Nos vies valent plus que leurs profits

Italie : l’industrie du luxe prospère sur une forme d’esclavagisme moderne

Le mois dernier, la maison de couture italienne Loro Piana, propriété du groupe LVMH de
Bernard Arnault, a été placée sous administration judiciaire par les juges de Milan pour avoir fait travailler, par le biais d’un de ses sous-traitants, des ouvriers chinois dans des ateliers clandestins de la Péninsule. Les malheureux étaient payés quatre euros de l’heure pour des semaines de travail pouvant atteindre 90 heures. Pour avoir réclamé 10 000 euros d’arriérés de salaire, l’un d’entre eux avait été roué de coups par les hommes de main du patron. Grâce à cet esclavagisme moderne, Loro Piana réalise des marges commerciales colossales. Selon le mensuel L’Essentiel de l’éco, une veste vendue au détail entre 1 900 et 3 000 euros est payée au fournisseur chinois, à l’autre bout de la chaine, entre 80 et 86 euros. Et Loro Piana n’est pas un cas isolé. Depuis 2023 deux autres maisons de luxe italiennes, Armani et Valentino ont été placées sous administration judiciaire ainsi que… Dior, la marque vedette de LVMH. Le luxe des uns prospère sur la misère des autres.