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Brèves

L’actualité en bref

Plus de cinquante militants et sympathisants de l’organisation Palestine Action ont été arrêtés lors d’une manifestation de soutien à Londres à ce réseau pro-palestinien, interdit depuis début juillet et classé comme « organisation terroriste » par les autorités. Des centaines de personnes se sont réunies à Parliament Square, devant le Parlement britannique, pour protester contre cette interdiction certains munis de pancartes affirmant « Je soutiens Palestine Action » ou « Agir contre le génocide n’est pas un crime ». Les personnes arrêtées n’ont pas opposé de résistance, beaucoup formant un « V » de la victoire avec leurs doigts, sous les applaudissements d’autres manifestants. À ce jour, plus de 200 personnes ont été interpellées et trois personnes ont été inculpées pour avoir exprimé leur soutien à l’organisation, une infraction passible jusqu’à six mois de prison. Alors qu’une action en justice a été lancée pour contester cette interdiction, plus de 200 intellectuels juifs britanniques ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre, Keir Starmer, et à la ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper; affirmant leur solidarité avec les Palestiniens et qualifiant d’ «illégitime » et « contraire à l’éthique » l’interdiction de Palestine Action.

Plusieurs dizaines de médecins étrangers, dits « Praticiens à diplôme hors Union européenne » (Padhue), souvent d’origine marocaine et algérienne, ont été recrutés ces dernières années par le Grand Hôpital de l’Est-Francilien, qui regroupe quatre structures hospitalières de Meaux, Marne-la-Vallée, Coulommiers et Jouarre. Pour attirer ces praticiens, souvent contractuels et touchant des salaires très bas (1 900 euros), l’ancienne direction leur versait des primes qui figuraient noir sur blanc dans leurs contrats. Mais ces primes ont été jugées non conformes aux règlements par la nouvelle direction qui leur demande de les rembourser sur les deux dernières années, ce qui peut représenter pour chacun d’eux des sommes comprises entre 4 000 et 65 000 euros, selon leur avocate. Cette situation a entraîné une forte détresse chez les médecins concernés, certains étant en arrêt-maladie ou en dépression. Mais elle a aussi suscité la mobilisation de syndicats et des recours devant le tribunal administratif. Comme l’a expliqué Catherine Dos Santos, secrétaire adjoint CGT de l’établissement : « Si les 80 Padhue partent tous, on n’a plus qu’à fermer un hôpital ». Quant à la direction elle explique cyniquement qu’elle espère ainsi récupérer entre 2;5 millions et 3 millions d’euros sur leur dos.

À l’initiative de diverses organisations – dont l’Union Juive Française pour la Paix et CAPJPO Euro-Palestine – un campement pour dénoncer le génocide à Gaza a été organisé place de la Bastille, en plein cœur de la capitale. Parmi les revendications mises en avant : l’ouverture pleine et entière de la frontière à Gaza, l’entrée de l’aide humanitaire, l’arrêt des opérations militaires, la fin des ventes d’armes à Israël, le boycott de ce pays, ainsi que la rupture des relations économiques avec lui. Ils ont également dénoncé le soutien de Paris à Netanyahou.

À l’initiative de l’association d’aide aux exilés Utopia 56 plus de 250 sans abri, dont une majorité de femmes et une centaine d’enfants, ont installé des tentes devant l’Hôtel de Ville. Elles y ont passé plusieurs nuits à même le sol, enveloppées dans des couvertures ou des sacs de couchage, exprimant leur colère en criant « On veut un logement ! Zéro enfant dans la rue ! ». Ils voulaient, par cette action, attirer l’attention de l’opinion publique sur l’absence criante d’hébergements d’urgence et le désengagement des pouvoirs publics dans ce domaine. Utopia 56 dénonce le manque de volonté politique et la difficulté à trouver un hébergement, notamment en période estivale, où les structures d’accueil ferment ou sont en vacances. Elle appelle à la réquisition des bâtiments vides et des bureaux pour mettre fin à cette situation. Des réquisitions que le préfet peut fort bien décider. Mais généralement il s’y refuse au nom du respect de la sacro-sainte propriété privée.

Lundi 4 août, la mairie de Vierzon a abrogé un arrêté qui interdisait de mendier dans le centre-ville après que la Ligue des droits de l’homme eut déposé un recours au tribunal administratif d’Orléans quelques jours plus tôt. Cet arrêté était jusque-là renouvelé tous les ans depuis 2011 par la majorité… Parti communiste français ! Pour la maire, Corinne Ollivier, il ne fallait pas faire de vagues : la misère engendrée par cette société ne doit pas déclencher de « polémique stérile » (qui entacherait son image) . C’est ce qui explique sa réactivité un jour avant l’examen du recours par le tribunal. De plus, la mairie envisage déjà de remettre en place cet arrêté pour l’été prochain. Le cas de Vierzon n’est pas isolé : on peut retrouver dans toutes les villes du mobilier anti-SDF et plusieurs autres communes ont appliqué des arrêtés similaires visant à expulser les plus pauvres des centres-villes, peu importe leur couleur politique.

Le sénateur Laurent Duplomb (Haute-Loire, Les Républicains), dont la loi sur l’agriculture a été en partie censurée par le Conseil constitutionnel, ne baisse pas les bras. Il se dit prêt à présenter un nouveau texte législatif pour réintroduire l’acétamipride, un pesticide tueur d’abeilles et dangereux pour la santé humaine. Pour ce faire, il a l’appui du complexe agro-industriel, de syndicats agricoles comme la FNSEA et la Coordination rurale, mais jouit aussi de la solidarité implicite mais active du gouvernement. La bataille contre cette loi, qui foule aux pieds tous les principes de la protection de l’environnement, ne fait que commencer.

C’est L’Humanité qui donne l’information. Vendredi 8 août, des manifestations de protestation contre la guerre ont eu lieu à Jaffa, Haïfa et Jérusalem à l’appel d’organisations féminines réunissant juives et arabes. « La véritable majorité silencieuse en Israël – les femmes, juives et arabes – voit la réalité clairement. Nous la vivons chaque jour. Nous ressentons la peur, la douleur et la responsabilité. Nous voulons construire une paix juste », écrivent les organisatrices dans un communiqué. Elles demandent également « l’arrêt du génocide et de la famine à Gaza », le « retour des otages » et « un accord de paix ». Ces manifestations se déroulaient alors que Netanyahou annonçait sa volonté d’occuper totalement la bande de Gaza. Il faudra plus que ces manifestations pour le faire reculer, mais elles confortent un mouvement de protestation contre Netanyahou et sa politique qui doit s’amplifier.

Par la voix du chancelier, Friedrich Merz, l’Allemagne vient d’annoncer qu’elle ne livrerait plus d’armes à Israël pour perpétuer le génocide de Gaza. Et les observateurs de saluer un tournant décisif dans la politique de Berlin. Ce pays est, après les États-Unis, le second fournisseur d’armes à l’État sioniste avec 30 % du total. Les exportations allemandes comprennent des composants de défense aérienne, des munitions et des technologies pour le développement d’armes. Le chancelier a tenu à préciser : « Le gouvernement allemand reste profondément inquiet de la souffrance continue de la population civile dans la bande de Gaza. » Un humanisme touchant qui le serait encore plus si les autorités n’avaient pas tenu à préciser que cet embargo ne concernait que Gaza. Ce qui laisse sous-entendre que les armes allemandes pourraient continuer à être utilisées contre la population palestinienne de Cisjordanie. De vrais humanistes on vous dit !

Londres a annoncé avoir placé en détention les premiers migrants arrivés sur des petits bateaux et ayant vocation à être renvoyés « dans les prochaines semaines » en France dans le cadre du nouveau traité franco-britannique entré en vigueur cette semaine. Le traité est basé sur un principe d’« un pour un ». La France reprendra des migrants arrivés au Royaume-Uni par la Manche et dont la demande d’asile n’est pas jugée admissible parce qu’ils sont passés auparavant par un pays considéré comme « sûr », selon le Home Office. Dans l’autre sens, Londres acceptera des personnes se trouvant en France et ayant fait une demande sur une plateforme en ligne, en donnant la priorité à celles ayant des liens avec le Royaume-Uni. Ce troc sordide ne résoudra en rien le sort des migrants et ne permettra pas, contrairement à ce qu’affirment Londres et Paris, de démanteler les réseaux de passeurs. Mais il aggravera un peu plus le sort des personnes arrêtées tout en permettant au Premier ministre travailliste, Starmer, et à Macron de montrer à leur extrême droite qu’ils luttent contre l’immigration. Et c’est là tout le but de l’opération.