Plusieurs dizaines de médecins étrangers, dits « Praticiens à diplôme hors Union européenne » (Padhue), souvent d’origine marocaine et algérienne, ont été recrutés ces dernières années par le Grand Hôpital de l’Est-Francilien, qui regroupe quatre structures hospitalières de Meaux, Marne-la-Vallée, Coulommiers et Jouarre. Pour attirer ces praticiens, souvent contractuels et touchant des salaires très bas (1 900 euros), l’ancienne direction leur versait des primes qui figuraient noir sur blanc dans leurs contrats. Mais ces primes ont été jugées non conformes aux règlements par la nouvelle direction qui leur demande de les rembourser sur les deux dernières années, ce qui peut représenter pour chacun d’eux des sommes comprises entre 4 000 et 65 000 euros, selon leur avocate. Cette situation a entraîné une forte détresse chez les médecins concernés, certains étant en arrêt-maladie ou en dépression. Mais elle a aussi suscité la mobilisation de syndicats et des recours devant le tribunal administratif. Comme l’a expliqué Catherine Dos Santos, secrétaire adjoint CGT de l’établissement : « Si les 80 Padhue partent tous, on n’a plus qu’à fermer un hôpital ». Quant à la direction elle explique cyniquement qu’elle espère ainsi récupérer entre 2;5 millions et 3 millions d’euros sur leur dos.