Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Amélie Oudéa-Castéra, l’ancienne ministre des Sports, va prendre la tête du Comité national olympique et sportif français. Mais alors que cette fonction était jusqu’à présent bénévole, elle réclame pour l’occuper un salaire mensuel brut de 9 000 euros, avec l’appui de Macron. Non pas que cette dame soit dans le besoin. Avant d’être ministre, elle touchait 500 000 euros annuels comme directrice générale de la Fédération française de tennis et, encore avant, 1,4 million d’euros comme directrice exécutive chez Carrefour. Et son mari dirige le géant de l’industrie pharmaceutique Sanofi. Pas question d’être bénévole, mais, par amour du sport, elle accepte un modeste salaire de cadre supérieur. Quel sacrifice !

Sur proposition de Laurent Wauquiez, le président du groupe parlementaire La Droite Républicaine, et avec l’appui du Rassemblement national et des macronistes, la commission des lois de l’Assemblée nationale a validé la création d’une commission d’enquête sur les « liens » supposés entre La France insoumise et… les islamistes. Va-t-elle découvrir que Mélenchon est en fait un émir de Daech, que Manuel Bompard est, en secret, un membre influent des Frères musulmans et que Rima Hassan est manipulée par le Hezbollah libanais ? Foutaises ! Cette pseudo-commission d’enquête a un double but : apporter de l’eau au moulin des campagnes haineuses visant les soutiens aux Palestiniens mais aussi stigmatiser les musulmans – ou supposés tels – dans leur ensemble. Une fumisterie puante digne du Palais Bourbon.

Pour montrer qu’il ne craignait pas de s’en prendre aux privilégiés et qu’il n’était nullement le « président des riches », Emmanuel Macron avait instauré en 2018 une taxe sur les yachts privés. Elle était censée rapporter 10 millions d’euros pas an. Or son rendement a été seulement de 86 700 euros en 2018, de 288 000 euros en 2019 et de 60 000 euros en 2024. Une misère ! Les propriétaires nantis de ces bateaux de luxe ont-ils fui en masse le pays ? Nullement. Ils se sont contentés de les immatriculer dans les paradis fiscaux et de les faire naviguer sous pavillon de complaisance. Il n’en resterait plus aujourd’hui que cinq taxables en France. Un mouvement qui était prévisible mais que Bercy a laissé faire sans inquiéter les fraudeurs. On ne touche pas aux riches, au mieux on fait semblant !

Le ministre de l’Intérieur a annoncé une vaste mobilisation des forces de l’ordre pour contrôler les personnes en situation irrégulière. Les opérations se déroulent sur deux jours notamment dans les bus et les gares. « Dans ces 48 heures, on va mobiliser 4 000 gendarmes, des policiers, des douaniers, des forces Sentinelle (armée) pour interpeller des clandestins », a braillé Bruno Retailleau sur CNews et Europe 1, en affirmant fièrement : « Depuis le début de l’année, nous en avons interpellé 47 000. » Au-delà de l’opération de communication anti-migrants, dont le locataire de la place Beauvau est un habitué, cette chasse aux étrangers dans les transports fait partie de la campagne aux relents racistes et xénophobes que le gouvernement poursuit depuis des mois avec le soutien de l’extrême droite.

Dans son dernier rapport la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNDH) est relativement optimiste puisqu’elle reconnaît une amélioration de la tolérance envers les minorités en France en 2024. Et cette tolérance est plus forte chez les jeunes générations que chez les anciens. Elle note également la corrélation entre les différentes formes de racisme car « plus on rejette les immigrés, plus on rejette les personnes perçues comme juives, musulmanes, ou les personnes LGBTI ». Enfin, en ce qui concerne l’islamophobie, elle rappelle que « contrairement aux idées reçues, s’agissant du sentiment anti-musulman, les personnes qui sont hostiles aux musulmans sont aussi les moins attachées à la laïcité, à l’égalité entre les hommes et les femmes, et les plus critiques envers l’homosexualité ». En résumé toutes les formes de racisme et de discrimination sont liées et on ne peut pas lutter contre l’une sans lutter contre les autres.

Le Parlement a validé un projet de loi permettant d’envoyer à l’étranger des millions de tonnes de gaz carbonique (CO2) dans le but ultime de les enfouir dans des sites de stockage situés notamment sous les océans. Le gaz est au préalable capté puis comprimé et liquéfié avant d’être exporté. Le gouvernement y voit parait-il un moyen d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Il s’agit de s’asseoir sur la Convention de Londres (1972), un texte international sur la prévention de la pollution, qui prévoit une interdiction de principe de toute exportation de déchets en vue de leur élimination en mer. Faute de vouloir s’attaquer au cœur du problème – diminuer les émissions de CO2, notamment dans l’industrie – on préfère planquer les déchets sous le tapis. Vive l’écologie made in Macron !

L’inspection générale des affaires sociales accuse le groupe privé La Maison bleue, qui détient 600 crèches à travers tout le pays, de défaillances en matière de qualité d’accueil des enfants, de fausses déclarations, d’anomalies financières, et aussi la mise sous pression d’un personnel en nombre insuffisant. En avril, Libération avait publié une enquête sur les structures de La Maison bleue, rapportant notamment des témoignages de parents dont les enfants avaient été maltraités. Ces groupes se font de l’argent à la fois sur le dos des familles, de la Caisse d’allocations familiales et des services sociaux des communes mais aussi de leur personnel qu’ils exploitent jusqu’à l’os. C’est le social à la mode du privé.

C’est Mediapart qui a révélé l’information. Le retour de Jean-Marc Morandini à Europe 1, une station radio du groupe Lagardère, détenue par le milliardaire Vincent Bolloré, pose quelques problèmes à la direction. En effet l’animateur a été condamné plusieurs fois pour harcèlement sexuel et corruption de mineurs et il lui est interdit de travailler à leur côté. Or la station accueille actuellement de nombreux élèves de seconde qui viennent y effectuer un stage obligatoire. Leurs familles ont exprimé leur inquiétude sur la présence dans les locaux de Morandini. Pour leur part, les élus du Comité social et économique et les délégués syndicaux ont demandé à la direction des précisions quant à l’organisation prévue « afin de rassurer les salariés et les familles de ces adolescents ». La direction a répondu avoir anticipé la situation afin que les stagiaires et Morandini ne se croisent jamais. Tout ça parce que le très réac Morandini est revenu récemment en grâce auprès de Bolloré qui insiste pour le maintenir à tout prix à l’antenne…

Réunis au Canada, les principaux pays impérialistes de la planète, réunis au sein du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), ont exprimé leur soutien à Israël dans son agression contre l’Iran. Bien mieux, ils ont affirmé que l’Iran est la principale source d’instabilité et de terrorisme dans la région. Pas un mot sur le terrorisme à grande échelle que l’État sioniste met quotidiennement en œuvre à Gaza, en Cisjordanie, au Liban, en Syrie , au Yémen et, bien sûr, en Iran. Et pour cause. Ces opérations militaires ne font que conforter l’emprise de l’impérialisme sur le région. Et les appels à la désescalade ne sont que pure hypocrisie.