Pas un mot sur la situation de colonisation que subissent, depuis 77 ans, non seulement les Gazaouis mais aussi les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem Est, le blocus imposé par Israël sur le territoire depuis 2017, et bien entendu le génocide en cours depuis deux ans. Netanyahou a d’ores et déjà annoncé que, quelle que soit la réponse du Hamas, l’armée israélienne resterait dans la plus grande partie de la bande de Gaza. Quant à la solution politique avancée elle se résume à un « comité technocratique et apolitique » qui comprendra des « Palestiniens qualifiés » et des « experts internationaux » sous la supervision d’un « comité de la paix » présidé et dirigé par Donald Trump et d’autres membres et chefs d’État y siégeront, dont l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Bref l’impérialisme sera aux manettes et les Palestiniens compteront pour du beurre.

Quelques jours après la condamnation de Nicolas Sarkozy, le maire de Nice, Christian Estrosi (Horizons), a décidé de rebaptiser un bâtiment public de la ville en l’honneur de l’ancien président de la République. Il explique : « J’ai décidé de donner le nom de Nicolas Sarkozy au futur parvis de notre Hôtel des polices municipales et nationales pour son action déterminante d’abord comme ministre de l’Intérieur puis comme président de la République, en faisant de la sécurité une priorité nationale. » Certains soulignent la proximité de longue date entre les deux hommes pour expliquer ce geste. D’autres pointent un point commun entre eux : leurs ennuis judiciaires. En effet, Estrosi et son épouse sont poursuivis dans plusieurs affaires pour notamment détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et faux en écriture publique. Deux copains et deux coquins.

Selon une étude réalisée par l’institut de sondage et de recherche CSA, pour le compte de l’association caritative catholique Les Petits Frères des Pauvres, 750 000 personnes âgées ne rencontrent jamais personne, ou quasiment jamais personne, et sont dans une situation de « mort sociale ». Le nombre de ces personnes – qui représentent 4 % des 18 millions des plus de 60 ans – a augmenté de 150 % en huit ans. De plus, deux millions de seniors, sans être dans une situation aussi dramatique, se sentent isolés des cercles familiaux et amicaux, un nombre qui a plus que doublé (+ 120 %) depuis 2017, selon l’étude. Le vieillissement de la population explique cette explosion, ainsi que la rupture des liens sociaux pendant la crise du Covid : les plus fragiles n’ont jamais retrouvé leurs habitudes d’avant. Mais cette situation est aussi symptomatique d’une société où l’égoïsme règne et qui n’a que dédain pour les plus pauvres… et les plus âgés.

Six membres d’un groupe d’ultra-droite, qui s’intitulait Action des forces opérationnelles, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans d’emprisonnement ferme pour avoir fomenté des actes visant la communauté musulmane. Ces six avaient tenu des réunions préparatoires en vue de « l’affrontement avec la communauté musulmane ». Ils ont donc été reconnus coupables d’« association de malfaiteurs terroriste ». Mais attention, aucun d’entre eux ne se retrouvera derrière les barreaux. Les juges ont décidé qu’ils purgeraient leur peine à domicile sous bracelet électronique. La justice sait se montrer clémente envers certains ! Rappelons qu’entre janvier et mai 2025 les actes anti-musulmans ont bondi de 75 % par rapport à la même période de 2024.

Un homme de 67 ans, portant une kippa et qui sortait de chez lui, a été roué de coups par son agresseur qui l’a insulté après lui avoir lancé : « Sale Juif, je vais te tuer. » La victime a été brièvement hospitalisée avant de porter plainte. Le procureur de la République d’Évry a ouvert une enquête pour « tentative de vol avec violence entraînant une incapacité totale de travail supérieure à huit jours en raison de la religion et pour menaces de mort en raison de la religion ». La répression sanglante des Gazaouis par Israël sert de prétexte à certains pour affirmer leurs sentiments antisémites nauséabonds, voire pour passer à l’acte, en assimilant tous les Juifs à Netanyahou. Depuis le début de cette année, 646 actes hostiles aux Juifs ont été ainsi recensés dans le pays visant une communauté qui ne représente que moins de 1 % de la population. L’antisémitisme est un poison qu’il faut combattre au même titre que les autres formes de racisme.

Pour les Restos du Cœur cette fin septembre coïncide avec le quarantième anniversaire de leur fondation. Mais, comme l’explique Jean-Michel Richard, le trésorier bénévole de l’association : « Il n’y a pas d’anniversaire à célébrer car ce que nous constatons, c’est que malheureusement nous sommes toujours là et nous sommes de plus en plus importants face à une précarité qui augmente. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au lancement de la première cantine gratuite le 26 septembre en 1985 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), l’humoriste Coluche envisageait de servir 1 000 repas par jour et visait 60 000 pour toute la France. Un chiffre rapidement pulvérisé puisque la première campagne a finalement livré 8,5 millions de paniers-repas. Quarante ans plus tard, les Restos comptent 2 300 centres et ont fourni 163 millions de repas sur la campagne 2023-2024. L’association assure désormais plus d’un tiers de l’aide alimentaire distribuée dans le pays. Son importance grandissante est intimement liée à la hausse continue de la pauvreté dans les couches populaires les plus fragiles. Pas de quoi en effet avoir le cœur à la fête.

Des chiffres récents, avancés d’abord par une commission sénatoriale puis par des économistes indépendants, situent les aides publiques aux entreprises à des niveaux compris entre 210 et 270 milliards d’euros chaque année. Mais cela ne date pas d’hier. En effet, selon les données de l’Institut de recherches économiques et sociales et de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, depuis 1979 environ 1 250 milliards d’euros ont été versés en intérêts aux créanciers du pays (banques et fonds spéculatifs) et 2 686 milliards ont été distribués aux entreprises. Soit au total près de 4 000 milliards d’euros. De quoi expliquer la dette publique actuelle de 3 346 milliards. Pendant cette période, les entreprises ont bénéficié d’aides directes, de niches fiscales, de baisses de cotisations, d’allègements et de crédit d’impôts non seulement sous les gouvernements de droite mais aussi lorsque les « socialistes » Mitterrand et Hollande étaient à l’Élysée. Présidents et gouvernements de droite et de gauche passent, le grand capital reste et prospère…

Rachida Dati, la ministre démissionnaire de la Culture, est satisfaite. En effet on vient d’apprendre que les dates de son procès en correctionnelle ont été fixées du 16 au 28 septembre 2026 soit bien après les élections municipales du printemps prochain où elle compte se présenter dans l’espoir de conquérir la mairie de Paris. Reste à savoir si les Parisiennes et Parisiens porteront leurs suffrages sur une dame inculpée pour abus de confiance pour avoir perçu 900 000 euros illégalement de Renault-Nissan sans avoir réellement travaillé et qui, de plus, a omis de déclarer 420 000 euros de bijoux de luxe à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Avec elle, la réputation de la capitale, déjà entachée d’affaires plus ou moins louches sous Anne Hidalgo, ne risque pas de s’améliorer.

Jo-Anne Deborah Byron, plus connue sous son pseudonyme d’Assata Shakur, vient de mourir à La Havane à 78 ans. Elle était devenue au cours des années une figure emblématique du mouvement des droits civiques et de la lutte contre le racisme systémique aux États-Unis. Dans sa jeunesse, elle avait rejoint le Black Panther Party puis la Ligue de libération noire, une organisation clandestine prônant la résistance armée contre le racisme et la violence d’État. En 1973, à l’issue d’une fusillade opposant, dans le New Jersey, des militants noirs à la police et qui avait fait deux morts (dont un policier), elle avait été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité. Évadée de prison en 1979, elle avait obtenu l’asile politique dans l’île des Caraïbes. Sa mort a suscité une vague d’émotion et de témoignages sur les réseaux sociaux, honorant son combat contre le racisme et pour l’égalité.