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Brèves

L’actualité en bref

La chose est inhabituelle et mérite donc d’être soulignée. Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Kiev, et face au Palais présidentiel, pour protester non contre Moscou mais contre le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui vient de faire passer au Parlement une loi destinée à mettre au pas deux agences indépendantes spécialisées dans la lutte contre la corruption. Prétexte avancé : elles seraient « infiltrées » par des agents russes. Pas très convainquant. Plus prosaïquement, désormais complètement contrôlées par des individus proches du Président, elles pourront toujours enquêter sur des affaires de corruption, mais probablement pas contre les hommes au pouvoir, seulement contre les opposants. Les corrupteurs, affairistes et escrocs de toutes sortes qui sont légion dans l’entourage de Zelensky pourront dormir sur leurs deux oreilles.

La Knesset, le Parlement israélien, a adopté à une large majorité (71 voix contre 13) un projet de texte non contraignant appelant à imposer la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie et la vallée du Jourdain. Un vote symbolique mais qui va dans le même sens que des récentes déclarations de membres du gouvernement Netanyahou mais également de la répression menée depuis des mois contre la population cisjordanienne qui a fait des centaines de morts, des milliers de blessés et le déplacement de villages entiers pour permettre à des colons juifs de s’installer. Tout ça couplé avec les massacres de Gaza et les tentatives de regrouper la population gazaouie en vue de son expulsion. Dans ces conditions la solution à deux États mis en avant par Macron est une gigantesque fumisterie. Car Jérusalem ne veut pas en entendre parler et les puissances occidentales ne sont pas prêtes à se mettre à dos l’État sioniste qui fait le sale boulot à leur place dans la région.

L’ONG Global Footprint Network calcule chaque année le « jour du dépassement », c’est à dire le moment où la demande humaine sur la nature dépasse ce que la Terre peut produire et absorber en une année. Ce jour a été atteint le 24 juillet en 2025, contre le 1er août en 2024, le 2 août en 2023, voire le 16 août en 2020. Dit autrement il faudrait l’équivalent de 2,8 planètes pour survenir à l‘ensemble des besoins de l’Humanité. En fait le capitalisme continue à surexploiter les ressources naturelles, à polluer l’environnement et a suscité le réchauffement climatique. Il mène la planète droit dans le mur… et nous avec.

Plusieurs dizaines d’ONG tirent la sonnette d’alarme après l’annonce d’une coupe de 700 millions d’euros de l’aide au développement dans le projet de budget 2026 présenté par François Bayrou. Cette réduction s’ajoute à d’autres baisses depuis 2024 ce qui va conduire les humanitaires à renoncer à certains programmes d’aide, dans un contexte mondial marquée par la crise économique, les dérèglements climatiques et la multiplication des conflits armés. « Les orientations budgétaires présentées par le gouvernement pourraient mettre en danger des populations pauvres et vulnérables dans le monde », dénonce Coordination Sud, qui rassemble 188 ONG menant des actions humanitaires d’urgence, comme Médecins du Monde, Handicap international ou encore Solidarités international. L’aide au développement permet de financer l’accès à des services essentiels, comme à la santé, à l’eau, à l’alimentation, mais aussi de protéger des populations qui sont dans des situations de vulnérabilité et de fragilité extrême. En fait Bayrou ne fait que suivre l’exemple de Trump qui a élagué à la tronçonneuse le budget de l’agence USAID tout en annonçant, en même temps, des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises.

La permanence, dans les Deux-Sèvres, de la députée écologiste Delphine Batho a été dégradée par des manifestants appartenant à deux syndicats agricoles de droite, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs. Dans un passé récent d’autres parlementaires de gauche ou écologistes ont connu pareille mésaventure alors que les injures et les menaces se multiplient sur les réseaux sociaux à l’égard de celles et ceux qui avaient voté contre la loi Duplomb. Quant aux autorités, et notamment aux préfets, ils font preuve d’une grande mansuétude par rapport à ces manifestants. Un traitement qui contraste avec celui réservé à celles et ceux qui prennent part à des manifestations syndicales ouvrières, écologistes ou de soutien à la Palestine. Là les autorités n’hésitent jamais à envoyer gendarmes et CRS. Un deux poids de mesure qui se comprend lorsqu’on connaît la proximité des principales organisations agricoles -avec la droite en général et le gouvernement en particulier.

Visée par une enquête pour corruption passive et trafic d’influence dans l’affaire Carlos Ghosn, la ministre de la Culture, Rachida Dati, s’en est prise violemment aux magistrats du pôle financier qui, en l’inculpant, feraient mal leur travail. En fait, victime innocente, elle serait l’objet d’une véritable persécution judiciaire. Et elle a reçu le soutien de Macron, de Darmanin, de Retailleau et d’autres membres du gouvernement. Ces gens-là, qui passent leur temps à s’en prendre au laxisme de la justice lorsqu’elle ne punit pas assez sévèrement les jeunes délinquants des banlieues, voire des manifestants pro-palestiniens et écologistes, s’offusquent lorsque l’une des leurs est prise les doigts dans le pot de confiture pour avoir empoché frauduleusement 900 000 euros. Une bande de faux culs !

L’université de Columbia, à New-York, l’une des plus prestigieuses du pays, a annoncé qu’elle avait sanctionné 80 étudiants pour avoir participé à des manifestations pro-palestiniennes en mai 2024. Ces sanctions incluent des suspensions allant de 1 à 3 ans, des révocations de diplômes, des expulsions définitives, ainsi que des mises à pied sous surveillance. La sévérité de ces sanctions a tout à voir avec la menace de Donald Trump de geler 400 millions de dollars de subventions à l’établissement s’il ne réagissait pas contre les campagnes critiquant la politique israélienne à Gaza. De son côté le comité de Columbia de soutien à la campagne de boycott d’Israël a fait savoir qu’il poursuivrait son combat.

L’archipel polynésien des Tuvalu est l’un des endroits du globe les plus menacés par la montée du niveau des océans et le réchauffement climatique. À tel point que la majorité des 10 000 habitants souhaitent quitter leurs îles avant qu’elles ne soient submergées. Conséquence : 82 % des 11 000 Tuvalais ont déjà demandé un visa pour s’installer en Australie, dans le cadre d’un traité entre les deux pays. Mais toutes les demandes ne pourront être satisfaites dans la mesure où le gouvernement de Canberra n’offre que 280 visas chaque année. Les autres iront tenter leur chance ailleurs. Mais ce qui leur arrive est le sort qui attend demain d’autres peuples si le dérèglement climatique se poursuit.

 

 

Alors que Bayrou a présenté pour 2026 un véritable budget de guerre contre les classes laborieuses (suppression de deux jours fériés, coupes dans les services publics, nouvelle réforme de l’assurance chômage, gel des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires, remise en cause de la 5e semaine de congés payés…), l’ensemble des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires) a décidé une vigoureuse riposte commune sous forme… d’une pétition. Pas de quoi faire reculer le gouvernement. Si, parfois, une pétition peut être utile pour sensibiliser l’opinion, là les travailleurs et les travailleuses attendent que les fédérations syndicales organisent une véritable riposte sur le terrain, dans les entreprises et dans la rue, contre ce budget scélérat. On en est loin !