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Brèves

L’actualité en bref

La monarchie wahhabite a procédé à 17 exécutions capitales en trois jours, dont deux saoudiens pour « terrorisme » et 15 étrangers pour « trafic de drogue ». Mais vu l’opacité de la justice locale il est difficile de savoir ce qui se cache derrière ces exécutions. En 2024, le régime avait procédé à 338 exécutions, un record qui risque d’être encore dépassé cette année puisqu’on compte déjà 239 suppliciés depuis janvier. Et si cela nuit quelque peu à l’image de « modernité » que veut donner à son pays le prince héritier Mohammed Ben Salmane, ses alliés occidentaux s’accommodent fort bien de cette barbarie, Ryad étant à la fois un gros client d’armement et un obligé de l’impérialisme américain dans la région.

C’est Mediapart qui le révèle. Depuis plusieurs années une auto-école de la ville refuse son accès aux femmes musulmanes qui portent le foulard. Pour se défendre elle brandit son règlement intérieur qui interdit le port de couvre-chef, en précisant que ces règles s’appliquaient à tous les couvre-chefs et n’avaient pas pour but de discriminer. Sauf que jusqu’à présent on n’a jamais entendu parler d’interdiction des auto-écoles à celles et ceux qui portent un béret, voire une kippa, ou une capuche. Et le cas de Dreux n’est pas isolé. Des cas similaires dans d’autres régions, comme Orléans (Loiret), ont abouti à des relaxes judiciaires sous prétexte que le règlement intérieur s’appliquait à tous et à toutes… mais sans doute un peu plus aux musulmanes qu’aux autres.

Interpellé par le Rassemblement national, qui tenait l’information d’un syndicat de gardiens de prison, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a tenu à faire savoir qu’il avait demandé l’annulation immédiate d’une activité surf thérapeutique organisée à la maison d’arrêt de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) en septembre pour des détenus en voie de réinsertion. Et droite comme extrême droite de tartiner sans vergogne sur les prisons quatre étoiles alors même que pratiquement chaque mois tombe un rapport sur l’état lamentable des prisons et la surpopulation carcérale (le taux d’occupation de celle de Saint-Malo dépasse les 150 %). Mais finalement l’affaire s’est dégonflée comme une baudruche. On a appris en effet que l’administration pénitentiaire n’était pour rien dans ce stage qui est organisé par l’hôpital psychiatrique de Rennes fréquenté par cinq détenus souffrant de troubles mentaux. Un projet sanitaire donc, pas un projet pénitentiaire, sous la responsabilité du ministère de la Santé. Mais pour Darmanin tout est bon pour attiser les préjugés les plus abjects. C’est d’ailleurs là son fonds de commerce.

La Cour de justice de l’Union européenne a apporté son soutien aux juges italiens demandant le retour sans délai dans le pays de migrants expulsés d’Italie vers les centres de rétention de Shëngjin et de Gjadër, en Albanie. Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni avait conclu un accord avec Tirana, contre compensations financières, pour que ces migrants séjournent en Albanie avant d’être expulsés vers des pays comme la Tunisie, l’Égypte ou la Bangladesh, où beaucoup risquaient d’être emprisonnés, voire pire. Meloni a reproché à la Cour « de revendiquer des compétences politiques qui ne lui appartiennent pas » alors que son bras droit, Matteo Salvini, chef de la Ligue anti-migrants, trouvait la décision « scandaleuse ». Quoi qu’il en soit, il ne s’agit que d’un répit pour les migrants car leur situation est toujours aussi précaire. Plus que jamais il s’agit de leur ouvrir grand les frontières et de les laisser s’installer librement là où ils veulent.

Plus de 1 200 rabbins du monde entier, mais principalement des États-Unis, ont co-signé une lettre ouverte pour interpeller Benjamin Netanyahou sur la situation à Gaza. Ils fustigent « les massacres de civils dont un grand nombre de femmes, d’enfants et de personnes âgées » – ainsi que « l’utilisation de la famine comme arme de guerre ». « Le massacre d’un grand nombre de Palestiniens à Gaza, y compris ceux qui cherchaient désespérément de la nourriture, a été largement rapporté par des médias respectables et ne peut pas raisonnablement être nié », insistent-ils. Enfin ils pressent le Premier ministre israélien de permettre à davantage d’aide humanitaire d’entrer dans l’enclave palestinienne. Peu probable qu’ils soient entendus. Mais de toute façon pour Netanyahou ce genre d’initiatives est à classer dans la catégorie des « provocations antisémites » qui le visent. Une de plus…

La France a commencé ce vendredi ses largages d’aide humanitaire sur le territoire palestinien avec le soutien logistique de l’armée jordanienne et le feu vert de l’armée israélienne. Quatre vols ont été organisés, chacun larguant 10 tonnes de denrées non périssables. Macron a reconnu mezza voce que « c’était insuffisant ». C’est un euphémisme. En fait c’est insignifiant. 40 tonnes c’est l’équivalent du tonnage de deux camions alors que pour nourrir les Gazaouis il en faudrait plusieurs centaines par jour. Le commissaire général de l’office des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Philippe Lazzarini, a vivement dénoncé ces parachutages de vivres « au moins 100 fois plus coûteux » qu’un unique camion. Et de rappeler que « l’UNRWA a 6 000 camions chargés avec de l’aide hors de Gaza qui attendent le feu vert pour entrer. L’ONU, incluant l’UNRWA et ses partenaires, a été capable d’acheminer 500 à 600 camions par jour pendant le cessez-le-feu. ». Mais pour que ces camions puissent entrer encore faudrait-il que les puissances occidentales forcent leur allié israélien à changer de position. Mais ils n’en ont ni l’intention, ni la volonté. En attendant ils amusent la galerie avec les largages aériens.

Selon un sondage de l’Ifop 72 % des personnes interrogées estiment que l’effort demandé par Bayrou pour boucler son prochain budget « n’est pas équitablement réparti » et que ce sont les classes populaires qui vont payer le gros de la note (la suppression de deux jours fériés, gel des prestations sociales et des retraites, attaque contre les assurés sociaux etc.). Interrogé par une journaliste sur ce point le Premier ministre a répondu avec son cynisme habituel : « Non, je n’entends pas cette critique ». Parions que demain si quelques millions de travailleurs prennent la rue pour s’opposer à son budget de classe Bayrou deviendra moins sourd à la critique.

La TVA sur les abonnements de gaz et d’électricité est passée, le 1er août, de 5,5 % à 20 %. Jusqu’alors les abonnements bénéficiaient du taux réduit alors que la consommation elle-même était imposée à 20 %. Pour justifier cette hausse le gouvernement invoque une directive de l’Union européenne qui impose des taux de TVA uniformes pour un même service. Pour se conformer à cette directive rien n’empêchait les autorités d’appliquer le taux de 5 % tant aux abonnements qu’à la consommation. Cela aurait soulagé d’autant le portefeuille des ménages. Mais Bayrou et sa clique ont préféré, encore une fois, pratiquer un hold-up à grande échelle en augmentant toutes les factures.

La Cour de justice de l’Union européenne vient de confirmer l’annulation de la classification et de l’étiquetage « cancérogène » du dioxyde de titane, substance chimique utilisée notamment dans les peintures, les médicaments ou les jouets. Depuis 2019 un règlement classait cette substance comme dangereuse pour l’homme « par inhalation, sous forme de poudre contenant au moins 1 % de particules de 10 micromètres ». Depuis lors les fabricants et importateurs du dioxyde de titane contestaient cette classification qui se basait sur une étude scientifique jugée insuffisamment viable à leurs yeux… sans démontrer pour autant l’innocuité de ce produit. Finalement le Cour de justice leur a donné raison en faisant fi du principe de précaution. Une décision très critiquée par des associations de consommateurs telles que Foodwatch, qui y voient un recul en matière de protection des citoyens et des travailleurs, notamment en ce qui concerne l’obligation d’étiquetage de danger.