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Brèves

L’actualité en bref

Jacqueline Rivault, la grand-mère maternelle de Janna et Abderrahim Abudaher, deux enfants tués à Gaza à l’âge de 6 et 9 ans, vient de déposer plainte auprès du pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal judiciaire de Paris visant nommément Benyamin Netanyahou, le gouvernement israélien et son armée pour meurtre et génocide. Elle a reçu le soutien de la Ligue des droits de l’homme. Janna et Abderrahim se trouvaient dans leur maison lorsqu’elle a été frappée par deux missiles tirés par l’armée israélienne le 24 octobre 2023. Abderrahim était mort sur le coup, et Janna peu après son transfert à l’hôpital. Leur petit frère âgé de 5 ans et leur mère Yasmine, avaient tous les deux été grièvement blessés. La plainte, avec constitution de partie civile, s’appuie sur le fait que toutes les victimes avaient la nationalité française. Pour l’avocat de la famille, Arié Alimi, « le dossier devrait être instruit, peut-être qu’il y aura des mandats d’arrêt internationaux qui seront émis, mais au moins, nous aurons essayé d’impulser une enquête. » Une initiative bienvenue.

Depuis le début du mois le Sénat examine une proposition de loi visant à encadrer et à réduire l’impact environnemental de l’industrie de la « fast fashion ». Ce texte, déjà adopté en première lecture par l’Assemblée nationale en mars 2024, cherche à lutter contre la mode « éphémère » ou « jetable » et les nuisances qu’elle entraîne. Louable intention. Mais le gouvernement a déposé fin mai un amendement qui stipule que la loi ne s’appliquera qu’à la mode « ultra-éphémère » des nouveaux entrants sur le marché de l’habillement, c’est-à-dire en pratique les groupes chinois comme Shein et Temu. Mais seront épargnées les enseignes tricolores et européennes comme Zara, Kiabi, Décathlon ou H&M… Voilà une écologie comme les aime les patrons de chez nous : non seulement elle n’est pas punitive mais elle leur permet de gagner des parts de marché. Le rêve…

Une professeure de physique chimie, qui enseigne au lycée Janot-Curie, vient d’être sanctionnée d’un blâme pour avoir fait observer dans sa classe, à la demande d’élèves, une minute de silence pour les victimes de la guerre de Gaza. Elle avait été suspendue à titre conservatoire le 31 mars dernier et peut désormais reprendre le travail. L’intersyndicale FO-FSU-CGT-SUD des enseignants affirme sa solidarité avec l’enseignante et continue à se mobiliser pour réclamer l’annulation immédiate de cette sanction scandaleuse. Encore une fois, tout ce qui apparait, de près ou de loin, comme un soutien à la cause palestinienne est sanctionné par le pouvoir.

Le parquet national antiterroriste a ouvert deux informations judiciaires pour complicité de génocide, incitation au génocide et complicité de crimes contre l’humanité contre deux Franco-Israéliennes soupçonnées d’avoir participé à des actions de blocage de l’aide humanitaire à Gaza entre janvier et mai 2024. L’ouverture de cette enquête fait suite à deux plaintes déposées parallèlement, l’une par l’Union juive française pour la paix, l’autre par EuroPalestine et l’association Avocats pour la justice au Proche-Orient. Les faits se seraient déroulés aux postes frontières de Nitzana et Kerem Shalom. Les femmes poursuivies, membres de deux associations d’extrême droite, Israël is Forever et Tzav-9, s’étaient vantées de leurs actes ignobles dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Le sommet de l’Onu sur l’océan, qui se déroule à Nice au 9 au 13 juin, avait quelques difficultés à boucler son budget. Qu’à cela ne tienne. Les pouvoirs publics sont allés quémander son aide au secteur privé. Qui a notamment répondu présent en la personne de Rodolphe Saadé, grand copain de Macron, et patron du groupe CMA CGM, troisième armateur mondial de porte-containers (110 000 employés, 580 navires) et, à ce titre, un pollueur majeur des mers. Tout un symbole. Avec lui les océans n’ont pas fini de souffrir.

Claire Nouvian est une militante écologiste, fondatrice de l’ONG Bloom, spécialisée dans la protection des océans et de sa biodiversité. En pleine nuit son domicile a été ciblé par une attaque d’individus qui ont badigeonné sa porte d’une peinture couleur pétrole. Pour elle il n’y a aucun doute : il s’agit d’une intimidation des milieux de la pêche industrielle, à quelques jours de l’ouverture, le 9 juin, de la Conférence des Nations unies sur l’océan. Elle explique : « Les lobbies de la pêche industrielle essaient de me faire taire. » En effet Bloom et deux autres ONG, Oceana et Seas at Risk, ont demandé à Macron une « protection stricte » dans « au moins 10 % des eaux françaises » et le bannissement du chalutage de fond, à l’impact écologique destructeur, dans les aires protégées. Mais, comme à son habitude, le locataire de l’Élysée va sans doute rester dans le flou et louvoyer pour ne fâcher personne et certainement pas les tenants de la pêche industrielle.

Selon le rapport annuel 2024 du programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) 2,8 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à un logement décent, soit 35 % de la population de la planète. Parmi elles, 1,1 milliard vivent dans des bidonvilles ou des habitats informels, principalement dans les pays pauvres d’Afrique et d’Asie, où il manque 170 millions de logements. Une réalité que l’agence onusienne qualifie de « principal défi du développement urbain durable ». Un défi que les pays capitalistes qui dominent le monde ne sont pas près de relever. Et pour cause. Ils sont les principaux responsables de la misère qui règne un peu partout, des guerres, des déplacements forcés de population, de l’exploitation sans limite des êtres humains et des richesses naturelles… Tant qu’ils ne seront pas mis hors d’état de nuire, un logement décent pour tous et toutes sera un rêve.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est prononcé sur un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu et l’accès humanitaire à Gaza. Le texte présenté par les dix membres non permanents du Conseil a recueilli 14 voix pour et une contre… celle des États-Unis. Ces derniers ayant un droit de veto, la résolution a été rejetée. Les États-Unis avaient accusé le texte de « saper » les efforts diplomatiques pour une trêve. On ne voit pas trop de quels efforts il s’agit. En novembre dernier, sous l’administration Biden, Washington avait déjà mis son veto à une résolution semblable. Démocrates et républicains se succèdent à la Maison-Blanche mais le soutien inconditionnel de l’impérialisme américain à l’État sioniste demeure.

Après consultation de son conseil municipal, qui a approuvé la mesure à 80 %, le maire centriste, Jean-René Etchegaray, a décidé d’ajouter le drapeau de la Palestine à la quarantaine d’autres dont celui d’Israël, qui, l’été, flottent au-dessus d’un des ponts historiques qui enjambe l’Adour. Pour l’édile communal c’est là « une façon de ne pas ignorer un peuple, même sans État, qu’on ne doit pas confondre avec une quelconque organisation terroriste ». C’était là une vieille revendication des soutiens locaux au peuple palestinien qui avait dans le passé toujours été refusée. Un geste symbolique mais qui montre la sympathie grandissante pour les Palestiniens dans l’opinion.