Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le 29 mai 2005, les électeurs et électrices, consultés par référendum, rejetaient par près de 55 % des voix le Traité constitutionnel européen. Mais cette victoire d’une partie de ceux qui s’opposaient à une « Europe libérale » en préconisaient une « Europe sociale » fut de courte durée. Gênée un temps aux entournures pas ce rejet non prévu, la classe politique trouva rapidement la parade. Elle rédigea un nouveau texte, le Traité de Lisbonne, qui reprenait la majorité des dispositions rejetées en en faisant des amendements à des traités existants. Dans ce cas un simple vote du Parlement suffisait pour les ratifier. Et le 14 février 2008, la France fut le premier pays de l’Union européenne à signer le nouveau traité, en s’asseyant sur le résultat du référendum. La démocratie bourgeoise est à géométrie variable et ne trompe que celles et ceux qui y croient.

Un bâtiment appartenant à une association culturelle et cultuelle musulmane de la commune de l’Hôpital, à proximité de Saint-Avold, a été le théâtre d’un acharnement raciste : tags de croix gammées, corans souillés d’urine, tapis de prière arrachés et même bidons d’essence et bouteilles de gaz, sûrement en vue de brûler le bâtiment. Le désastre a été constaté dimanche 25 mai alors que des travaux allaient être entrepris par l’association. Les discours anti-musulmans et anti-Arabes confortent les groupuscules d’extrême droite et encouragent leurs nervis. C’est ce qui permet la multiplication des actes racistes qui peuvent aller jusqu’au meurtre, comme celui d’Aboubacar Cissé.

Dans treize villes européennes – dont notamment Berlin et Londres – des Israéliens ont manifesté dans la rue pour demander la fin de la guerre à Gaza et protester contre « un génocide commis en notre nom ». À Paris, à l’appel notamment de l’Union juive française pour la paix, les manifestants, au nombre d’une centaine, ont convergé vers le ministère des Affaires étrangères. « Toutes les voix doivent se faire entendre aujourd’hui parce que l’urgence est absolue. Ce qui se passe à Gaza doit cesser », a déclaré Michal Raz, l’une des organisatrices de la manifestation parisienne. « En tant qu’Israéliens, partout en Europe et en Israël, nous avons la responsabilité de mettre fin à ce génocide. »

Début catastrophique de la nouvelle Fondation humanitaire de Gaza (GHF), créée par les États-Unis avec l’approbation d’Israël, pour supplanter l’ONU et ses agences dans l’assistance aux Gazaouis. Mardi, une distribution d’aide dans un nouveau centre de distribution tenu par la GHF a tourné au chaos à Rafah, dans le sud du territoire, lorsque des milliers de Palestiniens se sont rués sur les lieux. Le centre était en outre entouré par l’armée israélienne qui n’a pas hésité à ouvrir le feu. Officiellement des tirs de sommation « en l’air ». Bilan : 47 Palestiniens blessés, la plupart par balles, et un tué. Selon Ajith Sunghay, chef du bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, les tirs provenaient bel et bien de l’armée israélienne. C’est la conception de l’aide humanitaire de Trump et de Netanyahou.

Deux policiers de la Brav-M, un corps connu pour ses violences, qui avaient écrasé un manifestant avec leur moto avant de le passer à tabac, ont été condamnés à douze et huit mois de prison avec sursis. Un troisième a été relaxé. Le 21 mars 2003, alors que plusieurs milliers de personnes s’étaient retrouvées à Paris dans le cadre d’une manifestation sur les retraites, la police avait foncé dans la foule et procédé à une centaine d’arrestations. Les trois policiers impliqués avaient ciblé un homme de 19 ans avant de le renverser, de lui passer dessus avec leur moto, de le tabasser… puis de s’en vanter auprès de leurs collègues. Avec une telle justice les flics auraient tort de se gêner…

Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol sont arrivés au coude à coude au premier tour de l’élection visant à désigner le premier secrétaire du Parti socialiste. Ce qui les distingue, ce sont surtout des tambouilles en vue des alliances à passer en vue des prochaines échéances électorales. Alors que Faure, le sortant, veut ménager tous les scénarios possibles, tant sur sa gauche, avec la France insoumise, que sur sa droite avec les centristes, Nicolas Mayer-Rossignol, le maire de Rouen, veut rompre immédiatement avec Mélenchon et ses amis afin de faciliter une alliance avec l’aile gauche (défense de rire) de la macronie. Mais pas question pour l’un comme pour l’autre de faire appel à la mobilisation dans la rue, les entreprises ou les universités pour s’opposer aux mesures anti-ouvrières et anti-populaires du gouvernement Bayrou. Ces messieurs n’aspirent qu’à une chose : arriver à Matignon ou à l’Élysée pour appliquer la politique que leur dictera la bourgeoisie.

Le chantier de l’A69, qui devrait relier Toulouse à Castres, va finalement pouvoir reprendre après une décision de la cour d’administrative d’appel de Toulouse. Les travaux avaient été suspendus en février dernier après une première décision de justice. Depuis les bitumeurs, appuyés par le gouvernement et une partie de la classe politique, continuaient de faire le forcing pour rouvrir ce chantier d’une autoroute de 53 kilomètres dont l’utilité est contestée par une partie de la population, des élus locaux et des écologistes et qui a déjà saccagé des milliers d’hectares d’espaces naturels. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a annoncé sans tarder que les travaux pourront reprendre « à partir de mi-juin de manière progressive ». Les militants écologistes ont appelé à une nouvelle mobilisation les 4, 5 et 6 juillet, ainsi qu’à des rassemblements devant les préfectures pour « laisser éclater leur colère ».

Créée en février dernier à Genève avec l’appui des États-Unis, la GHF a annoncé avoir commencé à distribuer « des camions de nourriture » aux Gazaouis « dans des sites de distribution sûrs » et que « cet afflux augmentera chaque jour ». L’ONU, pourtant largement présente sur place au travers de plusieurs agences, a déclaré ne pas savoir si des cargaisons d’aide avaient effectivement été livrées. Et pour cause. Au lieu d’aller au-devant de la population qui a besoin d’aide, la GHF l’oblige à venir dans ses centres de distribution situés dans des lieux où l’occupant israélien veut regrouper les Gazaouis et les contrôler avant de les expulser. Outre l’ONU, toutes les ONG présentes sur place ont refusé les contacts avec la GHF. Bien mieux, son ancien directeur exécutif, Jake Wood, a annoncé sa démission dimanche, estimant impossible de faire son travail en suivant les principes humanitaires de neutralité et d’indépendance. Une organisation fantoche qui ne trompe personne.

C’est le Premier ministre qui l’affirme. Le site Bayrou.fr qu’il avait ouvert pour exposer les « preuves » montrant sa bonne foi et censées le dédouaner dans l’affaire des sévices sexuels dans l’établissement catholique de Bétharram, où il scolarisait ses enfants, a été l’objet à plusieurs reprises de cyberattaques « de grande ampleur » et non d’un simple bug. Et tout cela « pour le faire taire ». Il ne sait pas qui est derrière ces attaques. Mais on peut tout imaginer : Poutine, Trump, voire Macron ou un de ses collègues au gouvernement ? Toutes les hypothèses, même les plus farfelues, sont possibles. Mais, Dieu merci, comme dirait ce démocrate-chrétien bon teint, on ne le fera pas taire et il communiquera ses documents à la presse. Il aurait pu commencer par là, cela lui aurait évité de se ridiculiser une fois de plus…