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Brèves

L’actualité en bref

Le ministère des Armées s’est adressé à Renault pour lui proposer de fabriquer des drones militaires qui seraient ensuite livrés à l’armée ukrainienne. Les premières réactions à ces projets des travailleurs concernés et des syndicats n’ont pas du tout été favorables, même si on leur a fait miroiter la préservation des emplois. « On a signé pour fabriquer des voitures, pas des armes ! » ont répondu de nombreux salariés. Devant à cette hostilité, Renault envisagerait désormais de produire les drones en Slovénie. On ignore comment réagiront les travailleurs slovènes, mais il n’y a jamais à se réjouir de la production d’armes, dans quelque lieu que ce soit, car ces armes finissent toujours par être utilisées, y compris contre d’autres travailleurs. D’autant que ceux qui les fabriquent font souvent partie des premiers ciblés…

Nous étions habitués à voir tous ceux qui affirment leur solidarité au peuple palestinien et dénoncent le génocide de Gaza se faire accuser d’antisémitisme, non seulement par divers médias mais par des membres du gouvernement. Mais cette fois, c’est Netanyahou qui lance cet anathème… contre Macron, pour la raison que celui-ci affirme vouloir reconnaître un État palestinien. La déclaration de Macron et la prise de position de la représentation française à l’ONU ne risquent pourtant pas d’avoir la moindre conséquence pratique. Sans compter que Macron n’a pas cessé de fournir des armes à l’État israélien et que les propagandistes de Tel Aviv ont table ouverte dans les médias. Mais, pour le gouvernement d’extrême droite israélien, ce geste purement symbolique est encore de trop.

Une nouvelle campagne de l’horloger Swatch pour ses montres a provoqué une vague d’indignation dans le plus grand pays d’Asie. Sur une des affiches promotionnelles, on voit en effet un mannequin, montre de la marque au poignet, tirer les coins de ses yeux pour les allonger et avoir l’air « chinois ». Un des stéréotypes les plus courants qui passe mal parmi les populations asiatiques. Cela a entraîné, sur les réseaux sociaux, des appels à boycotter Swatch, et pas seulement en Chine. La marque s’est finalement excusée en retirant l’affiche litigieuse sans cependant reconnaître sa connotation raciste. D’autres marques étrangères ont connu pareille mésaventure au cours des dernières années. Par exemple, Dolce & Gabbana, après la publication en 2018 de vidéos montrant une personne utilisant des baguettes pour manger de la cuisine italienne, ou Dior qui, en 2023, affichait aussi un mannequin tirant sur le coin de son œil. Des clichés douteux qui ont la vie dure.

Dans une interview accordée à Paris Match, Macron en fait des tonnes sur sa proximité avec François Bayrou l’appelant « mon ami… mon compagnon de route » et défend son projet de budget « lucide et courageux que nous avons longuement préparé ensemble ». Mais vu le taux d’impopularité record du Premier ministre et sa majorité parlementaire à éclipse, le président de la République se trouve contraint de réaffirmer que Bayrou pourra rester à Matignon jusqu’en 2027… sans vraiment y croire puisqu’il agite malgré tout la menace de dissolution, tout en affirmant qu’il n’en veut pas. Bref un compliment à Bayrou qui a des airs de méthode Coué appliquée à la politique.

Suite à la proposition d’Emmanuel Macron qu’une prochaine rencontre Poutine-Trump-Zelensky se tienne à Genève, le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, a annoncé que son gouvernement était prêt à offrir l’immunité à Vladimir Poutine sans tenir compte du mandat d’arrêt international lancé contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Et Cassis d’expliquer que le pouvoir fédéral suisse fait la distinction entre une visite privée et une visite « pour une conférence de paix ». Ce qui sera éventuellement le cas de Poutine. Et ce n’est pas un exemple isolé. À travers le monde plusieurs pays, membres ou non membres de la Cour pénale internationale, refusent d’exécuter ces mandats d’arrêts internationaux pour des raisons diplomatiques et politiques. Au premier rang desquels les États-Unis, Israël, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Hongrie, la Mongolie, l’Argentine, etc. Ces mandats ne sont appliqués en général qu’à des dictateurs déchus des pays pauvres. Quant aux génocidaires des grandes puissances et leurs alliés ils peuvent continuer à massacrer sans crainte d’être poursuivis.

Louis Sarkozy, 27 ans, fils de Nicolas, l’habitué des tribunaux que l’on ne présente plus, veut se lancer en politique. Il a jeté son dévolu sur la ville de Menton où il a emménagé récemment avec son épouse. Il vise la mairie en profitant des difficultés du maire actuel, le divers droite Yves Juhel, empêtré dans des affaires judiciaires liées à la gestion des ports et des plages privées de la ville. Cela doit lui rappeler son paternel. Il a donc créé une « Association de financement de la campagne électorale de la liste conduite par Louis Sarkozy pour les élections municipales de mars 2026 à Menton » et lancé un compte sur X, « Les jeunes avec Louis Sarkozy ». Il n’a pas encore fait connaître son programme municipal, mais s’est déjà distingué sur LCI à propos de la guerre de Gaza, en déclarant à propos des Palestiniens : « Qu’ils crèvent tous. Israël fait le travail de l’humanité ici. » Un véritable humaniste, comme son père…

À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, l’ONU a alerté sur l’augmentation inquiétante du nombre de travailleurs humanitaires tués en 2024, en hausse de 31 % par rapport à l’année précédente. L’an dernier, 383 humanitaires ont été tués dont près de la moitié (181) dans la bande de Gaza. De plus, 308 personnes de ce secteur ont été blessées, 125 kidnappées et 45 détenues. Le Soudan vient en seconde position de cette liste macabre avec 60 tués. « Même une seule attaque contre un collègue humanitaire est une attaque contre nous tous et contre ceux que nous servons », a déclaré le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher. « Des attaques de cette ampleur, avec zéro sanction, sont l’expression honteuse de l’inaction et de l’apathie internationales. » En d’autres termes, les génocidaires ont les mains libres pour continuer à tuer impunément les membres des ONG et des agences de l’ONU.

Après le rejet de l’accord de Bougival par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste du territoire, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, se rend à Nouméa pour tenter de le convaincre du bien-fondé de cet accord. Et, comble de l’audace, il se dit prêt à s’entretenir avec le leader kanak Christian Tein. Sauf que ce dernier, après avoir passé un an en prison à Mulhouse, est assigné à résidence en Métropole, comme d’autres de ses camarades, avec interdiction de se rendre dans l’archipel calédonien où plusieurs dizaines d’indépendantistes croupissent toujours en cellule. Valls affirme, en signe bonne volonté, que sa porte « est toujours ouverte ». Ce sont surtout celles des prisons qu’il devrait faire ouvrir.

Christian Estrosi, le maire (Horizons) de la ville de Nice, a attaqué violemment le député d’extrême droite Éric Ciotti, fidèle allié de Marine Le Pen, qu’il accuse d’avoir constitué un fichier illégal des électeurs niçois en vue des élections municipales de l’an prochain à l’issue desquelles Ciotti rêve de s’emparer de la municipalité. D’après les informations de Libération et Nice-Matin, les équipes du député des Alpes-Maritimes sont soupçonnées d’avoir listé des Niçois « influents » dans un fichier Excel. Ce document, dénoncé à la justice par un lanceur d’alerte anonyme, précise leur occupation (responsable associatif, commerçant, etc.) mais aussi contenait des informations sur leur confession (« juive », « chrétienne »), leurs origines (« arménienne », « corse ») ou même leur situation de handicap (« sourd », « non voyant »). Ce qui est parfaitement illégal. Piqué au vif, Ciotti a réagi en portant plainte pour diffamation contre son rival. Une bataille crasseuse digne de la droite et de l’extrême droite.