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Brèves

L’actualité en bref

Les Émirats arabes unis viennent de connaître la plus forte température jamais enregistrée pour un mois de mai. Le thermomètre a affiché 51,6 degrés Celsius. Ce pays désertique avait déjà connu le mois dernier une chaleur inhabituelle pour la saison, avec une température moyenne de 42,6 degrés. Les scientifiques mettent en rapport ces températures record avec le fait que le nombre de jours extrêmement chauds a presque doublé dans le monde en trois décennies. Ces canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du réchauffement climatique et ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier. La planète brûle et nos gouvernants regardent ailleurs.

Selon l’IPC (Integrated Food Security Phase Classification – Classification intégrée de la sécurité alimentaire), une agence de l’ONU spécialisée dans la malnutrition, des milliers de jeunes enfants pourraient mourir de faim dans le territoire palestinien d’ici avril 2026. Dans son dernier rapport, l’IPC indique que le territoire est « toujours confronté à un risque critique de famine », précisant que « l’ensemble de la population est confronté à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë, tandis qu’un demi-million de personnes (une sur cinq) menacées de famine ». Dans ce cadre, 14 100 enfants de six mois à cinq ans sont actuellement en situation de « malnutrition aiguë sévère ». Le génocide continue…

Le Groupe Bernard Hayot a été une des cibles ces derniers mois des manifestations contre la vie chère aux Antilles. Et pour cause. L’entreprise a une position dominante dans la grande distribution et les concessions automobiles dans plusieurs territoires ultramarins et en profite pour pratiquer des prix prohibitifs. Autant de bonnes raisons sans doute pour lesquelles Bernard Hayot, son PDG, vient d’être promu par Macron grand officier de la Légion d’honneur. Aux exploiteurs et aux profiteurs, la patrie reconnaissante.

À l’appel des collectifs Les Soulèvements de la Terre et Levez les voiles, une flottille d’une cinquantaine de voiliers et d’embarcations à moteur a convergé vers le cap Coz, sur la commune de Fouesnant, dans le Finistère, non loin d’une des propriétés du milliardaire breton Vincent Bolloré. Les manifestants ont envahi la plage de cette commune en brandissant des drapeaux palestiniens et des étendards orange aux couleurs des « Soulèvements de la Terre » alors que dans le ciel un cerf-volant portait l’inscription « Kenavo Bolloré » (Au revoir Bolloré). « Bolloré, marionnettiste d’un monde fasciste », ont affiché les militants sur la plage en lettres géantes, tandis qu’une banderole réclamait « moins de fachos, plus d’oiseaux ». Un porte-parole des manifestants a expliqué : « Le but de l’action est de montrer que Bolloré et ses idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans le Finistère. » Ailleurs non plus…

Avec tambours et trompettes Bayrou avait annoncé qu’il allait publier des « preuves » censées le blanchir dans l’affaire de Bétharram sur un site créé spécialement pour l’occasion, « bayrou.fr ». Las. Dans un premier temps les journalistes qui ont essayé de se connecter n’y sont pas parvenus le site étant inaccessible. Finalement il est devenu opérationnel et les fameuses « preuves » fournies par le Premier ministre sont tout sauf nouvelles. Il reprend la vieille litanie comme quoi il n’avait rien couvert puisqu’il ne savait rien. Au passage il affirme que celles et ceux qui le contredisent soit sont animés de sombres intentions à son égard, soit mentent, soit ont la mémoire qui flanche. Selon Matignon les documents publiés devraient « clore la polémique ». Ce n’est pas gagné !

Alors que l’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale, des écologistes avaient prévu de manifester vendredi à l’occasion de l’assemblée générale du groupe TotalEnergies, champion des énergies polluantes, qui se déroulait à la Défense. Deux actions distinctes, organisées par Extinction Rebellion et Scientifiques en rébellion, se sont donc déroulées dans la capitale. La première le matin devant le siège de la BNP-Paribas, critiquée pour ses investissements dans les énergies fossiles, la seconde à Montmartre sous forme d’une « contre-AG » en plein air. L’une et l’autre, parfaitement pacifiques, ont été violemment dispersées par des policiers de la Brav-M, brigade connue pour ses méthodes expéditives au mépris de la liberté de manifester. Rappelons que TotalEnergies comparaîtra le 5 juin à Paris devant les tribunaux, sous l’accusation de « publicités mensongères », pour avoir induit le consommateur en erreur en se présentant plus vertueux qu’il ne l’est réellement au sujet de ses ambitions climatiques. C’est ce qu’on appelle l’écoblanchiment.

Lors de son entretien avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa, à la Maison-Blanche, Donald Trump avait déclaré, vidéo à l’appui, que « des milliers d’agriculteurs blancs » avaient été tués dans ce qui constituait, selon lui, « un génocide blanc ». Coup sur coup l’Agence France-Presse a révélé que toute une partie de la vidéo n’avait pas été tournée en Afrique du Sud et le ministre de la Police de Pretoria, Senzo Mchunu, a publié des chiffres qui montrent que si la délinquance est forte dans son pays, les Blancs ne constituent qu’une infime minorité des victimes. Encore un mensonge raciste de Trump que ses partisans qualifient joliment de « vérité alternative ».

Dernière idée forcément géniale du ministre de la Justice, Gérald Darmanin : supprimer l’argent liquide pour « assécher les points de deal » de la drogue et le remplacer par un euro numérique virtuel. Ainsi toutes les transactions pourraient être tracées par la police. L’idée d’un euro virtuel n’est pas nouvelle et est caressée depuis de nombreuses années par la Banque centrale européenne. Mais sa mise en place demanderait un accord des 27 pays de l’Union. Ce n’est pas gagné. D’ailleurs, après son annonce tonitruante, Gérald Darmanin a fait machine arrière dès le lendemain en renonçant à son idée « parce que nous n’en avons pas les moyens politiques ». Il aurait pu s’en apercevoir plus tôt. Mais l’important c’était surtout de faire parler de lui.

Pour la troisième fois en quelques semaines, Pierre-Édouard Stérin, le milliardaire catholique identitaire qui rêve d’unir la droite et l’extrême droite à travers son plan Péricles, a refusé de se rendre à une convocation devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Cette dernière a envoyé un signalement au procureur de la République pour que Stérin soit poursuivi. En théorie, il risque deux ans de prison ferme et 7 500 euros d’amende. Mais en pratique il n’a pas grand chose à craindre. Le Canard enchaîné a en effet montré dans un article que durant les vingt-cinq dernières années aucune des personnes qui avait refusé de répondre à une convocation de parlementaires n’avait été inquiétée. Et pour cause. Les convoqués sont généralement des milliardaires, de gros industriels, des hauts fonctionnaires, d’anciens ministres, des lobbyistes, etc. auxquels la justice ne veut pas chercher des poux dans la tête. S’il s’agissait de simples salariés ou de gens ordinaires, les juges seraient sans doute plus inquisiteurs.