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Brèves

L’actualité en bref

Les pouponnières de l’aide sociale à l’enfance (ASE) accueillent des bébés de la naissance à trois ans, placés le plus souvent par la justice, car ils sont à risque de danger dans leur famille : maltraitances, toxicomanie ou troubles psychiatriques des parents, violences inter familiales, etc. Mais ces pouponnières sont souvent sur-occupées et dotées d’un encadrement notoirement insuffisant. La ministre des Familles, Catherine Vautrin, vient d’intervenir en signant un décret qui refonde le cadre réglementaire datant de 1974 et jugé « obsolète ». « L’objectif est d’essayer le plus possible que l’enfant ne passe pas plus de 3-4 mois dans la pouponnière, où il vit 24 heures sur 24 en collectivité, pour être le plus possible orienté vers une famille », a expliqué la ministre. Il faut dire qu’en quelques années, la durée moyenne de placement est passée de cinq à huit mois, certains enfants y restant jusqu’à leurs trois ans, voire plus. Désormais la capacité d’accueil dans chaque pouponnière sera plafonnée à 30 enfants, avec une organisation en « petites unités de vie », plus « chaleureuse et sécurisante ». En outre le texte limite la durée de placement en pouponnière à quatre mois, renouvelable une seule fois après une évaluation de « l’évolution de la situation de l’enfant ». Fort bien. Mais cela va demander l’ouverture de crèches supplémentaires et l’embauche de nouveaux encadrants. Comment tout cela sera financé ? La ministre ne dit pas un mot sur le sujet. C’est d’autant plus dommage que le financement de l’ASE repose largement sur les départements dont beaucoup sont exsangues. Ce qui fait que son décret a surtout l’air d’un effet d’annonce.

La militante féministe Ibtissame Lachgar, a été condamnée à trente mois de prison ferme pour « atteinte à l’islam » et « blasphème ». Elle était poursuivie pour avoir fin juillet publié sur les réseaux sociaux une photo d’elle vêtue d’un t-shirt où apparaissaient les mots « Allah is lesbian », en anglais, phrase jugée « offensante envers Dieu » par la justice marocaine. Lors de l’audience devant le tribunal de première instance de Rabat, elle a déclaré que son tee-shirt reprenait « un slogan féministe qui existe depuis des années contre les idéologies sexistes et les violences faites aux femmes […] et n’a aucun rapport avec l’islam ». Plus de 260 prisonniers politiques ou d’opinion croupissent dans les prisons du régime.

Le Conseil de l’Assurance maladie, sorte de parlement de l’institution, a rendu un avis défavorable au doublement des franchises médicales (reste à charge) que veut instaurer Bayrou et qui conduirait à ce que les assurés sociaux paient de leurs poches quatre euros au lieu de deux pour une consultation médicale, deux euros par boite de médicaments, etc. et jusqu’à 200 euros par an au maximum contre 100 actuellement. Au total, ce sont de 700 à 800 millions d’euros que le locataire de Matignon veut piquer dans nos poches. Mais les avis du Conseil de l’Assurance maladie n’étant que consultatifs, Bayrou a décidé de passer outre et de publier le décret. Au sein du Conseil les représentants des syndicats de salariés se sont opposés à cette la mesure, soutenus par les représentants d’institutions comme la Mutualité française ou l’Union nationale des associations familiales, alors que sans surprise les organisations patronales, à l’exception de celle des artisans qui est abstenue, ont voté pour. C’est le contraire qui aurait été étonnant.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) est vent debout contre Retailleau. En cause : le nouveau schéma national des violences urbaines, dévoilé et diffusé en douce par les services du ministère de l’Intérieur. Il doit permettre de clarifier les réponses policières « à toutes les situations de violences urbaines, jusqu’aux émeutes insurrectionnelles, caractérisées par une très haute intensité ». Un paragraphe du texte est consacré aux journalistes. Il explique que « la prise en compte du statut des journalistes telle que consacrée par le schéma national du maintien de l’ordre, ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines ». En clair, dans des telles situations, les professionnels des médias qui couvrent un évènement violent peuvent être matraqués et embarqués comme n’importe quel manifestant. Ce qui était déjà parfois le cas mais qui devient la règle. Bonjour la liberté de la presse !

Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’Alliance climatique et sociale, qui regroupe les ONG Greenpeace, Oxfam, les syndicats CGT Éducation et Snes-FSU, réclame un plan de rénovation des établissements scolaires de cinq milliards d’euros par an pendant dix ans. Froid glacial en hiver, fournaise en été, pluie qui goutte du plafond… 20 à 30 % des bâtiments scolaires sont « vétustes » et « inadaptés » aux événements climatiques extrêmes comme les orages violents qui ont perturbé la rentrée, ou les canicules de cet été qui ont vu fermer 2 000 établissements début juillet, note le texte. Il demande aussi la création d’un observatoire du bâti scolaire pour dresser un constat « établissement par établissement », et un protocole « clair et à la hauteur » à appliquer lors de canicules ou autres événements climatiques. Le gouvernement avait lancé en 2023 un plan de rénovation énergétique du bâti scolaire, « EduRenov », qui devait permettre de financer deux milliards d’euros de travaux d’ici 2027 dans 10 000 établissements. En fait seuls 3 000 établissements ont été rénovés en deux ans – sur plus de 58 000 au total – et pour des travaux qui sont parfois très partiels. Ce qui est notoirement insuffisant. Comme disait le vieux slogan toujours d’actualité : « De l’argent pour l’école, pas pour les monopoles ».

Un homme de 31 ans a été interpellé et mis en examen pour « meurtre sur conjoint » après que sa campagne a été retrouvée inconsciente au domicile conjugal à Billère, dans la banlieue de Pau. Admise à l’hôpital pour blessures à la tête, elle est décédée deux jours plus tard. Le suspect présente des antécédents judiciaires pour violences conjugales et violences aggravées. Depuis le début de l’année 2025 une soixantaine de féminicides par conjoint ou ex-conjoint ont été dénombrés, soit un tous les quatre jours en moyenne.

Sur plusieurs étapes de la Vuelta, des drapeaux palestiniens ont flotté et des banderoles ont exigé l’arrêt du massacre à Gaza. Les manifestants ont pointé du doigt l’équipe cycliste Israel-Premier Tech, véritable outil de propagande du régime israélien, financée par un milliardaire sioniste et intégrée dans la machine de « sportwashing » qui tente de repeindre en rose les crimes d’occupation et d’apartheid de l’État d’Israël. Une hypocrisie d’autant plus flagrante que l’Union cycliste internationale (UCI) a exclu toutes les équipes russes après l’invasion de l’Ukraine, mais continue d’ouvrir grand la porte à une équipe qui sert directement d’ambassadrice au colonialisme israélien. Loin de l’image aseptisée que cherchent à vendre les organisateurs, le peloton a traversé une contestation populaire qui rappelle que la Palestine est une lutte internationale. Dans les rues comme sur les routes, un message clair : tant qu’Israël bombarde, nous ne fermerons pas les yeux.

C’est une rengaine que nous ressassent ad nauseum Macron, Bayrou, le ministre de l’Économie, Éric Lombard et les grands patrons. Il ne serait pas possible de taxer les plus riches car cela les ferait fuir et cet exil fiscal appauvrirait durablement le pays. Eh bien tout cela est du pipeau. Ce ne sont pas seulement d’affreux gauchistes qui l’affirment mais le Conseil d’analyse économique, un organisme officiel rattaché… à Matignon. Il vient de publier une étude qui affirme qu’une hausse d’imposition sur les revenus du capital des 1 % les plus riches n’entrainerait qu’une augmentation comprise entre 0,02 et 0,23 % des exils fiscaux des hauts patrimoines, soit entre 90 et 900 foyers sur trois à quatre cent mille concernés. On est loin d’une hémorragie mortelle. Mais pour nos gouvernants, tout est bon pour épargner les plus riches et faire payer les pauvres.

La Commission européenne s’est engagée à examiner une pétition exigeant que toutes les femmes du Vieux Continent aiment accès à des avortements « sûrs ». Cette pétition est une « initiative citoyenne », un dispositif qui contraint l’exécutif européen à se saisir d’un dossier s’il a recueilli en soutien plus d’un million de signatures provenant de citoyennes et de citoyens d’au moins sept États membres de l’Union. Dans des pays comme la Hongrie ou la Pologne, faire reconnaitre le droit à l’IVG est un combat semé d’embûches. En Pologne par exemple, qui applique une législation des plus restrictives en la matière, seules 896 IVG ont été pratiquées l’an dernier alors que le pays compte plus de 38 millions d’habitants contre 245 000 pour 68 millions d’habitants en France.