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Brèves

L’actualité en bref

Un différent frontalier qui dégénère. La Thaïlande a annoncé avoir évacué plus de 140 000 civils après avoir échangé des tirs motels avec son voisin cambodgien. En cause un tracé frontalier contesté entre les deux pays datant de l’époque de la colonisation française. Mais ces affrontements, qui selon la Thaïlande pourraient se transformer « en guerre », viennent à point nommé pour détourner les populations des problèmes économiques sérieux qui touchent les deux protagonistes. Et rien de tel qu’une bonne guerre pour faire oublier la misère.

Les militants écologistes et les observateurs chevronnés du droit de l’environnement se sont réjouis de l’avis rendu public par la Cour internationale de justice qui a statué que les États avaient obligation de répondre « à la menace urgente et existentielle » du réchauffement climatique. Et d’estimer que « le fait pour un État de ne pas prendre les mesures appropriées pour protéger le climat des effets néfastes des gaz à effet de serre, notamment en produisant ou en utilisant des combustibles fossiles ou en octroyant des permis d’exploration ou des subventions pour les combustibles fossiles, peut constituer un fait internationalement illicite attribuable à cet État ». Sauf que les avis de la plus haute juridiction de l’ONU, basée à La Haye, sont… purement consultatifs et nullement contraignants. Pas de quoi ralentir l’exploitation féroce des énergies fossiles par les États et les grands groupes gazo-pétroliers.

Macron a volé au secours de Rachida Dati, sa ministre de la Culture, qui vient d’être renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption. Face à celles et ceux qui, à gauche, mais aussi dans la majorité, demandent son départ l’Élysée a fait savoir que « le président de la République a pris note de la décision du renvoi de Rachida Dati devant le tribunal correctionnel. Un renvoi n’étant pas une condamnation, elle poursuit son travail au gouvernement ». Rappelons que c’est le même Macron qui, lors de sa campagne présidentielle de 2017, avait déclaré tout aussi martialement qu’« un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen » dans une optique d’exemplarité et de moralité politique. Preuve que Macron peut dire tout et son contraire, sans état d’âme.

Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, a affirmé qu’il ne voyait « pas de raison de quitter » le gouvernement malgré les tensions suscitées par ses vives critiques à l’égard d’Emmanuel Macron dans une interview au vitriol donnée au magazine d’extrême droite Valeurs actuelles. Il joue sur deux tableaux : d’abord il continue de tisser et de renforcer ses réseaux à partir de la place Beauvau et ensuite il tient des discours d’extrême droite en vue de se positionner pour la présidentielle de 2027. Quant à Macron, qui a fait savoir en privé qu’il n’appréciait pas les remarques quasi-insultantes de Retailleau, il est coincé. Pas question dans la situation actuelle, où sa majorité à la Chambre est plus que fragile, de virer le ministre de l’Intérieur, patron du parti Les Républicains, ce qui précipiterait une crise gouvernementale. Alors Macron encaisse et Retailleau continue, pépère, sa campagne présidentielle.

La chose est inhabituelle et mérite donc d’être soulignée. Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Kiev, et face au Palais présidentiel, pour protester non contre Moscou mais contre le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui vient de faire passer au Parlement une loi destinée à mettre au pas deux agences indépendantes spécialisées dans la lutte contre la corruption. Prétexte avancé : elles seraient « infiltrées » par des agents russes. Pas très convainquant. Plus prosaïquement, désormais complètement contrôlées par des individus proches du Président, elles pourront toujours enquêter sur des affaires de corruption, mais probablement pas contre les hommes au pouvoir, seulement contre les opposants. Les corrupteurs, affairistes et escrocs de toutes sortes qui sont légion dans l’entourage de Zelensky pourront dormir sur leurs deux oreilles.

La Knesset, le Parlement israélien, a adopté à une large majorité (71 voix contre 13) un projet de texte non contraignant appelant à imposer la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie et la vallée du Jourdain. Un vote symbolique mais qui va dans le même sens que des récentes déclarations de membres du gouvernement Netanyahou mais également de la répression menée depuis des mois contre la population cisjordanienne qui a fait des centaines de morts, des milliers de blessés et le déplacement de villages entiers pour permettre à des colons juifs de s’installer. Tout ça couplé avec les massacres de Gaza et les tentatives de regrouper la population gazaouie en vue de son expulsion. Dans ces conditions la solution à deux États mis en avant par Macron est une gigantesque fumisterie. Car Jérusalem ne veut pas en entendre parler et les puissances occidentales ne sont pas prêtes à se mettre à dos l’État sioniste qui fait le sale boulot à leur place dans la région.

L’ONG Global Footprint Network calcule chaque année le « jour du dépassement », c’est à dire le moment où la demande humaine sur la nature dépasse ce que la Terre peut produire et absorber en une année. Ce jour a été atteint le 24 juillet en 2025, contre le 1er août en 2024, le 2 août en 2023, voire le 16 août en 2020. Dit autrement il faudrait l’équivalent de 2,8 planètes pour survenir à l‘ensemble des besoins de l’Humanité. En fait le capitalisme continue à surexploiter les ressources naturelles, à polluer l’environnement et a suscité le réchauffement climatique. Il mène la planète droit dans le mur… et nous avec.

Plusieurs dizaines d’ONG tirent la sonnette d’alarme après l’annonce d’une coupe de 700 millions d’euros de l’aide au développement dans le projet de budget 2026 présenté par François Bayrou. Cette réduction s’ajoute à d’autres baisses depuis 2024 ce qui va conduire les humanitaires à renoncer à certains programmes d’aide, dans un contexte mondial marquée par la crise économique, les dérèglements climatiques et la multiplication des conflits armés. « Les orientations budgétaires présentées par le gouvernement pourraient mettre en danger des populations pauvres et vulnérables dans le monde », dénonce Coordination Sud, qui rassemble 188 ONG menant des actions humanitaires d’urgence, comme Médecins du Monde, Handicap international ou encore Solidarités international. L’aide au développement permet de financer l’accès à des services essentiels, comme à la santé, à l’eau, à l’alimentation, mais aussi de protéger des populations qui sont dans des situations de vulnérabilité et de fragilité extrême. En fait Bayrou ne fait que suivre l’exemple de Trump qui a élagué à la tronçonneuse le budget de l’agence USAID tout en annonçant, en même temps, des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises.

La permanence, dans les Deux-Sèvres, de la députée écologiste Delphine Batho a été dégradée par des manifestants appartenant à deux syndicats agricoles de droite, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Dans un passé récent d’autres parlementaires de gauche ou écologistes ont connu pareille mésaventure alors que les injures et les menaces se multiplient sur les réseaux sociaux à l’égard de celles et ceux qui avaient voté contre la loi Duplomb. Quant aux autorités, et notamment aux préfets, ils font preuve d’une grande mansuétude par rapport à ces manifestants. Un traitement qui contraste avec celui réservé à celles et ceux qui prennent part à des manifestations syndicales ouvrières, écologistes ou de soutien à la Palestine. Là les autorités n’hésitent jamais à envoyer gendarmes et CRS. Un deux poids de mesure qui se comprend lorsqu’on connaît la proximité des principales organisations agricoles -avec la droite en général et le gouvernement en particulier.