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Brèves

L’actualité en bref

L’ex-président syrien Bachar al-Assad, aujourd’hui réfugié en Russie, échappe à son mandat d’arrêt en France, qui a été annulé par la Cour de cassation. C’est en novembre 2023 que ce mandat avait été lancé contre le dictateur syrien pour complicité de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour avoir utilisé, en 2013, du gaz sarin contre la population civile qui avait fait plus de mille morts. La Cour de cassation a estimé qu’aucune exception ne pouvait lever l’immunité personnelle absolue d’un chef d’État en exercice, ce qui était le cas d’al-Assad à l’époque. Les génocidaires ne sont condamnés ou tout simplement exécutés sans jugement que quand ils sont pris par des ennemis puissants, souvent eux-mêmes criminels de guerre, et ne disposent pas de suffisamment d’appuis, tels Saddam Hussein ou Khadafi. Un génocidaire comme Netanyahou ne sera sans doute jamais condamné. Une justice internationale dans un monde impérialiste où seules comptent la richesse et la puissance est une illusion.

Macron vient d’annoncer qu’il s’apprêtait à reconnaître l’État de Palestine en septembre prochain à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU et dans le cadre d’une conférence sur la question co-organisée avec l‘Arabie saoudite. Rappelons que l’État palestinien a été proclamé par Yasser Arafat en 1988, reconnu comme « État non membre observateur » par l’ONU en 2012 et comme État à part entière par 144 pays à travers le monde. Macron a attendu que la population gazaouie soit massacrée et que celle de Cisjordanie de plus en plus soumise à une colonisation forcée pour franchir le pays. Quelle audace ! Mais toujours pas question pour lui de cesser les livraisons d’armes à l’État sioniste, voire de demander la dénonciation de l’accord de coopération qui le lie à l’Union européenne. Une reconnaissance hypocrite sur un champ de ruines.

Après plus de 40 ans derrière les barreaux dans l’Hexagone, le militant communiste libanais, Georges Ibrahim Abdallah, est arrivé à Beyrouth. Sorti de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) il a été transféré à l’aéroport de Roissy, son avion le transportant ensuite jusqu’à la capitale libanaise. Des membres de la famille du militant propalestinien et de l’équipe qui l’a soutenu l’attendaient dans le salon d’honneur de l’aéroport. Des dizaines de ses partisans, certains brandissant des drapeaux palestiniens et du Parti communiste libanais, s’étaient rassemblés près du hall des arrivées. Il s’est ensuite rendu dans son village natal de Kobayat, dans le nord du pays, où, selon sa famille, « un accueil populaire et officiel lui sera réservé ». Auparavant il avait déclaré à l’AFP : « « Quarante ans, c’est beaucoup, mais on ne les sent pas quand il y a une dynamique de lutte ».

Un différent frontalier qui dégénère. La Thaïlande a annoncé avoir évacué plus de 140 000 civils après avoir échangé des tirs motels avec son voisin cambodgien. En cause un tracé frontalier contesté entre les deux pays datant de l’époque de la colonisation française. Mais ces affrontements, qui selon la Thaïlande pourraient se transformer « en guerre », viennent à point nommé pour détourner les populations des problèmes économiques sérieux qui touchent les deux protagonistes. Et rien de tel qu’une bonne guerre pour faire oublier la misère.

Les militants écologistes et les observateurs chevronnés du droit de l’environnement se sont réjouis de l’avis rendu public par la Cour internationale de justice qui a statué que les États avaient obligation de répondre « à la menace urgente et existentielle » du réchauffement climatique. Et d’estimer que « le fait pour un État de ne pas prendre les mesures appropriées pour protéger le climat des effets néfastes des gaz à effet de serre, notamment en produisant ou en utilisant des combustibles fossiles ou en octroyant des permis d’exploration ou des subventions pour les combustibles fossiles, peut constituer un fait internationalement illicite attribuable à cet État ». Sauf que les avis de la plus haute juridiction de l’ONU, basée à La Haye, sont… purement consultatifs et nullement contraignants. Pas de quoi ralentir l’exploitation féroce des énergies fossiles par les États et les grands groupes gazo-pétroliers.

Macron a volé au secours de Rachida Dati, sa ministre de la Culture, qui vient d’être renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption. Face à celles et ceux qui, à gauche, mais aussi dans la majorité, demandent son départ l’Élysée a fait savoir que « le président de la République a pris note de la décision du renvoi de Rachida Dati devant le tribunal correctionnel. Un renvoi n’étant pas une condamnation, elle poursuit son travail au gouvernement ». Rappelons que c’est le même Macron qui, lors de sa campagne présidentielle de 2017, avait déclaré tout aussi martialement qu’« un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen » dans une optique d’exemplarité et de moralité politique. Preuve que Macron peut dire tout et son contraire, sans état d’âme.

Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, a affirmé qu’il ne voyait « pas de raison de quitter » le gouvernement malgré les tensions suscitées par ses vives critiques à l’égard d’Emmanuel Macron dans une interview au vitriol donnée au magazine d’extrême droite Valeurs actuelles. Il joue sur deux tableaux : d’abord il continue de tisser et de renforcer ses réseaux à partir de la place Beauvau et ensuite il tient des discours d’extrême droite en vue de se positionner pour la présidentielle de 2027. Quant à Macron, qui a fait savoir en privé qu’il n’appréciait pas les remarques quasi-insultantes de Retailleau, il est coincé. Pas question dans la situation actuelle, où sa majorité à la Chambre est plus que fragile, de virer le ministre de l’Intérieur, patron du parti Les Républicains, ce qui précipiterait une crise gouvernementale. Alors Macron encaisse et Retailleau continue, pépère, sa campagne présidentielle.

La chose est inhabituelle et mérite donc d’être soulignée. Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues de Kiev, et face au Palais présidentiel, pour protester non contre Moscou mais contre le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui vient de faire passer au Parlement une loi destinée à mettre au pas deux agences indépendantes spécialisées dans la lutte contre la corruption. Prétexte avancé : elles seraient « infiltrées » par des agents russes. Pas très convainquant. Plus prosaïquement, désormais complètement contrôlées par des individus proches du Président, elles pourront toujours enquêter sur des affaires de corruption, mais probablement pas contre les hommes au pouvoir, seulement contre les opposants. Les corrupteurs, affairistes et escrocs de toutes sortes qui sont légion dans l’entourage de Zelensky pourront dormir sur leurs deux oreilles.

La Knesset, le Parlement israélien, a adopté à une large majorité (71 voix contre 13) un projet de texte non contraignant appelant à imposer la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie et la vallée du Jourdain. Un vote symbolique mais qui va dans le même sens que des récentes déclarations de membres du gouvernement Netanyahou mais également de la répression menée depuis des mois contre la population cisjordanienne qui a fait des centaines de morts, des milliers de blessés et le déplacement de villages entiers pour permettre à des colons juifs de s’installer. Tout ça couplé avec les massacres de Gaza et les tentatives de regrouper la population gazaouie en vue de son expulsion. Dans ces conditions la solution à deux États mis en avant par Macron est une gigantesque fumisterie. Car Jérusalem ne veut pas en entendre parler et les puissances occidentales ne sont pas prêtes à se mettre à dos l’État sioniste qui fait le sale boulot à leur place dans la région.