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Brèves

L’actualité en bref

Madrid a décidé de ne plus autoriser les navires et les avions à destination de l’État sioniste et transportant des armes d’accoster dans ses ports ou de pénétrer dans son espace aérien. De plus le pays interdit désormais l’entrée de son territoire à toute personne ayant participé directement au génocide à Gaza et impose un embargo sur les biens produits dans les colonies israéliennes situées dans les territoires palestiniens occupés. L’ambassadrice espagnole à Tel Aviv a été rappelée pour consultation et le gouvernement va augmenter son aide à l’Autorité palestinienne et à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA). Si ces mesures ne suffiront évidemment pas à arrêter le massacre en cours, elles contrastent avec la complicité affichée par l’Union européenne, premier partenaire commercial d’Israël, qui n’a toujours pas dénoncé l’accord d’association qui le lie à l’État sioniste, accord qui prévoit explicitement le respect des droits d’humains.

Le maire de la ville, le socialiste Benoît Payan, a dénoncé les multiples menaces de mort et insultes reçues après sa participation à une manifestation culinaire baptisée le Kouss Kouss Festival qui mettait à l’honneur le plat nord-africain et, plus généralement, la cuisine méditerranéenne. Ce festival existe depuis 2018 et est organisé en partenariat avec l’office du tourisme. Aussitôt Payan a été la cible de la fachosphère sur les réseaux sociaux, traité notamment « d’idiot utile des Frères musulmans », assorti d’une photo d’une exécution par pendaison, menacé d’être « rasé et pendu haut et court à la libération » ou bien d’être « le premier à déporter ». Si l’édile municipal a reçu l’appui de nombre d’élus de gauche, pour l’instant le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’a toujours pas réagi. Toujours lent à la détente pour dénoncer l’extrême droite, ses clones et les islamophobes.

C’est le rapport annuel du ministère des Armées qui l’affirme. Les exportations d’armes ont atteint l’an dernier « leur deuxième performance historique » en s’établissement à 21,6 milliards d’euros. Ce qui réjouit le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu. On dit merci qui ? À la guerre en Ukraine et à l’explosion des dépenses militaires dans nombre de pays du monde. Conclusion : au cours des semaines, mois et années qui viennent un grand nombre d’enfants, de femmes et d’hommes tomberont sous les coups des armes tricolores alors qu’ici une part grandissante de la population se serrera la ceinture pour faire progresser l’industrie d’armement. Vraiment pas de quoi pousser des cocoricos !

Depuis l’affaire Fillon, accusé de détournement de fonds publics pour avoir salarié son épouse sur un emploi fictif, une loi promulguée en 2017 par le Parlement interdit aux députés d’embaucher des membres de leur famille dans leurs équipes en les rémunérant. Mais deux députés du Rassemblement national, Jocelyn Designs (Aisne) et Yaël Menacé (Somme), ont trouvé le moyen de contourner la loi : embaucher la fille de l’autre pour un job. Selon Mediapart, ils soutiennent que les deux embauches ne sont « absolument pas » liées. On n’a plus qu’à les croire. Mais après le scandale des assistants parlementaires RN au Parlement européen, pour lequel Marine Le Pen comparaîtra de nouveau en justice en janvier, cela commence à faire beaucoup.

Par le biais d’une de ses filiales, le Crédit agricole a accepté de payer une amende de 88,24 millions d’euros pour ne pas être poursuivi par le parquet national financier (PNF) dans une affaire de fraude fiscale. Le groupe bancaire avait mis au point une combine d’optimisation fiscale pour ses gros clients étrangers possédant des actions en France afin de leur permettre d’échapper au paiement de l’impôt sur les dividendes. Amende finalement modeste si on se rappelle que la banque a réalisé en 2024 un bénéfice net record de 8,6 milliards d’euros (+ 4,6 %) et un chiffre d’affaires de 38,1 milliards d’euros (+ 4,3 %). Et l’affaire n’est pas terminée. En effet l’enquête lancée par le PNF en 2021 concerne, outre le Crédit lyonnais, cinq autres banques dont la BNP Paribas et la Société générale. Mais pas question de les voir finir derrière les barreaux contrairement aux jeunes de banlieue qui piquent un vélo.

La police hongroise a annoncé l’interdiction d’une marche des fiertés prévue le 4 octobre à Pécs, une ville du sud du pays. Cette décision fait suite à l’interdiction de la Budapest Pride en juin dernier par le gouvernement du Premier ministre Viktor Orbán, qui mène une campagne de répression contre les droits des personnes LGBT+. Plus de 200 000 personnes, un chiffre historique, avaient défié cette décision en participant à la marche. « Nous refusons d’être réduits au silence. Nous ne nous laisserons pas intimider », ont prévenu dans un communiqué les membres de l’association Diverse Youth Network qui ont décidé de maintenir l’évènement à Pécs malgré l’interdiction. Depuis 2018, Orbán réduit progressivement les droits fondamentaux des minorités sexuelles au nom de la « protection de l’enfance ». Mais ces dernières ne se laissent pas faire.

Sur des images relayées sur les réseaux sociaux, on peut voir un policire gifler violemment un jeune homme avant de lui cracher dessus quelques instants plus tard. La scène s’est déroulée le 28 août dernier dans le quartier de la Sablière, à Saint-Denis, et a été filmée par une mère de famille. Face à l’ampleur prise par cette vidéo, déjà vue plus de 100 000 fois le jour de sa mise en ligne, le parquet de Bobigny a annoncé l’ouverture immédiate d’une enquête pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ». Le député local LFI, Aly Dioura, a interpellé le préfet de police, Laurent Nuñez, sur cette affaire. L’entourage de ce dernier se contente d’affirmer qu’une enquête administrative est en cours sans donner plus de précision. Rappelons que le même Nuñez avait déposé plainte contre Dioura le 22 août dernier parce qu’il avait déclaré que « la police tue ». Va-t-il le poursuivre cette fois pour avoir affirmé, preuve à l’appui, que la police tabasse ?

Le décret détaillant le financement des partis à la suite des élections législatives de 2024 vient d’être publié au Journal officiel. Il permet, en autres, de connaître les partis qui n’ont pas respecté la parité hommes-femmes au moment d’investir leurs candidates et candidats. Sur les quinze principaux partis en lice, seuls La France insoumise, le Parti socialiste et Debout la France ont respecté la parité. Les autres ne l’ont pas fait. En queue de peloton on trouve Les Républicains de Bruno Retailleau qui n’ont fait figurer qu’un tiers de femmes sur leurs listes. Mais ils font malgré tout presque deux fois mieux que l’Union des droites pour la République, d’Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes et allié de Marine Le Pen, qui n’alignait que 17,5 % de candidates. Cela explique le recul régulier du nombre de députées sur les bancs de l’Assemblée nationale. Elles ne sont actuellement que 208 à siéger (sur 577) alors qu’elles étaient 215 en 2022 et 224 en 2017. Dans ce domaine aussi la parité n’est pas gagnée.

Hubert Guérin, qui fut longtemps un collaborateur de Geneviève de Fontenay, la créatrice du concours Miss France, publie ces jours-ci un livre intitulé Miss France, du rêve à la réalité. Après avoir interviewé 60 anciennes Miss ou candidates, il lève le voile sur les coulisses de cette compétition où se côtoient dépression, harcèlement, violences sexuelles répétées pouvant aller jusqu’au viol. Le tout couvert par une omerta imposée par tous les moyens. Une partie de ces agressions sexuelles auraient eu lieu lors des voyages de préparation à l’étranger, parfois jusqu’au soir de l’élection, principalement entre 1990 et 2002. La société Miss France actuelle affirme avoir pris connaissance de ces affirmations mais rejette la responsabilité de ces actes sur ses prédécesseures. Qu’importe. Les concours de Miss sont un condensé de tous les poncifs sexistes et machistes que véhicule la société. Alors que parfois cela se termine en viol n’a rien d’étonnant.