Jean Pormanove, de son vrai nom Raphaël Graven, est mort en direct le 17 août devant des centaines de milliers d’internautes alors qu’il participait à des émissions sado-masochistes où, depuis des semaines, il se faisait torturer et humilier en direct. Celles et ceux qui regardaient ces scènes dégradantes pouvaient éventuellement, contre paiement, demander aux tortionnaires du malheureux, dénommés Naruto et Safine, de lui infliger les supplices de leur choix. Les émissions étaient hébergées par la plateforme australienne Kick mais tournées à Contes, dans les Alpes-Maritimes. La ministre du Numérique, Clara Chappaz, avait été alertée, dès le mois de décembre 2024, par Mediapart sur les sévices subis par Pormanove. Sans réponse. En février de cette année c’était au tour de la Ligue des droits de l’homme de saisir sur le même sujet l’Arcom, l’autorité de régulation de l’audiovisuel, sans plus de résultat. Il a fallu la mort de cet homme pour que le parquet de Nice se réveille. Un peu tard. Mais quel que soit le manque de réaction des autorités, le fait que de telles chaînes puissent exister reflète le fait que nous vivons dans une société malade prête à faire de l’argent sur tout, même sur les traitements violents et sadiques que l’on inflige devant des caméras à des êtres humains. Un business de la maltraitance avec pignon sur rue dont les premières victimes sont des personnes vulnérables.