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Brèves

L’actualité en bref

En coordination avec les Émirats arabes unis et la Jordanie le gouvernement britannique a annoncé son intention de larguer de l’aide humanitaire par voie aérienne aux Gazaouis et de réaliser des évacuations sanitaires d’enfants ce dont la population a « désespérément besoin ». La veille, Paris, Berlin et Londres avaient exhorté Israël à « lever immédiatement les restrictions sur l’acheminement de l’aide ». Nobles déclarations. Mais toujours pas un mot pour dénoncer la responsabilité de l’État sioniste dans ce génocide et pas question non plus d’arrêter les livraisons d’armes qui permettent ces massacres ou de sanctionner Netanyahou. De la pure hypocrisie.

Selon l’ONG Médecins sans frontières au moins 652 enfants sont morts de faim depuis le début de l’année dans ce pays africain. Quant aux cas de malnutrition infantile ils ont augmenté de 208 % entre janvier et juin par rapport à la même période de 2024. La situation alimentaire est catastrophique et 31 millions de personnes souffrent de faim aiguë. À l’origine de cette situation la flambée du coût de la vie, des attaques de groupes djihadistes mais aussi, et surtout, la décision des pays occidentaux de couper de façon drastique les fonds destinés à l’aide humanitaire. C’est le cas des États-Unis, de la Grande Bretagne et de l’Union européenne qui, dans le même temps, ont procédé de façon spectaculaire à l’augmentation des budgets d’armement. Des canons pour les uns, la famine pour les autres…

L’ex-président syrien Bachar al-Assad, aujourd’hui réfugié en Russie, échappe à son mandat d’arrêt en France, qui a été annulé par la Cour de cassation. C’est en novembre 2023 que ce mandat avait été lancé contre le dictateur syrien pour complicité de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour avoir utilisé, en 2013, du gaz sarin contre la population civile qui avait fait plus de mille morts. La Cour de cassation a estimé qu’aucune exception ne pouvait lever l’immunité personnelle absolue d’un chef d’État en exercice, ce qui était le cas d’al-Assad à l’époque. Les génocidaires ne sont condamnés ou tout simplement exécutés sans jugement que quand ils sont pris par des ennemis puissants, souvent eux-mêmes criminels de guerre, et ne disposent pas de suffisamment d’appuis, tels Saddam Hussein ou Khadafi. Un génocidaire comme Netanyahou ne sera sans doute jamais condamné. Une justice internationale dans un monde impérialiste où seules comptent la richesse et la puissance est une illusion.

Macron vient d’annoncer qu’il s’apprêtait à reconnaître l’État de Palestine en septembre prochain à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU et dans le cadre d’une conférence sur la question co-organisée avec l‘Arabie saoudite. Rappelons que l’État palestinien a été proclamé par Yasser Arafat en 1988, reconnu comme « État non membre observateur » par l’ONU en 2012 et comme État à part entière par 144 pays à travers le monde. Macron a attendu que la population gazaouie soit massacrée et que celle de Cisjordanie de plus en plus soumise à une colonisation forcée pour franchir le pays. Quelle audace ! Mais toujours pas question pour lui de cesser les livraisons d’armes à l’État sioniste, voire de demander la dénonciation de l’accord de coopération qui le lie à l’Union européenne. Une reconnaissance hypocrite sur un champ de ruines.

Après plus de 40 ans derrière les barreaux dans l’Hexagone, le militant communiste libanais, Georges Ibrahim Abdallah, est arrivé à Beyrouth. Sorti de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) il a été transféré à l’aéroport de Roissy, son avion le transportant ensuite jusqu’à la capitale libanaise. Des membres de la famille du militant propalestinien et de l’équipe qui l’a soutenu l’attendaient dans le salon d’honneur de l’aéroport. Des dizaines de ses partisans, certains brandissant des drapeaux palestiniens et du Parti communiste libanais, s’étaient rassemblés près du hall des arrivées. Il s’est ensuite rendu dans son village natal de Kobayat, dans le nord du pays, où, selon sa famille, « un accueil populaire et officiel lui sera réservé ». Auparavant il avait déclaré à l’AFP : « « Quarante ans, c’est beaucoup, mais on ne les sent pas quand il y a une dynamique de lutte ».

Un différent frontalier qui dégénère. La Thaïlande a annoncé avoir évacué plus de 140 000 civils après avoir échangé des tirs motels avec son voisin cambodgien. En cause un tracé frontalier contesté entre les deux pays datant de l’époque de la colonisation française. Mais ces affrontements, qui selon la Thaïlande pourraient se transformer « en guerre », viennent à point nommé pour détourner les populations des problèmes économiques sérieux qui touchent les deux protagonistes. Et rien de tel qu’une bonne guerre pour faire oublier la misère.

Les militants écologistes et les observateurs chevronnés du droit de l’environnement se sont réjouis de l’avis rendu public par la Cour internationale de justice qui a statué que les États avaient obligation de répondre « à la menace urgente et existentielle » du réchauffement climatique. Et d’estimer que « le fait pour un État de ne pas prendre les mesures appropriées pour protéger le climat des effets néfastes des gaz à effet de serre, notamment en produisant ou en utilisant des combustibles fossiles ou en octroyant des permis d’exploration ou des subventions pour les combustibles fossiles, peut constituer un fait internationalement illicite attribuable à cet État ». Sauf que les avis de la plus haute juridiction de l’ONU, basée à La Haye, sont… purement consultatifs et nullement contraignants. Pas de quoi ralentir l’exploitation féroce des énergies fossiles par les États et les grands groupes gazo-pétroliers.

Macron a volé au secours de Rachida Dati, sa ministre de la Culture, qui vient d’être renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption. Face à celles et ceux qui, à gauche, mais aussi dans la majorité, demandent son départ l’Élysée a fait savoir que « le président de la République a pris note de la décision du renvoi de Rachida Dati devant le tribunal correctionnel. Un renvoi n’étant pas une condamnation, elle poursuit son travail au gouvernement ». Rappelons que c’est le même Macron qui, lors de sa campagne présidentielle de 2017, avait déclaré tout aussi martialement qu’« un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen » dans une optique d’exemplarité et de moralité politique. Preuve que Macron peut dire tout et son contraire, sans état d’âme.

Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, a affirmé qu’il ne voyait « pas de raison de quitter » le gouvernement malgré les tensions suscitées par ses vives critiques à l’égard d’Emmanuel Macron dans une interview au vitriol donnée au magazine d’extrême droite Valeurs actuelles. Il joue sur deux tableaux : d’abord il continue de tisser et de renforcer ses réseaux à partir de la place Beauvau et ensuite il tient des discours d’extrême droite en vue de se positionner pour la présidentielle de 2027. Quant à Macron, qui a fait savoir en privé qu’il n’appréciait pas les remarques quasi-insultantes de Retailleau, il est coincé. Pas question dans la situation actuelle, où sa majorité à la Chambre est plus que fragile, de virer le ministre de l’Intérieur, patron du parti Les Républicains, ce qui précipiterait une crise gouvernementale. Alors Macron encaisse et Retailleau continue, pépère, sa campagne présidentielle.