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Brèves

L’actualité en bref

La France a commencé ce vendredi ses largages d’aide humanitaire sur le territoire palestinien avec le soutien logistique de l’armée jordanienne et le feu vert de l’armée israélienne. Quatre vols ont été organisés, chacun larguant 10 tonnes de denrées non périssables. Macron a reconnu mezza voce que « c’était insuffisant ». C’est un euphémisme. En fait c’est insignifiant. 40 tonnes c’est l’équivalent du tonnage de deux camions alors que pour nourrir les Gazaouis il en faudrait plusieurs centaines par jour. Le commissaire général de l’office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Philippe Lazzarini, a vivement dénoncé ces parachutages de vivres « au moins 100 fois plus coûteux » qu’un unique camion. Et de rappeler que « l’UNRWA a 6 000 camions chargés avec de l’aide hors de Gaza qui attendent le feu vert pour entrer. L’ONU, incluant l’UNRWA et ses partenaires, a été capable d’acheminer 500 à 600 camions par jour pendant le cessez-le-feu. ». Mais pour que ces camions puissent entrer encore faudrait-il que les puissances occidentales forcent leur allié israélien à changer de position. Mais ils n’en ont ni l’intention, ni la volonté. En attendant ils amusent la galerie avec les largages aériens.

Selon un sondage de l’Ifop 72 % des personnes interrogées estiment que l’effort demandé par Bayrou pour boucler son prochain budget « n’est pas équitablement réparti » et que ce sont les classes populaires qui vont payer le gros de la note (la suppression de deux jours fériés, gel des prestations sociales et des retraites, attaque contre les assurés sociaux etc.). Interrogé par une journaliste sur ce point le Premier ministre a répondu avec son cynisme habituel : « Non, je n’entends pas cette critique ». Parions que demain si quelques millions de travailleurs prennent la rue pour s’opposer à son budget de classe Bayrou deviendra moins sourd à la critique.

La TVA sur les abonnements de gaz et d’électricité est passée, le 1er août, de 5,5 % à 20 %. Jusqu’alors les abonnements bénéficiaient du taux réduit alors que la consommation elle-même était imposée à 20 %. Pour justifier cette hausse le gouvernement invoque une directive de l’Union européenne qui impose des taux de TVA uniformes pour un même service. Pour se conformer à cette directive rien n’empêchait les autorités d’appliquer le taux de 5 % tant aux abonnements qu’à la consommation. Cela aurait soulagé d’autant le portefeuille des ménages. Mais Bayrou et sa clique ont préféré, encore une fois, pratiquer un hold-up à grande échelle en augmentant toutes les factures.

La Cour de justice de l’Union européenne vient de confirmer l’annulation de la classification et de l’étiquetage « cancérogène » du dioxyde de titane, substance chimique utilisée notamment dans les peintures, les médicaments ou les jouets. Depuis 2019 un règlement classait cette substance comme dangereuse pour l’homme « par inhalation, sous forme de poudre contenant au moins 1 % de particules de 10 micromètres ». Depuis lors les fabricants et importateurs du dioxyde de titane contestaient cette classification qui se basait sur une étude scientifique jugée insuffisamment viable à leurs yeux… sans démontrer pour autant l’innocuité de ce produit. Finalement le Cour de justice leur a donné raison en faisant fi du principe de précaution. Une décision très critiquée par des associations de consommateurs telles que Foodwatch, qui y voient un recul en matière de protection des citoyens et des travailleurs, notamment en ce qui concerne l’obligation d’étiquetage de danger.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, vient d’annoncer le gel de l’évacuation de réfugiés gazaouis vers notre pays. La raison officielle de cette décision : une étudiante gazaouie inscrite à Sciences Po Lille a été accusée d’avoir tenu des propos antisémites sur les réseaux sociaux. Elle a été aussitôt virée de l’établissement supérieur et sera poursuivie pour apologie du terrorisme et apologie de crime contre l’humanité. Mais même si les faits qui lui sont reprochés s’avèrent fondés comment peuvent-ils justifier que l’on empêche d’entrer sur le territoire d’autres Gazaouis en danger de mort et qui ne sont pour rien dans cette affaire ? Une curieuse conception de l’aide humanitaire cependant bruyamment applaudie par la droite et l’extrême droite.

Paris a appelé à la cessation des activités de la Fondation humanitaire de Gaza, une officine israélo-américaine, chargée de la distribution de l’aide alimentaire dans l’enclave palestinienne après que Netanyahou et sa clique aient empêché par tous les moyens les ONG et les agences de l’ONU de venir en aide aux Gazaouis. Résultat : les centres de distribution de cette pseudo Fondation, encerclés par l’armée israélienne, se sont révélés des pièges mortels pour les Palestiniens et plus d’un millier d’entre eux y ont perdu la vie en s’y rendant. Depuis plusieurs semaines les organisation humanitaires ont dénoncé cette situation et le témoignage d’un ex-salarié de la Fondation dévoilant ces pratiques criminelles a fait le tour du monde. Mais il a fallu tout ce temps pour que le Quai d’Orsay se réveille et parle de « bain de sang », de « scandale », et de « honte ». Mais toujours pas question de sanctionner Israël pour ces nouveaux crimes.

Les gens ont de moins en moins d’enfants et il est question d’un déficit démographique. L’an dernier Macron a lancé un « combat pour la natalité ». La droite extrême vient de reprendre la balle au bond en la personne du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, bien connu pour financer les groupes d’extrêmes-droites et les institutions cul-bénies catholiques traditionalistes. Dans une conférence intitulée « Agir en chrétien pour le bien commun » il vient de lister dans « les domaines prioritaires aujourd’hui, le fait d’avoir plus de bébés de souche européenne » qu’il faudra bien sûr baptiser ou évangéliser à tout de bras. Un moyen sans doute de lutter contre le spectre du « grand remplacement » qu’il partage avec ses amis fachos. Mais la blancheur épidermique des nouveaux-nés n’est pas la seule préoccupation de Stérin. L’autre c’est l’optimisation fiscale. C’est pourquoi ce « patriote », comme il se proclame fièrement, réside… en Belgique pour payer moins d’impôt. Amen !

Une plainte contre X va être déposée auprès du procureur de Mulhouse par un collectif de 400 personnes qui dénonce la contamination par des polluants éternels (PFAS) de l’eau du robinet de l’agglomération de Saint-Louis. Cette plainte retient plusieurs chefs d’inculpation : « mise en danger délibérée de la vie d’autrui », « distribution d’un produit nuisible à la santé », « infractions environnementales » et « infraction à la réglementation sanitaire ». « Pendant deux ans, aussi bien Saint-Louis Agglomération que son opérateur privé (Veolia) ont fourni de l’eau contaminée à des taux particulièrement élevés qui sont considérés comme les plus importants en France » a indiqué André Chamy, l’avocat du collectif. Et ce, bien sûr, au détriment de la santé des consommateurs.

Le tribunal de Vienne a rejeté les demandes des parents de Théo Grataloup, aujourd’hui âgé de 18 ans, né avec de lourds handicaps, contre le géant de la chimie Bayer-Monsanto fabricant de l’herbicide glyphosate. Sa mère affirme depuis plusieurs années que son handicap est lié à l’utilisation, alors qu’elle était enceinte, en août 2006, du Glyper, un générique de l’herbicide Roundup de Monsanto, à base de glyphosate. Convaincus du « lien de causalité » entre le glyphosate et la santé de leur fils, les parents avaient lancé en 2018 une action au civil pour faire reconnaître ce lien par les tribunaux. Ils se sont alors heurtés à une armée d’avocats du trust chimique qui ont fait traîner les choses en longueur bien que les avis médicaux affirmaient que les handicaps de Théo étaient cohérents avec l’utilisation du glyphosate. Mais le tribunal, sans nier ce lien de causalité, a décidé que sa mère, 19 ans après les faits, n’était pas capable d’apporter la preuve (photo, facture etc.) que l’herbicide qu’elle utilisait alors était bien du Glyper et non un produit toxique d’une autre marque. La famille a décidé de faire appel. Rappelons que depuis la fin de l’année 2018, la vente de produits à base de glyphosate, notamment sous la marque Roundup, est interdite aux particuliers. Ce qui n’empêche pas Monsanto de se battre pour ne pas reconnaître sa responsabilité dans ce drame sanitaire.