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Brèves

L’actualité en bref

Donald Trump, son vice-président J.D. Vance et leurs épouses, ont assisté à la première de la comédie musicale Les Misérables au Lincoln Center de Washington. Mais rien ne s’est vraiment passé comme prévu. En pleine répression des manifestations à Los Angeles, certains avaient noté qu’il était ironique, voire paradoxal, de voir le p,résident américain assister à une pièce de théâtre, tirée du roman de Victor Hugo, qui exaltait l’insurrection du peuple de Paris, en juin 1832, contre le régime de Louis Philippe. Dès son arrivée Trump a été copieusement hué par une partie du public. En outre une douzaine de comédiens avaient annoncé qu’ils refusaient de jouer devant Trump et plusieurs drag-queens – bêtes noires du locataire de la Maison-Blanche – étaient présentes dans la salle et ont été applaudies à leur arrivée. Victor Hugo a encore frappé !

Après la mort d’une surveillante poignardée par un adolescent de 14 ans dans un collège de Nogent, Élisabeth Borne a annoncé que désormais les établissements scolaires vont devoir se doter d’un « protocole de repérage et de prise en charge des situations de souffrance ps.ychologique chez les jeunes ». Et d’ajouter : « Si un jeune est repéré par l’Éducation nationale et peut présenter des problèmes psychologiques, psychiques, voire psychiatriques, il faut qu’il y ait une forme de coupe-file pour assurer sa prise en charge, notamment dans les centres médicaux psychologiques. » Son plan prévoit notamment de former deux adultes repères dans chaque établissement scolaire du second degré et chaque circonscription du premier degré d’ici 2026, et de déployer un modèle national de repérage et d’intervention précoces. Excellente intention, même si les causes profondes de la violence et de la délinquance trouvent leurs racines dans la désagrégation d’une société capitaliste de plus en plus inégalitaire et injuste. De toute manière sa mise en œuvre demanderait des moyens importants, notamment en personnel et en structures d’accueil. Déjà, dans de nombreux établissements, les infirmières scolaires ne sont présentes que quelques demi-journées par semaine. Parions que dans quelques mois plus personne ne parlera de cette initiative de communication.

Israël a lancé des attaques aériennes contre des installations nucléaires et aurait tué plusieurs hauts responsables des forces armées du régime des mollahs. La ville de Tabriz ainsi que Téhéran ont également été visées. L’Iran a déclaré vouloir riposter et des représailles sont en cours. Non content du génocide qui continue à Gaza et de l’avancée de la colonisation en Cisjordanie, l’État d’Israël n’hésite pas à tenter de faire régner sa loi à tout le Moyen-Orient. Après les bombardements au Liban, puis les interventions en Syrie, c’est maintenant à l’Iran que s’attaque Netanyahou, avec la bénédiction de Trump, qui trouve ces attaques « excellentes ». L’escalade en cours peut embraser tout le Moyen-Orient et déboucher sur une guerre généralisée. C’est bien l’impérialisme qui en est responsable.

La dernière proposition de Darmanin : faire passer de 18 à 9 mois la durée maximale d’indemnisation de l’assurance-chômage ! Et d’expliquer : « Si on veut financer ce budget de la justice, ce budget de l’Éducation nationale, de la Défense, il faut que nous fassions des efforts sur le budget social. » Ces gens-là n’ont plus aucune limite. Pendant ce temps, comme l’a révélé le Canard enchaîné, une centaine de cadres dirigeants de France Travail se la coulent douce en séminaire dans un hôtel quatre étoiles avec spa, hammam… Et encore tout ça n’est rien à côté du patrimoine de Marc Ferracci, ministre de l’Industrie, avec près de 23 millions d’euros… « pognon de dingue » qu’il a accumulé grâce à ses parts dans la société d’expertise comptable et de conseil en gestion détenue par son père. Pour les gouvernants, affamer les chômeurs c’est bien, ponctionner les riches, pas question.

C’est le Canard enchaîné qui relève l’affaire. Acharnée à vouloir expulser le maximum de migrants possible, la préfecture de Mayotte n’hésite pas à falsifier leurs papiers d’identité pour les rendre expulsables. Ainsi un mineur interpellé devient, par un coup de baguette administrative, un adulte majeur visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et que l’on enferme, en attendant, dans un centre de rétention. Mieux, une adolescente de 14 ans se voit attribuer une fausse date de naissance qui la fait passer d’un coup à 20 ans. Mais, de plus, on lui attribue quatre enfants de 6 et 12 ans qui sont en réalité… ses frères et sœurs. Sont ainsi placés en détention, selon le PV officiel, « une mère et ses quatre enfants ». Le tribunal administratif a condamné plusieurs fois le préfet pour des expulsions « manifestement illégales ». Mais fort de l’appui de son ministre de tutelle, Retailleau, ce dernier continue de plus belle son sale boulot.

Le Conseil des ministres vient d’officialiser la dissolution de la Jeune Garde antifasciste, un collectif antifa de la région lyonnaise créé en 2018. Aussitôt le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui était à la manœuvre depuis le début, a tenu à faire part de sa satisfaction. Cette dissolution, condamnée par tous les partis de gauche et les organisations d’extrême gauche, se situe bien sûr dans la campagne de répression qui touche actuellement les soutiens à la Palestine et ceux qui s’opposent à l’extrême droite. Cela dit, il n’est pas sûr que cette décision tienne en justice. En effet, dans un passé récent, le Conseil d’État a annulé la dissolution du collectif écologiste Les Soulèvements de la Terre, considérant que celle-ci portait « une atteinte grave à la liberté d’association, principe fondamental reconnu par les lois de la République ». Quoi qu’il en soit, nous assurons les camarades de la Jeune Garde antifasciste de notre entière solidarité.

Après le drame survenu devant un collège de Nogent (Haute-Marne), où un élève a poignardé à mort une surveillante, la droite a, comme son habitude, surfé sur ce fait divers tragique pour vendre sa camelote sécuritaire. Le Premier ministre veut – sous15 jours – interdire la vente de couteaux aux mineurs et faire expérimenter des portiques de détection d’armes à l’entrée des établissements, portiques dont l’efficacité s’est avérée, là où ils existent déjà, des plus douteuses. Retailleau promet plus de policiers et de gendarmes pour fouiller les sacs et Darmanin a redit qu’il voulait supprimer l’excuse de minorité pour les mineurs délinquants. Et tous en chœur de reprendre l’air bien connu de la montée inquiétante de la délinquance chez les jeunes. Une ânerie contredite par les statistiques qui montrent une baisse de 25 % du nombre de mineurs poursuivis par la justice entre 2016 et 2023 (passant de 64 934 à 48 389). Alors oui, bien des jeunes sont mal dans leur peau et dans leur tête, ce qui n’a rien d’étonnant vu la société dans laquelle nous vivons. Pour les aider, il faudrait plus d’enseignants, plus de surveillants, plus d’assistantes sociales et de conseillers pédagogiques à leur écoute. Mais cela coûte trop cher pour nos gouvernants qui préfèrent le recours à la matraque. Pourtant l’exemple des États-Unis, où les tueries dans les collèges et lycées font régulièrement la une des médias, devrait faire réfléchir. Car là-bas ceux qui se rendent coupables de tels méfaits sont passibles… de la peine de mort. Ce qui ne les a jamais empêchés de passer à l’acte.

Romain Clercq, le directeur de l’institution catholique de Bétharram (devenue le Beau-Rameau), près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), rendue célèbre pour ses pratiques éducatives plus que douteuses, sera muté à la rentrée au sein d’un autre établissement catholique du département, le collège et lycée privé Saint-Joseph d’Oloron. En poste depuis 2011, il avait été notamment mis en cause par un rapport de l’Éducation nationale qui pointait, en 2024, des « lacunes » dans le signalement d’agressions sexuelles, des interdictions d’aller aux toilettes, un nombre élevé de punitions, etc. Mais cette exfiltration n’est pas passée inaperçue. Des parents d’élèves de Saint-Joseph ont formé un collectif qui refuse l’arrivée de Clercq dans leur établissement et menacent – hérésie suprême – de mettre leurs enfants dans le public. Le respect pour la sainte Église n’est plus ce qu’il était, même chez les culs-bénis.

Les mobilisations contre l’arrestation de migrants et de demandeurs d’asile, parties de Los Angeles en Californie, s’est étendue à de nombreuses grandes villes californiennes comme San Francisco mais aussi à New York, Chicago (Illinois), Seattle (État de Washington), Atlanta (Géorgie), Omaha (Nebraska), Denver, (Colorado), etc. La colère est palpable chez les manifestants confrontés à police d’immigration, à la garde nationale, voire aux Marines, mais aussi à la police locale, souvent aux ordres d’un maire… démocrate. Le meilleur exemple a été donné par New York, où le maire, le démocrate Eric Adams, s’est vanté de ne pas avoir besoin de l’armée pour rétablir l’ordre, mais que la police locale, le New York Police Department, était prête « à parer à toute éventualité ». À Los Angeles, la maire démocrate, Karen Bass, a condamné les « actes de vandalisme et de pillage », sans un mot sur les méfaits des forces de l’ordre. Même une figure emblématique de l’aile gauche démocrate, le sénateur Bernie Sanders, a dénoncé la violence des manifestants en appelant à des protestations non violentes. Face à Trump et à ses hommes armés, les travailleurs et les classes populaires américaines ne peuvent compter que sur leurs propres forces.